MURAKAMI A VERSAILLES, ou le touriste grugé.

L’exposition d’œuvres contemporaines (que je n’ai pas vue) de l’artiste japonais Murakami dans les salles du château de Versailles provoque en France une polémique assez musclée. http://www.lesoir.be/culture/arts_plastiques/2010-09-13/murakami-plante-ses-bouddhas-et-ses-fleurs-a-versailles-792929.php

Lors de mes pérégrinations touristiques dans ce beau pays, il m’est arrivé à de trop nombreuses reprises d’être confronté au détournement de lieux historiques en faveur de manifestations aussi diverses que dégradantes (au sens paysager du terme). Le problème existe d’ailleurs aussi en Belgique, et je suppose dans d’autres pays que je n’ai pas le plaisir de connaître.

Je suis amateur de vieilles pierres, et de la magie qui s’en dégage. Me balader dans ces lieux parmi les fantômes de ses occupants d’il y a quelques centaines ou milliers d’années, me procure une émotion toute particulière. Cette année, je visitais le château de Biron, fabuleuse forteresse médiévale aux confins du somptueux Périgord. Mais ô horreur, les espaces libres à l’intérieur des remparts et certaines de ses salles, étaient parsemées de sculptures contemporaines monumentales de matrones gisant dans des positions pour le moins saugrenues.

Je ne porterai bien entendu aucun jugement de valeur sur cet artiste en particulier, et sur l’art contemporain en général. Mais je me pose la question de savoir à qui profite cette confusion des genres. Il y a tout d’abord le fait d’imposer à un public béotien, un étalage d’art très typé, qu’il n’est pas venu voir. On peut rapprocher cela aux tags qui fleurissent sur les murs de certaines de nos villes. Certains y voient une forme d’art, d’autres -dont je suis- , y voient du vandalisme pur et simple.

Et bien, j’estime qu’imposer une expression artistique élitiste et polémique, en totale inadéquation avec un lieu historique est -de la même manière- parfaitement assimilable à du vandalisme.

Je me pose aussi la question de savoir qui décide du choix de telle ou telle manifestation dans des lieux historiques, et sur quelles bases ce choix est tranché.

Mais que dire alors de l’exposition de gradins métalliques et de matériel de sonorisation dernier cri qui dénaturent totalement les arènes et autres espaces, qu’ils soient romains ou d‘autres époques, que ce soit à Arles , Nîmes, Vaison-la-Romaine ou ailleurs. Quand l’accès n’en est pas tout simplement interdit, sous prétexte de répétition en cours.

Cela m’est arrivé à plusieurs reprises, et notamment il y a trois ou quatre ans, lorsque je fis près de trois heures de route pour visiter la forteresse de Bonaguil. J’avais pourtant vérifié les jours et heures d’ouverture, mais l’accès m’en fut interdit (ainsi qu’aux autres touristes) sous prétexte de préparation d’un spectacle.

Le comble me semble cependant atteint avec la dénaturation complète des arènes de Fréjus, dont le lien ci-dessous vous informera plus complètement : http://www.lefigaro.fr/culture/2010/08/26/03004-20100826ARTFIG00349-du-beton-dans-les-arenes-romaines-de-frejus.php

Je suis conscient du fait que l’entretien de ces monuments nécessite des budgets considérables, et que toutes nos villes ne peuvent devenir des villes-musées.

Mais lorsque ces municipalités attirent des dizaines de milliers de visiteurs sur base de cette réputation, qu’en plus des subsides de l’Etat elles fassent payer des droits d’entrée parfois très élevés pour le budget du touriste moyen qui désire visiter ces monuments, et qui n’ont de cesse de les dégrader de mille manières, cela frise l’escroquerie.

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Jo Moreau

CONSENSUS CLIMATIQUE, DISIEZ-VOUS (15)

Suite n°15

Mon seul but par ce genre de billet : démontrer par des déclarations de scientifiques dits « sceptiques », que le prétendu consensus vanté par certains sur le réchauffement climatique n‘existe pas.

– « Il n’existe aucune preuve que le CO2 soit à l’origine d’un quelconque changement climatique. Par conséquent, se soucier du CO2 n’est pas pertinent ». Piers Corbyn – Astrophysicien – Météorologue.

– « Il y a un lien net entre le magnétisme terrestre et l’évolution du climat(…) Les données utilisées par le GIEC doivent faire l’objet d’une analyse critique ». Vincent Courtillot – Géophysicien – Professeur Université Paris Vll – Directeur de l’Institut de Physique du Globe (F).

– « Après avoir réétudié le problème, j’ai modifié mon point de vue sur l’origine humaine des changements climatiques. Il n’est pas possible que le CO2 anthropique soit à l’origine de ceux-ci ». William McClenney – Géologue – ex vérificateur de l’Environnement – Victoria (AUS).

– « L’atmosphère est un système très complexe. Je suis sceptique quant à l’origine humaine sur les changements climatiques, et je suis impressionné par le nombre de collègues qui doutent également de cette origine ». Frederic Wolf – Professeur de Météorologie et Climatologie – Keen State College New Hampshire (USA)

– « Le plafonnement des émissions humaines de CO2 n’aura aucun effet sur le climat. Son seul effet sera une augmentation du chômage en Europe ». Benny Peiser – Faculté des Sciences – John Moores University (GB)

– « Dans le cadre d’une étude sur 2000 ans, le réchauffement climatique récent est conforme à la tendance naturelle, semblable à la période de réchauffement médiéval ». Craig Loehle – Docteur en Ecologie Mathématique – National Council for Air and Stream.

