10 MAI 1940 – UN FUGITIF DANS LA DEBACLE

Peu après la déclaration de guerre, mon père prit le chemin de l’exode. Il avait la nationalité américaine, bien qu’ayant longuement vécu en Belgique, et il partait à la recherche de passeports et de visas afin de fuir la guerre qui venait d’éclater. A 70 ans de distance, j’ai décidé de publier de larges extraits de son texte sur mon blog, malgré ses imperfections, certaines erreurs de dates et de noms de localités, car il apporte aussi un éclairage intéressant sur la vision d’un Bruxellois de l’époque sur les Flamands, les Français et le chaos qui l’entoure… C’est un récit brut rédigé dès son retour sur base de ses souvenirs et de quelques notes jetées à la hâte sur un calepin, qui n’a, bien entendu aucune prétention littéraire ou historique. Fin 1942, mon père était arrêté et envoyé dans un camp d’internement en Haute Silésie, ensuite au Frontstalag 122 (Compiègne) et enfin brièvement au camp de Giromagny, sauvé en définitive d‘un destin plus tragique encore par sa nationalité , ce qui lui permit de revenir sain et sauf en 1945.

Jo Moreau

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35.000 TONNES DE MUNITIONS DEVANT KNOKKE-HEIST ET ZEEBRUGGE

A la fin de la première guerre mondiale, de grandes quantités de munitions sont abandonnées sur les champs de bataille de Belgique, principalement en Flandre. Devant leur accumulation dans les dépôts organisés, et le danger présenté par leur traitement qui occasionne de nombreux accidents, dont l’explosion de trains entiers de munitions, l’inquiétude grandit dans la population. Il fut alors décidé de procéder à leur immersion au large des côtes de Knokke-Heist et Zeebrugge, sur le banc de sable appelé Paardenmarkt . Malgré les cartes marines qui renseignaient approximativement l’emplacement de ce dépôt, ce fait fut longtemps effacé, les archives militaires belges ayant d’abord été ramenées en Allemagne durant la deuxième guerre mondiale et ensuite dirigées vers l’Union Soviétique. Elles ne furent restituées (en partie) à la Belgique qu’en 2002, contre un versement de 150.000 euros à l’Etat russe.

Après la découverte fortuite d’explosifs en 1971, c’est en 1972 que des plongeurs démineurs de la Force Navale purent définir plus exactement les zones concernées, qui s’étendent sur 3 km2, à une distance de 300 mètres à 1500 mètres de la côte. Elles sont depuis interdites de pêche et d’ancrage. On a pu également estimer la quantité immergée à un minimum de 35.000 tonnes d’explosifs et de munitions diverses, dont au moins un tiers de munitions aux gaz toxiques comme l’ypérite (le gaz moutarde), la chloropicrine, le diphosgène et de composés de l’arsenic (clark). D’autres estimations parlent de quantités bien plus importantes, de 50.000 à 200.000 tonnes.

Une partie de ces munitions est maintenant recouverte d’une couche variable de sédiments, entre 10 cms et 4 mètres, évoluant en fonction des marées, des courants et des travaux portuaires. Elle se trouve sous une profondeur d’eau d’ environ 2 à 5 mètres. Les quelques bombes remontées en 1972 étaient dans un état de conservation remarquable. On estime que le danger présenté par les munitions au gaz toxique est relativement réduit, au vu de l’étalement dans le temps de la corrosion des obus qui pourrait prendre plusieurs centaines d’années, et de la dilution des éléments toxiques dans de grandes quantités d’eau, à moduler toutefois en fonction du gaz concerné . On ne connait pas en revanche l’évolution de ces munitions dans le futur, ni la réaction qu’entraînerait par exemple l’échouage d’un navire sur ce dépôt, scénario qui reste envisageable en cas de forte tempête, ou de manoeuvre manquée. Ainsi en 2001, un porte-container s’échoua non loin sur la plage.

Certaines sources signalent toutefois qu’après le déversement de munitions au gaz moutarde dans la mer Baltique, il fut constaté qu’il ne s’échappait pas sous forme de gaz, mais de masse poisseuse qui peut dériver ainsi pendant des années. Des brûlures graves furent occasionnées à des baigneurs allemands, ainsi qu’à des pêcheurs polonais.

Il n’est pas prévu de procéder à l’enlèvement de ces munitions, au vu du danger que représenterait cette opération, du risque de diffusion de gaz toxique, du coût du stockage et du traitement de ces munitions s’ajoutant à la quantité non négligeable (environ 200 tonnes) qui est récoltée annuellement dans les champs de Flandre.

Le Paardenmarkt ne présente aucun danger immédiat, est méticuleusement sous contrôle, notamment par des prélèvements réguliers et un contrôle de contamination éventuelle sur les poissons. D’autre part, un plan d’alerte précoce a été élaboré. Mais son emplacement doit être pris en compte pour tout projet d’extension du port, ou d’implantation de parcs d’éoliennes.

Notons l’existence d’un plan de recouvrement du site par une île artificielle, plan qui ne rencontre pas un enthousiasme unanime.

Jo Moreau.

 

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