QUELQUES LARMES POUR UN PAYS SOUS RESPIRATEUR

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Derrière le vandalisme se déchaînant sur les statues de Léopold ll, se profile le « belgium bashing », soutenu par les artisans très actifs de la disparition de la Belgique des cartes européennes. Tous les symboles du pays sont peu à peu effacés de l’espace public, ainsi que les noms de firmes ou de services qui rappelaient encore leur caractère belge. Belgacom est ainsi devenu Proximus, Brussels Airlines est le nom trouvé pour éviter que le nom Belgium -repoussé par la Flandre- n’apparaisse , Electrabel s’est paré du nom de Engie et je vous laisse le soin de compléter une (longue) liste.

Sous couvert de la dénonciation d’une colonisation qui fut ce qu’elle fut à l’époque où elle eut lieu, je ne crois pas que la reconfiguration de l’espace public se limitera à la disparition du nom et de l’image du seul Léopold ll, certaines statues de Baudouin entre autres ayant déjà subi des dégradations dans la perspective de la destruction de l’image d’une royauté qui représente encore l’unité du pays.

Je suis frappé par la véritable non-existence de la Belgique dans les commentaires des médias étrangers, sur quelque plan que ce soit, historique, social ou économique alors qu’on y cite régulièrement les Pays-Bas, par exemple. Notre pays est systématiquement ignoré, sauf lorsque des évènements négatifs locaux le rendent incontournable et si possible le ridiculisent. Cette non-existence n’est jamais rectifiée par nos diplomates ou par les services compétents.

Cet effacement n’est pas récent et détermine également les événements actuels. Quelles en sont les causes ?

La première, et sans doute la principale, vient de notre propre attitude à l’égard de notre pays, et de l‘image que nous en répercutons vers l‘extérieur. L’intelligentsia belge, largement relayé en cela par les médias notamment audio-visuels -mais pas seulement, a depuis une cinquantaine d’années choisi de systématiquement tourner en dérision, sinon de détruire, tout sentiment national en l‘assimilant parfois erronément au nationalisme, synonyme d‘impérialisme et de xénophobie.

Or notre pays est en train de crever par excès de démocratie (pas politique, je vous rassure). Alors que la majorité des nations en formation extirpèrent les particularismes des régions annexées, souvent de façon violente et coërcitive, l’ Etat belge les reconnut après quelques années, tout d’abord en adoptant le flamand, devenu Algemeen Beschaafd Nederlands, et ensuite l’allemand comme langues nationales, tandis que le wallon s’évaporait petit à petit et faisait place au français. Et dans une deuxième étape en modifiant la structure même de l’Etat vers des aménagements de plus en plus centrifuges. Justifiés ou non, ces « aménagements » voulus principalement par certaines fractions politiques utilisant principalement le romantisme comme argument politique, et confondant allègrement la situation sociale d’une grande partie de la population et l’usage des langues, favorisèrent la disparition d’un sentiment national belge naissant.

Cette reconnaissance de réalités régionales n’est pas propre à notre pays, et existe ailleurs, la Suisse en est un exemple. Mais alors que l’organisation politique y fut envisagée dans une perspective de rassemblement, les institutions belges sont aujourd’hui la résultante de déconstructions successives dont la finalité est la disparition pure et simple de l’état.

Nulle part dans le monde, un pays n’est autant dénigré par ses propres citoyens.

Contrairement au discours des indépendantistes, régionalistes ou rattachistes compulsifs de tous acabits, la Belgique n’est pas plus « artificielle » que la grande majorité des pays qui l’entourent, en partant de la France et passant par l’Allemagne ou l‘Italie (dont la construction étatique pour ces derniers est d’ailleurs ultérieure à celle de l’Etat belge). Partout, la fondation d’un pays est la conséquence de la volonté d’une élite, le résultat de guerres, d’annexions, d’alliances, d’unions et de désunions, et pratiquement jamais d’un peuple qui se lève un beau matin en disant : « tiens, si nous fondions aujourd’hui un pays indépendant » ? A quelques exceptions près, le sentiment national est fabriqué ultérieurement, et suit d’un nombre considérable d’années la création d’un Etat, et non le contraire. Et ce sentiment national est indispensable à l’émergence de l’Etat-Nation, par la perspective offerte à l’ensemble de ses citoyens d‘avoir un avenir en commun.