– « Les données récentes montrent que le rapport entre la fraction atmosphérique de CO2 et la fraction émise par les activités humaines est restée approximativement stable depuis 1850 ». Wolfgang Knorr – Professeur au Département des Sciences de la Terre – Bristol University (UK)

– « Le réchauffement climatique n’est pas la cause de la disparition des récifs coralliens ». Gary D. Sharp – PhD – Biologiste marin – Directeur scientifique du Center for Climate/Ocean Resources Study.

– « L’atmosphère de la planète Mars se réchauffe pour des causes assez proches que celles qu’on connaît sur Terre, dont la fonte des calottes glaciaires ». Lauri Fenton – Ames Research Center (NASA) (USA)

– « La méthode d’étude du GIEC est déficiente à la racine. Contrairement à ce qu’affirme le GIEC, il n’y a à ce jour aucune preuve définitive que le réchauffement actuel soit principalement dû à l’effet de serre ». Syun Ichi Akasofu – PhD – Ex-directeur de l’International Arctic Research Center – University of Fairbanks (Alaska USA) – professeur émérite de Géophysique.

– « Le réchauffement global créé par l’homme n’est qu’une hypothèse parmi d’autres (…) La question climatique est trop complexe pour que lui soit appliquée une réponse définitive ». Jean-Louis Le Mouël – Géophysicien – Physicien émérite à l’Institut de Physique du Globe – ex-Président de la Société Géologique de France.

A suivre.

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Jo Moreau

LA RTBF OU LA DESINFORMATION CLIMATIQUE MAJUSCULE

Je viens de regarder l’émission sur le climat concoctée ce 08 septembre par notre grand média de sévice public , et je suis encore révolté par la volonté de disqualifier de la façon la plus abjecte non seulement les scientifiques, mais avec eux tous ceux qui ne partagent pas aveuglément les thèses officielles du GIEC.

Alors que cette émission était annoncée comme présentant les thèses des tenants et des opposants de l’impact des activités humaines sur les changements climatiques, nous eûmes droit à une succession de courtes interventions enregistrées des intervenants, sans débat aucun. Mais le pire était à venir : les ¾ du temps de l’émission servirent à tenter de disqualifier parfois de façon carrément diffamatoire ceux qui apportent d’autres hypothèses aux modifications climatiques. En un mot : si vous osez contester le point de vue officiel du GIEC, c’est que vous êtes en faveur du tabagisme. (lol)

Mais revenons au début de l’émission, qui s’annonce prometteur. Intervenants en faveur du GIEC : Monsieur Van Ypersele de Strihou -qui en est le vice-président- (Climatologue) – et Monsieur André Berger, (Mathématicien) – tous deux membres de l’Institut d’Astronomie et de Géophysique de l’UCL (Université Catholique de Louvain-La-Neuve). L’autre camp sera représenté par Monsieur Vincent Courtillot (Géophysicien – Professeur à l’Université de Paris Vll – Directeur de l’Institut de Physique du Globe ) et Monsieur Laurent Cabrol, ancien présentateur Météo à la Télévision française.

Le premier sujet abordé porte sur l’augmentation éventuelle des évènements météorologiques extrêmes.

Alors que Monsieur Berger lui-même déclare que dans l’état actuel des recherches, on ne peut établir un lien certain avec le réchauffement climatique, le présentateur déclare : « on ne peut départager les tenants des changements climatiques des climato-sceptiques ». Le ton est immédiatement donné, et la Grande Confusion insinuée : on mélange la réalité de l’existence des changements climatiques avec la cause présumée de ceux-ci. Le réflexe de Pavlov va jouer : dès qu’on parle de changement climatique, il est évident que la cause ne peut qu’être les activités humaines. Et cette confusion se base sur le fait que certains sembleraient établir que le climat est quelque chose d’immuablement stable, seulement troublé ces dernières années par les activités humaines et les émissions de CO2.

Mais ô miracle, Monsieur Van Ypersele de Strihou reconnaît que les émissions humaines de CO2 ne représentent qu’environ 5% de la totalité de ce gaz à effet de serre, et conclut de façon réellement étonnante que la nature qui émet les 95 % restants, recycle celui-ci, sous-entendu qu’elle serait incapable de recycler également ces malheureux 5%… (Et comme d’habitude, le fait que l’ensemble du CO2 atmosphérique ne représente qu’une petite partie des gaz à effet de serre est escamoté, mais soit).

Dès ce préambule, Monsieur Berger met immédiatement les choses au point : les climato-sceptiques ne sont dans leur ensemble que des manipulateurs. A bon entendeur…

Vient ensuite une séquence consacrée à la fonte des glaciers et à la montée des océans, avec des conclusions qui ne verront aucune hypothèse autre que l’officielle. On y répète inlassablement qu’on n’a jamais vu historiquement de modifications aussi rapides, ce qui est évidemment faux et en contradiction avec par exemple les seules variations de la Mer du Nord dans le haut Moyen Age (transgressions marines Dunkerque ll ou lll) , ou des données établies par le CNRS, pourtant peu coupable de manipulation (voir notamment http://www.insu.cnrs.fr/a2622,climat-bascule-facon-extremement-brutale-fin-derniere-periode-glaciaire.html

Monsieur Courtillot est ensuite accusé sans nuances de fraude caractérisée, sans aucune possibilité pour lui de se défendre ou de présenter ses arguments. Le voici donc définitivement disqualifié.

Une brave américaine nous déclare ensuite sans rire qu’aux USA, seuls 3 ou 4 scientifiques sérieux s’opposent aux thèses du GIEC, affirmation pour le moins interpelante pour qui veut bien lire au minimum mes billets « consensus climatique … », et qui démontre la volonté de tromper l‘opinion publique.

Vient ensuite une longue disgression sur le « Climategate« , qui est réduit à 2 mails controversés, alors que ceux qui s’intéressent un peu à ce problème savent pertinemment que ce sont 1500 mails qui ont été publiés, dont des dizaines ont ensuite été soigneusement occultés, mais évidemment cela demanderait un travail journalistique d’investigation manifestement hors de portée de notre réalisateur, ou plus exactement une recherche qu’il n’a pas envie de faire.