Ceci passe aussi par l’élaboration plus ou moins artificielle d’un passé en commun. J’appartiens à une génération qui collectionnait les chromos représentant des scènes d’histoire soi-disant nationale, de portraits de nos Gloires Nationales (sic) au cours des siècles où l’Etat belge n’existait pas, et comme écoliers nous étions régulièrement réquisitionnées pour participer à des célébrations diverses aux monuments aux morts. Toutefois, ceci pouvait être justifié par l’existence d’une région géographique où l’adjectif « belgique » fut utilisé couramment depuis l’époque romaine.

Tout cela a été escamoté fin des années 50, en faveur de la résurgence politique de micro-nationalismes internes, bien à la mesure de la stature de nos politiciens actuels, et destructeurs de toute idée d’Etat-Nation.

Malheureusement, cela a également eu pour conséquence d’occulter tout ce qui pouvait constituer un motif de fierté, remplacé aujourd’hui par la seule auto-glorification systématique du « surréalisme à la belge » (expression qui me donne des boutons) qu’on nous sort en toutes occasions, et qui a comme énorme avantage de ne rien vouloir dire. Les seules choses dont nous avons encore le droit de nous glorifier sont nos chocolats et nos frites, et de temps en temps nos sportives et sportifs.

Or la Belgique fut tout autre chose, et elle constitua pour différentes raisons un terreau qui lui permit entre autres d’être entre la deuxième ou quatrième puissance industrielle mondiale à la fin du XIX e siècle, et qu’y prospérèrent plusieurs courants artistiques novateurs. Elle devint le refuge d’un nombre considérable d’artistes et d’intellectuels fuyant leur propre pays.

 

Vous l’aurez deviné, je suis viscéralement attaché à ce pays au risque hélas de déclencher la compassion hilare de certains. Mais enfant, j’ai habité en Flandre, ensuite à Bruxelles, fait mon service militaire dans une des dernières unités bilingues, et enfin ai déposé mes valises en Wallonie pour des motifs professionnels.

Et je ne désire en aucun cas adhérer ou propager l’idéologie de la haine de l’autre communauté qui, des deux côtés de la frontière linguistique, est devenue le principal argument de l’action politique.

Jo Moreau.

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LÉOPOLD ll ENTRE GÉNOCIDAIRE ET BIENFAITEUR

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Devant l’avalanche d’exagérations et de mensonges concernant le rôle de Léopold ll agissant comme souverain de l’Etat Indépendant du Congo, j’ai désiré émettre mon opinion, qui ne me fera sans doute pas que des amis.

Car n’étant pas historien, il ne s’agit ici que de la vision d’un citoyen, basée sur des lectures pêchées à droite et à gauche. En tout état de cause, il faut constater que bien souvent, beaucoup d’historiens écrivent une Histoire la plus conforme possible à leurs propres opinions et croyances. Donc, je ne fais aucun complexe à ce sujet.

Ensuite, je précise que ni moi ni mes parents n’ont jamais mis les pieds au Congo. Les seuls souvenirs (très « Tintin au Congo ») que j’ai de cette époque datent de l’école primaire.

Etant moi-même issu de grands-pères immigrés, je me sens néanmoins viscéralement et exclusivement Belge, atterré devant l’acharnement mis par certains à détruire politiquement, culturellement et historiquement un pays où quoi qu’on dise, il faisait bon vivre même si, évidemment, tout n’était pas idyllique et parfait.

Mais revenons au Congo.

Léopold ll monte sur le trône de Belgique en décembre 1865. Avant son intronisation, il effectue de nombreux voyages notamment en Inde et en Chine, et plusieurs séjours en Egypte. Cela le conforte alors dans son opinion qu’à l’instar d’autres puissances européennes, « il faut une colonie à la Belgique ».

En 1876, il contacte l’explorateur Stanley pour parcourir l’Afrique centrale, alors inexplorée, afin d’y acquérir des droits sur les territoires parcourus. Celui-ci aurait préféré agir pour le compte de la Grande-Bretagne ou des USA, mais devant le manque d’intérêt de ceux-ci, accepte en 1878 la mission de Léopold ll.

L’action de Stanley est sujette à controverse. Hoschild, dans son livre « Les fantômes du Roi Léopold » le décrit comme un assassin, prenant pour cible les habitants indigènes et brûlant leurs villages, tandis que l’historien Van Reybrouck montre un homme qui « avait noué des liens d’amitié avec de nombreux Africains et était sincèrement soucieux du bien-être des enfants qu’il avait soustraits à l’esclavage, et ceux-ci gardèrent de lui un souvenir chaleureux ».

La conférence de Berlin de 1884-1885, qui acte le partage de l’Afrique entre les puissances européennes, reconnait la souveraineté de Léopold ll sur l’Etat Indépendant du Congo, qui devient ainsi sa propriété personnelle. Cette conférence acte également l’interdiction de l’esclavage et de la traite négrière sur l’ensemble de l’Afrique.

Notons que Léopold ll n’a jamais mis les pieds au Congo, et que ses actions en tant que Roi de l’Etat Indépendant du Congo sont totalement séparées de celles de Roi des Belges.

En 1891, Léopold ll reprend le contrôle du Katanga, alors convoité par la Grande-Bretagne. Celle-ci entamera ensuite une campagne visant à récupérer ce territoire, (et ce notamment en 1912 ou en 1937 lors de négociations de paix secrètes avec l’Allemagne). Cette cabale a bien fonctionné, et fonctionne d’ailleurs encore très bien aujourd’hui…

De 1892 à janvier 1894, a lieu la campagne menée par la Force Publique de l’Etat Indépendant du Congo contre les esclavagistes arabes et les états dirigés par les sultans bantous musulmans. Au total, environ 100.000 arabo-swahilis furent opposés à 3.500 soldats indigènes réguliers commandés par 120 Européens, sans compter les supplétifs. Notons que les corps du sergent De Bruyne et du lieutenant Lippens, tués lors de ces combats, furent retrouvés les mains et les pieds coupés, « suivant la coutume locale ».

A partir des années 1894-1895, des témoignages affirmant des excès contre la population indigène, travail forcé, mutilations, malnutrition, entraînent un mouvement international dirigé par la Grande-Bretagne et les USA. Cette campagne est relayée en Belgique par des leaders socialistes opposés au principe même du colonialisme.

Il en résulte la mise sur pied d’une « Commission d’enquête sur les exactions commises dans l’Etat Indépendant du Congo ». Celle-ci confirme la surexploitation des populations locales par des agents européens (d’une dizaine de nationalités) insuffisamment encadrés, qui ont conduit à des abus.

Le phénomène des « mains coupées » est une réalité, dont l’origine est diversifiée, selon les sources. Depuis la justification des cartouches tirées par les militaires indigènes engagés dans les combats contre les esclavagistes arabes et leurs alliés swahilis, la punition infligée par ces mêmes esclavagistes aux habitants des villages ayant tenté de se soustraire aux razzias, ou encore les punitions infligées par les commis de certains administrateurs européens soumis à des exigences de rendement.

Hoschild cite également le chiffre extravagant de 10 millions de morts (15 millions pour d’autres) imputés à la gestion de Léopold ll. Il s’agit d’un chiffre n’ayant aucun fondement scientifique et fortement contesté, notamment par l’historien Jean Stengers. S’il y eut incontestablement des dizaines de milliers de morts à imputer à une sur-exploitation de la main-d’œuvre forcée, il y eut également un nombre considérable de victimes dues aux épidémies locales ou aux maladies importées, ou à une famine résultant de la sécheresse entre 1875 et 1878, qui fit un total (estimé) de 50 millions de morts sur trois continents dont l’Afrique. Une autre famine régna au Congo de 1885 à 1899 qui y fit environ 3 millions de morts. Evidemment, une partie des conséquences de cette famine est peut-être un dommage collatéral dû à la déportation volontaire ou forcée des hommes, jusqu’alors consacrés dans leurs villages à la chasse ou à l’agriculture.