Je pense notamment à ces mails qui menacent de retirer du pannel des revues sélectionnées par le GIEC, celles qui publieraient encore des articles opposés aux thèses de celui-ci.

Je passe sur d’autres données clairement inexactes concernant ce qui reste un véritable scandale, pour en arriver à la conclusion que le « Climategate » fut concocté, peut-être par les services secrets (ben tiens), pour torpiller la conférence de Copenhague. Rappelons que ces mails furent divulgués par Wikileaks, qui en d’autres circonstances, bénéficie pourtant d’un grand écho et de la grande bienveillance de nos médias, lorsqu‘il diffuse des éléments conformes à l’idéologie de ceux-ci.

Alors qu’il a été montré que certaines conclusions du dernier rapport du GIEC sont tirées telles quelles de revues écologiques militantes, les erreurs sont ramenées à une faute de frappe… Consternant.

L’émission est parsemée d’une multitude d’autres affirmations fausses ou biaisées, notamment sur le rôle de Georges W. Bush (l’affreux valet des pétroliers) qui a refusé de signer les accords de Kyoto, alors qu’il n’avait aucun pouvoir de le faire sans l’aval du Congrès.

Vient enfin la longue conclusion finale et sans appel de cette triste pantalonnade : les climato-sceptiques ne sont que des gens corrompus et payés grassement par l’industrie pétrolière. Ces climato-sceptiques sont d’ailleurs représentés dans l’émission par un scientifique américain dont on cite d’autres conclusions sujettes à caution mais hors-propos, et qui sert d’épouvantail bien commode pour discréditer tous les autres. Une manipulation bien dans les habitudes de notre RTBF. On oublie d’ailleurs de mentionner les enjeux financiers des alliés du GIEC, voir notamment : http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2009/10/13/al-gore-un-business-qui-derange.html

Et les magouilles probables du président du GIEC : http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2010/02/04/pachaury-un-directeur-du-giec-tres-occupe.html

Car à abaisser le débat au niveau des égouts, on risque d’y retrouver beaucoup de monde.

Je ne crains pas de qualifier cette émission scandaleusement tendancieuse, de nouvelle manipulation de l’opinion publique par notre RTBF , destinée à remettre impérativement nos populations dans le droit chemin de l’Eglise de Climatologie, dont il se confirme qu’elle en est devenue le porte-parole inconditionnel.

Rien de changé depuis un an, et mon précédent billet concernant ce média qui méconnait les rudiments de tout travail journalistique honnête, et dont il faut quand même rappeler qu’elle est financée par l’argent de tous : http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2009/11/24/climategate-desinformation-et-politiquement-correct.html

Beaucoup de choses restent à dire sur cette émission dégoulinante de soumission au seul GIEC, mais je m’arrête ici, au risque de vous lasser.

Cela m’a amené aussi à réduire au minimum les liens, mais ceux que je cite dans ce billet me semblent exemplatifs, même si d’autres ont développé certains thèmes bien mieux et plus complètement que moi.

En conclusion, la façon dont ce sujet a été traité disqualifie automatiquement à mes yeux tout autre sujet traité par la RTBF.

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Jo Moreau

LA TECHNIQUE DES PETITS PAS

« Ce qui passe a été et sera, et passe du prétérit au futur par un présent imperceptible » Fénélon.

Il est toujours intéressant de se référer à l’Histoire, qui permet parfois (et même souvent) de décrypter le déroulement d’évènements récents, car tout compte fait, il n‘existe pas un nombre illimité de moyens d‘arriver à ses fins.

Sans remonter à Mathusalem, il est passionnant de se remémorer le déroulement de la crise tchécoslovaque, dans l’immédiate avant-guerre, et la façon dont le Chancelier Hitler parvint à imposer sa volonté à une coalition de dirigeants européens assoiffés de compromis.

Qu’est-ce que la Tchécoslovaquie en 1938 ? Un pays formé principalement de deux nations qui furent longtemps séparées, augmentées de nombreuses minorités dont trois millions de germanophones, les Allemands des Sudètes, appelés plus simplement les Sudètes. Dans un premier temps, soit les années 20 et le début des années 30, ceux-ci, tout en réclamant leur rattachement à l’Allemagne, se répartissaient dans l’éventail des partis de l’époque, sociaux-démocrates, sociaux-chrétiens, communistes etc…

Puis survint en Allemagne l’émergence du parti national-socialiste, instrument de la politique expansionniste de Hitler. Dès 1933 se créa un parti frère dans les Sudètes, qui recueilli de plus en plus de voix au fil des élections, pour triompher lors des élections de 1938, où le parti Nazi recueilli plus de 97% des suffrages.

En 1938, nous sortons de l’Anschluss, imposé à une population autrichienne largement consentante malgré l’opposition vite réprimée d’une fraction de la classe politique, et sans réaction notable des puissances européennes.

Vint alors la technique des « petits pas », menée de main de maître par Hitler et son allié sudète, Conrad Henlein. A chaque concession du gouvernement tchécoslovaque répondait de nouvelles exigences allemandes, rendant impossible tout accord.

Par la voix de Henlein (au congrès de Breslau) , l’Allemagne exigea d’abord l’autonomie territoriale et ethnique des Sudètes, ce qui fut dans un premier temps repoussé par le gouvernement tchécoslovaque qui se montrait toutefois disposé à des concessions.

En septembre, devant l’aggravation de la situation, et vivement influencé par la Grande-Bretagne et la France, le gouvernement tchèque fit des contre-propositions à Henlein que celui-ci, pressé par Berlin, refusa en élargissant ses exigences.