Sous son règne, le Congo a entamé son développement. Des villes se bâtissent, une infrastructure routière, ferroviaire et fluviale commence à se développer. La paix s’est installée, avec la répression du cannibalisme et des sacrifices humains (conclusions de la commission d’enquête). Un développement bien entendu lié à l’exploitation commerciale du pays.

Il est évident que jamais, Léopold ll ne donna d’instructions destinées à attenter à la vie des populations congolaises, ou de couper les mains de ses habitants. Il semble qu’il tenta de rectifier les excès quand il en eu connaissance.

Sous la pression internationale, l’Etat Indépendant du Congo est cédé par Léopold ll à la Belgique en 1908, annexion votée par le Parlement (à contre-cœur dit-on) et prend le nom de Congo Belge.

Jusqu’à cette date, l’Etat belge n’est en aucune manière impliqué dans la gestion de l’Etat Indépendant du Congo.

QUELS SONT LES BÉNÉFICES RETIRÉS PAR LEOPOLD ll DU CONGO.

A fin 1885, le Roi aura dépensé 11,5 millions de francs de sa fortune personnelle au Congo, et il doit souscrire un prêt personnel auprès de la banque Rothschild, où il présente un compte débiteur de plus de 2 millions de francs, du baron Lambert et d’autres. Mais le Congo se révèle un gouffre financier et la Belgique consent à celui qui est aussi son roi, en 1890 un prêt de 25 millions de francs échelonné sur 10 ans. Survient alors un miracle : l’apparition des premières automobiles, et l’exploitation du caoutchouc nécessaire aux pneus explose. Sur la seule année 1900, Les exportations de ce produit rapportent plus de 18 millions de francs.

A sa mort en décembre 1909, le Roi est considéré par certains comme l’un des hommes les plus riches du monde. Sans héritier mâle, il avait déshérité ses filles afin d’éviter que sa fortune revienne à leurs époux qui étaient princes étrangers, et fit don de tous ses biens pour la plupart immobiliers à l’Etat belge, qui accepta à condition que ces biens génèrent des revenus suffisant à leur entretien.

Evidemment, toute son action est à replacer dans la vision du monde à son époque, et à comparer aux conditions sociales du monde du travail existant alors en Belgique.

Jo Moreau

 

COVID19 : LA MYSTERIEUSE DISPARITION DE LA FREGATE LEOPOLD 1er

 

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Mise à jour du  26.04.2020 – 

Tout le monde connait, ou a du moins entendu parler du « Triangle des Bermudes », cette zone de l’Atlantique située au large de la Floride où se seraient produits de mystérieux naufrages de navires ayant disparu corps et biens, sans qu’une explication certaine puisse en être donnée.

Et voilà que le même phénomène proche du paranormal affecte la frégate belge « Léopold 1er », heureusement non pas sur le plan matériel, mais uniquement dans les commentaires officiels ou médiatiques français, qui depuis l’apparition de l’épidémie du covid 19, ignorent totalement ce bâtiment.

Voyons les détails connus de cette affaire.

Le F930 « Léopold 1er » et ses 155 membres d’équipage appareille le 23 février 2020 (1), avec mission de s’intégrer à la Task Force 473, Groupe aéronaval GAN 20, soit à l’escorte du porte-avions français le « Charles de Gaulle » avec présence en Méditerranée, dans l’Atlantique et en Mer du Nord. Il est également prévu la participation à un exercice commun impliquant la force aéronavale OTAN SNMG1 (Standing Nato Maritime Group one) et ce, du 20 au 22 mars.

Ce n’est pas la première fois que la participation à l’escorte du porte-avions français par une frégate belge est sollicitée, d’autres missions similaires ayant été assurées précédemment. L’équipement et la qualification « multi-fonctions » des frégates belges, anti-surface, anti-aérien et anti-sous-marins est en effet appréciée (y compris par l’US Navy qui sollicita en son temps la participation belge à une mission de sécurisation du détroit d’Ormuz, demande qui ne fut pas satisfaite (2)).

Avant de rejoindre le « Charles de Gaulle », le navire belge effectue une semaine d’entrainement au large de l’Espagne, avec une escale fin février à Malaga, au cours de laquelle une partie de l’équipage descend à terre.

L’ escadre maintenant au complet fait ensuite escale à Brest du 13 au 15 mars. Au vu de l’évolution de l’épidémie apparue en Europe, l’accès au porte-avions n’est pas autorisé aux parents des marins, mais ceux-ci peuvent descendre à terre pour une rencontre familiale.

Revenons au Léopold 1er.  Un cas de contamination est détecté à bord après l’escale de Brest, soit le 16 ou 17 mars (?). Aussitôt avisé, le Ministère de la Défense prend immédiatement la décision de mettre prématurément fin à la mission (3). Le navire fait alors route vers Den Helder, où le marin est débarqué le 20 mars, et le Léopold 1er arrive à Zeebrugge, son port d’attache, le 27 mars. Trois membres d’équipage sont mis en quarantaine préventive à l’ERM, et 36 autres confinés à domicile (4).

Du côté français, la Ministre des Armées affirme n’avoir été avisée que le 7 avril de la présence d’une quarantaine de militaires infectés par le covid19 à bord du « Charles de Gaulle » (5), et a immédiatement donné l’ordre de mettre fin à la mission. Le navire rejoint Toulon le 12 avril, où on constate la contamination de plus d’un millier de membres d’équipage, dont 545 présentent des symptômes.

Toutefois, des témoignages non confirmés mettent en cause le commandement du navire :

« Plusieurs marins ou proches de marins ont dénoncé, dans des médias français et sous couvert de l’anonymat, un encadrement dépassé par les événements. Un des militaires à bord du « Charles de Gaulle », lui-même testé positif au Covid-19, s’est confié à France Bleu : il accuse l’armée d’avoir « joué avec [leur] santé, [leur] vie ». Selon lui, des marins auraient signalé des symptômes dès l’escale de Brest et le commandant du porte-avions aurait alors proposé d’interrompre la mission, ce que le ministère des Armées aurait refusé. (Le Parisien) ». Cela est toutefois démenti par le ministère. (6)

Alors que les autres navires de l’escorte sont épisodiquement nommés dans les communiqués français ou lors de débats, (des bâtiments français, allemand, portugais, espagnol), le Léopold 1er, qui semble le seul affecté par le covid19 en-dehors du Charles de Gaulle, est complètement ignoré.

Pourquoi ? On peut évidemment émettre l’idée que les autorités militaires et gouvernementales françaises ne désirent pas qu’une comparaison soit faite entre la réactivité respective des responsables militaires et politiques des deux pays. On peut aussi soupçonner que pour une question de prestige, on ne pouvait mettre en cause la participation a l’exercice commun avec le SNMG1 dont il est question plus haut.

Il ne s’agit évidemment ici que d’un épisode tout-à-fait anecdotique dans cette pandémie, j’en conviens aisément, et mes conclusions sont peut-être abusives et sans rapport avec la réalité.

Reste le fait que nos propres responsables ont parfaitement maîtrisé la situation.

Jo Moreau

(1) https://defencebelgium.com/2020/02/25/la-fregate-leopold-ier-part-en-mission-de-deux-mois-pour-escorter-le-porte-avions-francais-charles-de-gaulle/

(2) https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-fregate-leopold-ier-prend-le-large-vers-l-ocean-atlantique?id=10284520

(3) https://www.rtbf.be/info/dossier/epidemie-de-coronavirus/detail_coronavirus-en-belgique-la-fregate-leopold-1-de-la-marine-rentre-a-zeebruges-suite-a-un-cas-de-contamination-a-bord?id=10467492

(4) Dernier paragraphe de :

https://www.rtbf.be/info/dossier/epidemie-de-coronavirus/detail_coronavirus-comment-le-porte-avions-charles-de-gaulle-est-il-passe-de-50-a-700-contaminations?id=10483366

(5) http://www.leparisien.fr/politique/covid-19-sur-le-charles-de-gaulle-ce-que-l-on-sait-de-la-contamination-de-1046-marins-18-04-2020-8301873.php

(6) http://ensemble-finistere.eklablog.com/covid-19-le-commandement-du-charles-de-gaulle-a-ete-depasse-par-l-epid-a185132746

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LA COMMISSION EUROPEENNE INITIATRICE DES MANIFESTATIONS ETUDIANTES.

jeunes

 

Des dizaines de milliers d’enfants et d’étudiants se retrouvent désormais régulièrement dans les rues européennes pour clamer leur inquiétude, et exiger des gouvernements une action vigoureuse afin de « lutter contre le dérèglement climatique ».