Ainsi, peu à peu, chaque fois que Prague acceptait de lâcher du lest, les nazis présentait de nouvelles exigences chaque fois plus étendues. Hitler s’impatientait et Chamberlain, Premier britannique, fit deux voyages successifs en Allemagne en vue d’éviter le pire. Nous en arrivâmes ainsi à la conférence de Munich, de sinistre mémoire, entre l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne et la France, en l’absence du principal intéressé, la Tchécoslovaquie, à qui on imposa la cession pure et simple du territoire des Sudètes au troisième Reich en échange de garanties franco-britanniques. Mais là n’était pas le but ultime de l’Allemagne, qui sous le couvert des tendances séparatistes de la Slovaquie qu’elle manoeuvrait en sous-main, finit par annexer militairement l’ensemble du territoire tchécoslovaque sans provoquer aucune réaction.

Dans la crise tchécoslovaque comme dans d’autres crises d’avant-guerre, la tactique des petits pas, voulant qu’à chaque concession réponde de nouvelles exigences, permit à Hitler d’accomplir sa volonté politique sans tirer un coup de fusil. Et lorsque la guerre éclata, c’est encore lui qui en écrivit le scénario.

Les puissances européennes qui n’avaient pas pu -ou pas voulu- discerner le but ultime du Chancelier du Reich, furent en définitive les victimes de sa grande manipulation.

A vous d’établir des parallèles avec des situations existantes, ou ayant existé, ce qui ne sera pas difficile car la technique démontre chaque jour son efficacité …

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Jo Moreau

AMNISTIE OU PARDON ?

Numériser0003.jpg Des dépêches d’agence impliquent le pré-formateur Elio di Rupo dans un processus d’amnistie pour les collaborateurs condamnés après la libération.

Cela me paraît tout d’abord une interprétation très exagérée. A ma connaissance le vice-premier a simplement pris l’opinion du psychiatre Van Meerbeeck, favorable lui à une telle mesure qui favoriserait -dit-il- une réconciliation entre tous les Belges. Mais la manipulation ou la distorsion de l’information par les médias ou par des commentateurs divers n’est pas un fait nouveau.

Contrairement à la Wallonie, la question est surtout sensible du côté flamand, ce point ayant toujours été une revendication des mouvements nationalistes du nord du pays (et ce dès après la première guerre mondiale). Non pas qu’objectivement la collaboration ait été plus intense en Flandre qu’en Wallonie, le nombre de condamnations pour faits de collaboration étant proportionnellement équivalente pour chaque communauté, mais elle fut pour certains d’un autre ordre. Les collaborateurs flamands ont été pour une partie, convaincus que le régime nazi serait le vecteur d’un autre avenir pour une Flandre en-dehors de la Belgique, soit au sein du Reich, soit dans une indépendance musclée.

Ce en quoi ils devaient en définitive être bien déçus, mais pas découragés !

Mais que ce soit dans le Nord ou le Sud du pays, il y eut la masse de dénonciateurs, des assassins, des profiteurs, des traîtres à leur pays qui n’hésitèrent pas à porter l’uniforme de l’ennemi, alors qu’aucun traité de paix n’était signé. Et puis tous ceux qui adhérèrent avec enthousiasme à une idéologie dont le caractère criminel ne pouvait échapper à personne.

Une grande partie d’entre eux s’échappèrent du pays en 1944, la plupart en Amérique du Sud où ils fondèrent de véritables communautés, notamment en Argentine, où eux ou leurs descendants perpétuent encore aujourd‘hui le souvenir de leurs exploits, comme cela existe chez nous également.

Alors, quand on me parle de « réconciliation entre les Belges » en faveur de ceux qui n’avaient -et n’ont toujours- de cesse de hurler « België barst  » (que la Belgique crève) me ferait doucement rigoler, si ce n‘était si triste…

Quand je vois des milliers de spectateurs de courses cyclistes agiter en toute innocence des drapeaux flamingants qui leur ont été distribués par des représentants de mouvements extrémistes dirigés par des nostalgiques de la croix gammée, je suis révolté. (Malgré une certaine ressemblance, il ne s’agit en effet pas du drapeau de la Région flamande).

Le pardon ? Pourquoi pas, au cas par cas, pour celui qui le demande et qui est conscient de s’être trompé.

L’effacement de certaines conséquences pour les descendants ? A examiner, mais des indemnités quelconques pour quelque raison que ce soit sont à exclure.

L’amnistie ? J’aurais l’impression d’inverser les rôles, et que nous reconnaîtrions une injustice à l’égard de ces dévoyés. Je ne conçois pas d’amnistie généralisée, qui bénéficierait surtout à ceux qui n’ont en rien renié leur idéologie.

Qu’ils soient Flamands ou Wallons.

Certains faits particulièrement graves ne peuvent être passés par pertes et profits, et chacun doit être conscient que certains choix ont des conséquences irréversibles. Cela était vrai hier, et ce doit encore l’être aujourd’hui.

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Jo Moreau.

ELECTIONS…ET MAINTENANT ?

Le clash annoncé a bien eu lieu : environ 50% des Flamands ont voté pour des partis peu ou prou autonomistes, et ce en additionnant les voix de la NVA, du VB et de la LDD.

Il est inconcevable que ce résultat ait pu étonner les politiciens francophones, et démontre ce que je dénonçais dans mes billets précédents : une méconnaissance crasse des attentes d’une majorité des habitants du Nord de ce pays. Ils ont tous démontré leur incapacité à gouverner, car gouverner c’est prévoir. Leur indigence est d’autre part affolante quand on pense aux défis futurs que nous réserve la crise économique…

C’est principalement cette volonté de ne rien entendre qui a poussé une importante fraction des citoyens flamands dans les bras des plus jusqu’au-boutistes.