Ils ont trouvé, ou plutôt se sont laissé imposer, une égérie manifestement manipulée au discours simpliste plus proche de l’idéologie que de la science, la jeune Greta Thunberg. (1)

La manipulation mentale dont sont victimes les jeunes (mais pas que…) de la part de scientifiques, de l’ensemble des partis politiques, des médias, ainsi que de leurs enseignants est profondément inquiétante. Elle est le reflet d’une mouvance à caractère totalitaire et aux buts idéologico-politiques ne supportant aucune réserve ni contradiction. Je rappelle ici la phrase de Timothy Ball, PhD, Climatologue, Président du Projet Ressources Naturelles (Canada) ex-Professeur de climatologie de l’Université de Winnipeg :

« Les étudiants ne disposent pas des outils nécessaires pour éviter d’être exploités. En effet, parfois, je pense que le système les maintient dans l’ignorance afin qu’il puisse les exploiter une fois devenus adultes ».

Mais leur mouvement n’est évidemment pas spontané. A côté des sherpas énumérés ci-dessus, se profile également le dispensateur des crédits nécessaires à leur action.

Le site néerlandais « Climategate NL » nous éclaire à ce sujet (2), (peut-être partiellement car il serait intéressant de connaître la destination des fonds), et la révélation est plutôt étonnante. J’en reprends ici les éléments principaux, comme d’habitude dans une traduction « maison ».

Jo Moreau.

 

La Commission européenne est le moteur de l’absentéisme climatique.

Ceux qui pensaient que les jeunes eux-mêmes avaient pris l’initiative de partir en grève scolaire pour le climat, sont dans l’erreur. Derrière eux se trouve une organisation bien huilée, parrainée par la Commission européenne, et dénoncée par « Cultuur onder vuur » (3).

« Youth for Climate »

L’organisateur de l’absentéisme climatique, c’est « Youth for Climate« . Quel genre d’organisation est-ce ? Qui la contrôle et d’où proviennent les fonds ?

Nous nous référons à une conférence sur le climat organisée par les Nations Unies en décembre 2017 : « A meeting for the planet » (4) et plus particulièrement son point -6-. Comme promis, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, marque son accord pour investir dans « une nouvelle initiative climatique de la jeunesse ». Son collègue, le commissaire Maroš Šefčovič, lui a donné le nom de « European Youth for climate action ».

Une subvention de 340 millions d’euros

 La Commission européenne va attribuer à cette initiative une subvention de 340 millions d’euros pour la période de 2018 à 2020. (5)

La Commission européenne ne se limite pas à l’octroi de subsides. Elle définit le cadre de son action dans un énoncé de mission : « L’initiative Youth for Climate de la Commission européenne donnera aux jeunes la capacité de promouvoir l’esprit de renouveau et de régénération inscrit dans l’Accord de Paris, et leur permettre de concevoir ensemble un avenir commun, au-delà des frontières « .

Promouvoir l’accord de Paris est donc manifestement l’objectif affiché de Youth for Climate. Pour ceux qui l’aurait oublié, il s’agit de l’ accord de 2015 sur le climat, qui a déclaré la guerre contre les combustibles fossiles y compris le gaz naturel, au nom du « sauver la planète ».

La déclaration de mission se termine par une phrase que vous pouvez facilement décoder : « au-delà des frontières ». L’Union européenne encourage donc les enfants à manquer l’école afin de leur permettre de propager l’hystérie climatique, mais par la même occasion porter les objectifs de l’Union Européenne. Cela rappelle la révolution culturelle, dans laquelle Mao Zedong a renforcé son emprise totale sur la Chine en soulevant la jeunesse contre toute autorité autre que la sienne.

Contrôlé par Bruxelles

Youth for Climate est une initiative de la Commission européenne, conçue et gérée par Bruxelles, financée par des subventions européennes et visant à propager l’hystérie climatique et à renforcer la main-mise européenne.

Notre conseil : si vous avez des enfants en âge scolaire, éloignez-les de cette propagande climatique de l’UE!

(1) https://www.liberation.fr/planete/2019/03/08/la-militante-ecolo-greta-thunberg-recuperee-par-un-pro-du-greenwashing_1713956?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&

(2) https://www.climategate.nl/2019/02/europese-commissie-drijvende-kracht-achter-klimaatspijbelen/?

(3)  https://cultuurondervuur.nu/betrapt-europese-commissie-blijkt-drijvende-kracht-achter-het-klimaatspijbelen/

(4) http://www.caneurope.org/publications/blogs/1534-latest-developments-on-phasing-out-fossil-fuel-subsidies-in-europe-3

(5) https://ec.europa.eu/commission/sites/beta-political/files/european-youth-climate-action_en.pdf

 

 

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REMBARQUEMENT A LA PANNE EN 1940.

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Alors que sort le nouveau film « Dunkerque », il n’est pas inutile de rappeler que le rembarquement des troupes britanniques et d’éléments français et belges (16.000 soldats belges et néerlandais furent évacués) ne fut pas limité au seul port, mais s’étendit également aux plages de Malo les Bains, Bray Dunes ainsi qu’ à la localité de La Panne. Si ce fait est historiquement bien connu, il est cependant ignoré par de nombreux Belges, qui fréquentent cependant régulièrement cette agréable plage.

Le Général Lord Gort, commandant en chef du Corps expéditionnaire britannique, y établit son QG à la Zeelaan 21, afin de coordonner autant que faire se peut le rembarquement du BEF. Il préféra La Panne à Dunkerque pour l’existence de lignes téléphoniques directes avec Douvres.

Deux pontons d’embarquement furent construits à La Panne, constitués de camions sur lesquels étaient fixées des planches. Un de ces pontons fut construit en face du « Kursall », bâtiment qui existe encore aujourd’hui.

L’opération de rembarquement, qui porta le nom de code « Dynamo », permit l’évacuation de 338.000 hommes, dont 100.000 depuis la plage de La Panne.

Je rassemble ici quelques photos de La Panne à cette époque rencontrées sur Internet. Les habitués reconnaîtront sans peine beaucoup d’endroits familiers …

Jo Moreau

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10 MAI 1940 – UN FUGITIF DANS LA DEBACLE

Peu après la déclaration de guerre, mon père prit le chemin de l’exode. Il avait la nationalité américaine, bien qu’ayant longuement vécu en Belgique, et il partait à la recherche de passeports et de visas afin de fuir la guerre qui venait d’éclater. A 70 ans de distance, j’ai décidé de publier de larges extraits de son texte sur mon blog, malgré ses imperfections, certaines erreurs de dates et de noms de localités, car il apporte aussi un éclairage intéressant sur la vision d’un Bruxellois de l’époque sur les Flamands, les Français et le chaos qui l’entoure… C’est un récit brut rédigé dès son retour sur base de ses souvenirs et de quelques notes jetées à la hâte sur un calepin, qui n’a, bien entendu aucune prétention littéraire ou historique. Fin 1942, mon père était arrêté et envoyé dans un camp d’internement en Haute Silésie, ensuite au Frontstalag 122 (Compiègne) et enfin brièvement au camp de Giromagny, sauvé en définitive d‘un destin plus tragique encore par sa nationalité , ce qui lui permit de revenir sain et sauf en 1945.

Lire la suite « 10 MAI 1940 – UN FUGITIF DANS LA DEBACLE »

35.000 TONNES DE MUNITIONS DEVANT KNOKKE-HEIST ET ZEEBRUGGE

A la fin de la première guerre mondiale, de grandes quantités de munitions sont abandonnées sur les champs de bataille de Belgique, principalement en Flandre. Devant leur accumulation dans les dépôts organisés, et le danger présenté par leur traitement qui occasionne de nombreux accidents, dont l’explosion de trains entiers de munitions, l’inquiétude grandit dans la population. Il fut alors décidé de procéder à leur immersion au large des côtes de Knokke-Heist et Zeebrugge, sur le banc de sable appelé Paardenmarkt . Malgré les cartes marines qui renseignaient approximativement l’emplacement de ce dépôt, ce fait fut longtemps effacé, les archives militaires belges ayant d’abord été ramenées en Allemagne durant la deuxième guerre mondiale et ensuite dirigées vers l’Union Soviétique. Elles ne furent restituées (en partie) à la Belgique qu’en 2002, contre un versement de 150.000 euros à l’Etat russe.