Le réveil est brutal pour ceux qui étaient endormis depuis longtemps sur leurs certitudes : la supériorité de la langue française qui se suffit à elle-même, justifiant le front des francophones abandonné à la direction exclusive de Monsieur Maingain, dont l’essentiel du programme politique consiste à s’opposer à toute demande flamande, quelle qu’elle soit.

Et aujourd’hui, on est prêt à accorder à la NVA et à BDW ce qu’on a toujours refusé aux partis flamands modérés : de vraies négociations institutionnelles. Mais nous ne nous trouvons plus face à des Belges néerlandophones, mais à de vrais nationalistes dont le but final est bien de larguer la Wallonie, dont il n’ont rien à cirer. Et pour sauver la face, tout le monde découvre aujourd’hui un De Wever devenu subitement parfaitement fréquentable, et dont la morgue pourtant n’a d’égal que le mépris dont les francophones tenaient jadis les Flamands…

Croire que celui-ci a modifié ses objectifs serait une profonde erreur, et d’ailleurs BDW n’a en rien renié son discours autonomiste, il y introduit simplement une notion de délai.

Ceci ne signifie pas que les Flamands sont de doux petits anges incompris, car le discours tenu par leurs hommes (et femmes..) politiques ont également une large part de responsabilité dans la situation que nous connaissons. Un discours qui s’est radicalisé dans la mesure où le nationalisme flamand a remplacé dans la majorité de la population flamande, un nationalisme belge « soft », qu’on a préféré occulter complètement au nom de je ne sais quelle idéologie humaniste qui n’a cours que chez nous. Il s’agissait là d’une erreur fondamentale qui est, parmi d’autres, à la source de l’estompement de l’idée nationale belge.

S’il a toujours existé dans l‘histoire de la Belgique, bien qu’au départ il fut simplement réformiste, le sentiment autonomiste flamand n’a jamais été aussi fort qu‘actuellement, même lors des meilleurs scores du Vlaamsch Nationaal Verbond, qui eut 16 élus en 1936 avant son virage néo-belge vers la fin de la guerre, ou de la Volksunie qui compta 21 députés, après toutefois qu‘elle aussi ait abandonné ses rêves autonomistes.

Jamais, la réputation autoproclamée de pays du surréalisme n’a autant justifié cette appellation : voir un républicain autonomiste chargé par le Roi de « sauver le brol », comme disait un certain Prince-Régent juste après la guerre, en est la parfaite illustration.

Quelle sera la suite ? Je n’en sais fichtre rien. La seule chose dont je sois certain, c’est qu’il faut aller très loin dans la réforme des institutions, vers un fédéralisme très élaboré (pour ne plus parler de confédéralisme, qui fait hurler les puristes). Si nous nous nous satisfaisons une nouvelle fois de demi-mesures, nul doute que la prochaine étape sera très douloureuse.

Voir aussi : http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2009/11/05/rebatir-la-belgique.html

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Jo Moreau

TURQUIE : UN REPOSITIONNEMENT INTERPELLANT

Les derniers évènements ayant interrompu le convoi soi-disant humanitaire vers Gaza a révélé au grand jour la rupture entre la Turquie et Israël, et plus généralement entre la Turquie et le monde occidental.

Cette rupture était pendante depuis quelques années maintenant, et est révélatrice du rapprochement entre Ankara et le monde musulman , et malheureusement avec les plus extrémistes du monde musulman soit le Hamas, l‘Iran et la Syrie.

L’appui apporté à cette occasion au Hamas tend également à décridibiliser l’Autorité Palestinienne, coupable à ses yeux de laïcité et de faiblesse vis-à-vis d‘Israël , et à embarrasser l’Egypte, co-participante au blocus de Gaza, et qui est sur le plan intérieur en lutte permanente contre les Frères Musulmans, organisation ultra-religieuse dont est issu le Hamas.

On pouvait craindre cette évolution depuis l’élection de Recep Erdogan, une élection révélatrice de la radicalisation des masses musulmanes, que ce soit en Turquie ou ailleurs. Il faut aussi constater que ce succès électoral fut grandement favorisé par la déliquescence des autres partis, et par les crises financières qui se sont succédées dans ce pays.

On se souvient du clash de la conférence de Davos, où Recep Erdogan condamna violemment et sans nuance Israël et s’y fit d’ailleurs rappeler à l’ordre, ce qui provoqua son départ définitif.

On peut raisonnablement supposer que non seulement la Turquie a soutenu publiquement l’ONG islamiste à l’origine de la flottille vers Gaza, mais qu’elle en est même l’initiatrice en sous-main, tendant ainsi le piège dans lequel est tombé Israël, prisonnier de sa politique aveuglément égocentrique, et permettant ouvertement le renversement d’alliance auquel nous assistons.

SUR LE PLAN INTERIEUR

L’ AKP, parti du premier ministre Erdogan, est qualifié d’islamiste « modéré », mais il a entrepris de façon insistante l’islamisation de la société turque, officiellement encore un état laïque.

Le projet de modification constitutionnelle autorisant le port du voile dans les universités ne fut bloqué que par le veto de la Cour Constitutionnelle, mais gageons que ce n’est que partie remise.

L’armée turque, garante de la laïcité, a fait récemment l’objet d’une purge très « soviétique ». La mise à l’écart d’un certain nombre de cadres, parallèlement à l’islamisation grandissante des recrues, permet de prévoir la chute prochaine de ce rempart de la laïcité.

La télévision turque a récemment diffusé un feuilleton violemment anti-israélien, reprenant les poncifs de la propagande anti-israélienne la plus basique.

De plus en plus de juges nommés sortent d’écoles coraniques.

SUR LE PLAN INTERNATIONAL

On assiste à la constitution d’un nouvel axe Ankara-Téhéran- Damas, dont un objectif commun est notamment la lutte contre le sentiment national kurde.

Ceci est illustré par le rapprochement spectaculaire avec l’Iran, dont le dernier accord d’échange d’uranium était en fait une tentative de soustraire l’Iran à ses obligations internationales. Déjà le 28/10/2009, recu à Téhéran, Recep Erdogan était chaleureusement remercié par Ahmadinedjab pour ses violentes critiques à l’égard d’Israël, et pour son soutien à l’Iran sur le dossier nucléaire.

En décembre, l’armée turque a mené des actions contre les Kurdes, en commun avec l’armée iranienne. Les deux pays passent de plus en plus d’accords dans les domaines économiques et politiques. En mai, le ministre turc des sports appelle au renforcement de la coopération avec l’Iran.

Il faut aussi noter le rapprochement entre la Russie et la Turquie entre autres sur le plan énergétique.

SUR LE PLAN INTER-EUROPEEN.

Erdogan apporte son soutien à la demande de la communauté turque d’Autriche, dont une majorité voudrait y voir légalisées certaines règles de la charriah.

On se souviendra aussi que lors de sa visite en Belgique, s’adressant à la communauté turque à Gand, il avait exhorté ses compatriotes à prendre la nationalité belge, mais à ne pas s’assimiler à la population locale.

En mars, le PM turc Recep Erdogan a marqué sa volonté de mettre en place des lycées turcs en Allemagne, ce qui a amené une réaction négative de Madame Merkel. De plus en plus apparaît la volonté du gouvernement turc de mettre en place partout en Europe, de véritables colonies de peuplement, échappant aux lois et coutumes locales.

LA TURQUIE A-T-ELLE ENCORE SA PLACE DANS L OTAN ?

Le virage à 180° de la politique turque pose évidemment question quant à sa place de membre de l’ OTAN. On se rappelle que récemment, la Turquie s’était brièvement opposée à la candidature du nouveau Secrétaire Général Fogh Rasmussen, sous le prétexte que celui-ci avait refusé de faire pression sur la presse danoise lors de l’affaire des caricatures, alors qu’il était premier ministre de ce pays.

Pour obtenir son accord, il a été promis à Erdogan la nomination de deux Turcs à des postes de haut niveau au sein de l’organisation…

Cela amène à se poser de sérieuses questions sur la capacité de l’OTAN d’encore assumer certaines missions , alors qu’un de ses membres dont on peut désormais douter de la loyauté, a accès à tous les plans et projections stratégiques.

 

Alors, il faut s’attendre à des bouleversements réellement inquiétants pouvant également affecter le Caucase et les Balkans, et ces nouvelles donnes géopolitiques rendent apparemment obsolète toute tentative de rapprochement entre l’Union Européenne et la Turquie.

 

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Jo Moreau

LES PARTIS FRANCOPHONES EN PLEINE CRISE D’AUTISME.

« L’autisme est un handicap d’apprentissage à l’origine de problèmes de comportement entraînant un décalage et un manque de compréhension de l’environnement associé à une difficulté à communiquer correctement ».

Le futur gouvernement sera confronté à deux défis principaux : la résolution qu’on espère définitive du problème communautaire, et la crise monétaire et économique qui menace la crédibilité des Etats, et jusqu‘à l‘existence même de l‘Union Européenne.

Pour ce qui concerne le communautaire, j’assiste avec consternation à la campagne électorale de nos partis francophones, et à leur absence totale de réponse « miroir » à ce qui se passe en Flandre, où ce problème est très présent dans la campagne électorale, les derniers sondages en témoignent. Rappelons-nous tout de même que le gouvernement précédent est tombé sur la question communautaire.

La montée en force des idées séparatistes en Flandre fut largement alimentée ces dernières années par le refus systématique du monde politique francophone de prendre en compte les demandes flamandes de négociations institutionnelles.

Face à cette évidence, nous avons un « Front des Francophones », dirigé à la baguette par un Maingain, qui sous des dehors jésuitiques du style « moi un extrémiste ?, où allez-vous chercher cela », ne rate pas une sortie provocatrice propre à faire échouer toute négociation. Parfaitement aidé en cela dans les récentes crises par la RTBF, pour qui il apparaissait comme le seul porte-parole francophone, face au seul porte-parole flamand Bart De Wever.

Aucun parti francophone n’ose prendre l’initiative d’un programme clair et progressiste pour l‘avenir institutionnel de notre pays, apte à servir de base de négociation crédible face aux demandes flamandes. Je ne parle pas de diverses personnalités lançant des ballons d’essai à titre strictement privé, et prêt à soutenir le lendemain le contraire de ce qu’ils ont suggéré la veille. De part et d’autre de la frontière linguistique, tous les partis en sont au même point : plus francophone (flamand) que moi, tu meurs.

Pour la survie de la Wallonie -et de la Belgique-, il serait pourtant indispensable de ne plus jouer à l‘autruche. La Flandre veut une autonomie la plus large possible, et encore une fois, c’est son droit le plus strict de mettre ce problème sur la table. En face, un monde politique francophone qui depuis des décennies ignore cette demande, et n’a jamais voulu négocier une réforme de l’Etat en partenaire responsable, au risque de voir se l’imposer demain sans plus aucun ménagement, et dans sa forme la plus intransigeante.

Comme seule riposte, nous ressortons les drapeaux, l’unité du pays et le bilinguisme comme seuls antidotes obsolètes et unilatéraux, et affirmons que le principal problème est le social et la crise. A chaque coup, nous disons que ce n’est vraiment pas le moment de s’occuper de cela, et renvoyons les Flamands à nos fantasmes d‘un pays uni où chaque francophone est partout chez lui. Or, je crains beaucoup que cette fuite en avant se clôturera le lendemain de ces élections par un tout droit dans le mur.

Nous sommes face à deux conceptions radicalement différentes de ce que doivent être les régions (con)fédérées : le droit du sol flamand, contre le droit des gens francophone. Deux notions incompatibles ? Sans doute si l’une veut s’imposer contre l’autre dès demain, mais je suis persuadé qu’un accord réaliste est envisageable et des solutions applicables dans un avenir raisonnable. Et il faut bien constater que partout dans le monde, la seule notion qui tienne la route est le droit du sol. Bien sûr, cela est difficile à admettre au sein d’un même pays, mais en va-t-il autrement dans tout pays à structure fédérale, d’autant plus lorsque nous sommes face à deux entités linguistiquement différentes, et socialement ainsi que politiquement divergentes ?

Alors que nous nous gargarisions d’être un laboratoire des « compromis à la belge » que le monde entier nous enviait (?), nous aurions intérêt aujourd’hui d’aller voir ailleurs comment cela se passe… Je parle bien entendu de pays raisonnables tels que la Suisse ou le Canada.

Encore une fois, il n’est pas question d’accepter telles quelles toutes les revendications flamandes, dont certaines sont imbuvables, mais accepter l’ouverture de négociations win-win, sans tabous ni exclusives en reprenant l‘initiative.

Pour ce qui concerne le volet social et économique, tous nos partis clament en chœur qu’il s’agit là de la véritable et unique priorité pour nos populations.

Rappelons que la crise peut se développer soit vers la perte de confiance envers la capacité de remboursement de leur dette, des pays dont on peut douter du développement ultérieur de leur économie, ou de leur capacité à réduire leurs dépenses. En toute hypothèse, il faut s’attendre à une inflation galopante au vu de la masse monétaire créée dans tous les pays développés depuis maintenant deux années.

Or que constatons-nous ? Tous les pays européens se sont engagés dans des réformes drastiques permettant, du moins on l’espère, de réduire la dette qui s’est dramatiquement creusée depuis le début de la crise qui menace l’avenir financier de nos pays. Tous les régimes, qu’ils soient de droite ou de gauche, admettent qu’il faut réduire les dépenses pour tenter de survivre.

Seule la classe politique wallonne estime que chez nous tout va bien, puisqu’ aucun parti ne prévoit une quelconque restriction drastique dans les dépenses sociales et autres, telles que le paiement d’indemnités de chômage sans limitation de durée ni contrepartie, des allocations familiales pour chaque enfant quel qu’en soit le nombre, d’une couverture médicale maximale quels que soient les revenus du bénéficiaire, d’une kyrielle de services gratuits pour certaines catégories de population, de subventions en tous genres pour des asbl aux objectifs aussi nébuleux qu’incontrôlés, d’administrations pléthoriques dont les compétences souvent se chevauchent. Je m’arrête …mais la liste n’est pas close, loin de là !

Parallèlement à ces restrictions de dépenses, il va falloir augmenter les recettes. Les pistes les plus acceptables pour préserver le développement sont la lutte contre toutes les fraudes, et la taxation des (très) hauts revenus et des transactions financières.

Mais , dans un bel élan de générosité avec l’argent des contribuables, certains programmes électoraux prévoient au contraire une augmentation des dépenses publiques, dans une totale négation de la réalité économique catastrophique dans laquelle nous sommes plongés.

Rien de tout cela n’est pris en compte dans la campagne électorale, du moins dans les partis susceptibles de gouverner. Aucune vision réaliste et garante d’un avenir pour les jeunes générations. Aucune mesure concrète n’est proposée. Les programmes qu’on nous sert aujourd’hui sont pratiquement les mêmes qu’il y a deux ans, qu’il y a dix ans.

Rien que du vent, un vide abyssal déconnecté de la réalité, un autisme intégral …

D’ ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE !

Jo Moreau.

JE REVE DONC JE VOTE

Ma jeunesse fut baignée du merveilleux sentiment du « tout est possible, quoique vous fassiez, la réussite est au bout du chemin ». On sortait de l’Expo 58. Les arts, la mode, l’architecture connaissaient un bouillonnement extraordinaire, les transistors nasillaient du Brassens, du Brel, du Gainsbourg, Ferré n’était pas loin et bientôt les Beatles allaient bousculer toutes les habitudes. Et au bout de la décennie, la Lune s’offrait à la fascination des petites lucarnes encore en noir et blanc.

Vision idéalisée d’une époque révolue ? Sans doute, mais je l’ai vécue ainsi, et je ne suis pas le seul.

Ce fut également l’époque des premiers conflits communautaires ouverts, des « mars op Brussel », de la découverte étonnante que les francophones n’étaient pas majoritaires en Belgique, mais Dieu merci, ils en constituaient toujours l’élite économique et intellectuelle. La certitude aussi dans la bourgeoisie bruxelloise que toute revendication flamande ne pouvait être le fait que de quelques inciviques qui avaient échappé par miracle à l’épuration, sentiment qui a d’ailleurs vaguement perduré jusqu’à aujourd’hui.

Et depuis, ces conflits communautaires ont cannibalisé l’essentiel de la vie politique belge, entre une course flamande à l’autonomie, de plus en plus insistante et intransigeante, et un autisme francophone qui a débouché sur un blocage total de tout accord raisonnable.

Le clash institutionnel que nous connaissons aujourd’hui est le résultat de l’évolution des rapports entre deux communautés qui en sont venues à s’ignorer totalement, à cimenter entre elles un mur plus infranchissable encore que le mur de Berlin. Tout ceci dans un environnement économique de plus en plus déprimant, sauf pour quelques privilégiés accapareurs.

Alors, j’attends un discours politique qui me permette à nouveau de rêver, de voir un avenir différent, des voix qui me disent : voici ce que nous voulons changer et comment nous allons le faire. Un discours dépoussiéré, réaliste et idéaliste à la fois, qui proclame : nous avons un nouveau pays à créer, une région à construire, une Europe à concevoir, une démocratie à réinventer, au boulot et retroussez-vous les manches: il faut vaincre la conjuration des impossibles. Un discours qui dise aux jeunes, oui, vous avez un avenir mais c’est à vous à l’imaginer, à le bâtir. Quittez vos consoles, ne fut-ce que quelques heures par jour, elles ne font que vous inscrire dans un monde de conformisme et de violence que l’Homme doit dépasser.

Sortez, n’écoutez pas les voix de la peur, peur de la science, des OGM, des volcans, du climat, de la grippe, du nucléaire etc…en un mot, peur du progrès. Tout en cultivant le sentiment du respect, celui de l‘autre, celui de l‘environnement.

Et j’écoute le JT de ce premier mai, le premier aussi de la campagne électorale.

Monsieur Di Rupo, dans un copier-coller de la campagne précédente, peste contre le libéralisme sans rien proposer comme alternative -suivant son habitude-, tandis que Monsieur Michel père en appelle à la responsabilité du citoyen (?!?!?!), oubliant de regarder dans son assiette.

Allons, c’est pas gagné !

N’ HESITEZ PAS – LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE  ! 

Jo Moreau

01.05.2010

BELGIQUE, UN FUTUR EST-IL POSSIBLE ?

Les évènements de ce jour démontrent une nouvelle fois l’impasse institutionnelle dans laquelle est engagée la Belgique, de par la conception essentiellement divergeante de l’Etat, entre la vision flamande du droit du sol et la vision francophone du droit des gens.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un héritage « génétique », mais bien d’un héritage historique entre la vision offensive d’une Flandre frileuse en quête de reconnaissance, et peu à peu grignotée par des populations francophones autour de Bruxelles, et une vision francophone toujours accrochée à une conception passéiste de l’Etat belge, et qui n’en peut plus de freiner de toutes ses forces la marche vers une évolution inéluctable que sa classe politique semble seule à vouloir ignorer.

Depuis longtemps, je suis convaincu que la seule chance de survie d’un Etat belge se trouve dans une structure confédérale formée de Régions-Etats, disposant chacune de pratiquement tous les pouvoirs, et finançant un Etat Central gérant la politique étrangère, la défense, la Banque Centrale, un tronc commun minimal de Sécurité Sociale et quelques coquilles indispensables sur le plan international telles que l’Agriculture, les sports etc…

Je ne suis pas le seul : il s’agissait là d’une revendication de Bart de Wever, dont je ne partage certes pas toutes les prises de position, mais qui a au moins l’avantage d’être parfaitement clair dans sa ligne politique. Et dont l’honnêteté idéologique me convient mieux que les circonvolutions sémantiques et les agendas cachés des autres partis flamands, et que l’immense force d‘inertie de leurs collègues francophones.

Il s’agit là de la seule issue pouvant nous sortir d’un carrousel institutionnel remis périodiquement sur la place publique, et dont les francophones sont les perpétuels perdants, les avancées institutionnelles étant au seul bénéfice de la Flandre, qui a parfaitement assimilé depuis de nombreuses années la tactique des « petits pas ».

D’autre part, les politiciens francophones ont toujours préféré ignorer les revendications flamandes, aussi justifiées qu’aient pu être celles-ci. Cette politique du « cause toujours mon lapin », ne pouvait déboucher que sur un clash de grande amplitude. Car ne nous leurrons pas, même si le problème de la scission de BHV devait être résolu je ne sais par quelque tour de magie, un autre motif de conflit surgira peu après, et je parierais sur la suppression des facilités dans la périphérie. Impossible direz-vous car inscrit dans la Constitution ? On prend le pari ??

Nous aurions dû accepter la grande négociation sur une nouvelle Belgique, qui tienne compte des aspirations flamandes (qui seront envers et contre tout un jour finalisées), et qui sommes toutes sont à prendre en considération même si elles ne correspondent pas à la vision francophone d’une Belgique où tous les citoyens sont partout chez eux, à condition qu’ils parlent français. Mais une négociation où tout aurait été remis à plat, car par exemple la délimitation de la frontière linguistique fut accepté par les francophones dans la perspective d’un Brabant bilingue et de l’existence des facilités linguistiques dans certaines communes. Ceci formait un package et remettre en question un seul élément aurait dû rendre obsolète l’ensemble de l’accord.

Alors, une négociation difficile ? Sans aucun doute, mais la prise en considération du désir flamand vers plus d’autonomie pouvait amener une confiance renouvelée entre négociateurs, et obliger la Wallonie à plus de réalisme et une nouvelle dynamique dans son développement social et économique. D’autre part, elle pouvait aussi récupérer des emplois représentatifs et décisionnels actuellement sacrifiés sur l’autel artificiel d’un prétendu bilinguisme. Cela suppose une frontière définitivement fixée, et des Régions-Etats pleinement compétentes sur leurs territoires.

Malheureusement, cette conception d’une nouvelle Belgique confédérale n’a aucun écho parmi les politiciens francophones, dont la volonté politique se limite à la nomination de trois bourgmestres contestés, qui rappelons-le, déclenchèrent leur action provocatrice en pleine période délicate sur le plan inter-communautaire.

Le refus de voir les réalités en face amèneront de douloureux réveils, alors que nous aurions pu réellement prendre notre destin entre nos mains, et non le laisser dériver au bon gré des politiciens de l’autre communauté.

Si nous voulons un avenir pour ce pays, il est temps d’en prendre conscience, s’il n’est pas trop tard !

D’ ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !!

Jo Moreau.