Après la découverte fortuite d’explosifs en 1971, c’est en 1972 que des plongeurs démineurs de la Force Navale purent définir plus exactement les zones concernées, qui s’étendent sur 3 km2, à une distance de 300 mètres à 1500 mètres de la côte. Elles sont depuis interdites de pêche et d’ancrage. On a pu également estimer la quantité immergée à un minimum de 35.000 tonnes d’explosifs et de munitions diverses, dont au moins un tiers de munitions aux gaz toxiques comme l’ypérite (le gaz moutarde), la chloropicrine, le diphosgène et de composés de l’arsenic (clark). D’autres estimations parlent de quantités bien plus importantes, de 50.000 à 200.000 tonnes.

Une partie de ces munitions est maintenant recouverte d’une couche variable de sédiments, entre 10 cms et 4 mètres, évoluant en fonction des marées, des courants et des travaux portuaires. Elle se trouve sous une profondeur d’eau d’ environ 2 à 5 mètres. Les quelques bombes remontées en 1972 étaient dans un état de conservation remarquable. On estime que le danger présenté par les munitions au gaz toxique est relativement réduit, au vu de l’étalement dans le temps de la corrosion des obus qui pourrait prendre plusieurs centaines d’années, et de la dilution des éléments toxiques dans de grandes quantités d’eau, à moduler toutefois en fonction du gaz concerné . On ne connait pas en revanche l’évolution de ces munitions dans le futur, ni la réaction qu’entraînerait par exemple l’échouage d’un navire sur ce dépôt, scénario qui reste envisageable en cas de forte tempête, ou de manoeuvre manquée. Ainsi en 2001, un porte-container s’échoua non loin sur la plage.

Certaines sources signalent toutefois qu’après le déversement de munitions au gaz moutarde dans la mer Baltique, il fut constaté qu’il ne s’échappait pas sous forme de gaz, mais de masse poisseuse qui peut dériver ainsi pendant des années. Des brûlures graves furent occasionnées à des baigneurs allemands, ainsi qu’à des pêcheurs polonais.

Il n’est pas prévu de procéder à l’enlèvement de ces munitions, au vu du danger que représenterait cette opération, du risque de diffusion de gaz toxique, du coût du stockage et du traitement de ces munitions s’ajoutant à la quantité non négligeable (environ 200 tonnes) qui est récoltée annuellement dans les champs de Flandre.

Le Paardenmarkt ne présente aucun danger immédiat, est méticuleusement sous contrôle, notamment par des prélèvements réguliers et un contrôle de contamination éventuelle sur les poissons. D’autre part, un plan d’alerte précoce a été élaboré. Mais son emplacement doit être pris en compte pour tout projet d’extension du port, ou d’implantation de parcs d’éoliennes.

Notons l’existence d’un plan de recouvrement du site par une île artificielle, plan qui ne rencontre pas un enthousiasme unanime.

Jo Moreau.

 

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UNE ATTAQUE-SUICIDE LE 11 MAI 1940

Le 10 mai 1940, sans déclaration de guerre, l’Allemagne attaque la Belgique, la Hollande et le Luxembourg, pays neutres.

Ce même jour, à 4.15 h du matin, des parachutistes allemands transportés par planeurs atterrissent  sur le toit de la forteresse d’Eben Emael, en bordure du canal Albert, ce qu’aucun stratège n’avait prévu et le toit ne comportait donc aucune défense… Très rapidement, les tourelles d’artillerie de la forteresse sont mises hors service par l’emploi de charges creuses, dont c’était la première utilisation sur un champ de bataille.

Eben Emael, réputée la plus puissante forteresse d’Europe, est neutralisée en quelques heures. (1)

Le canal Albert devait servir de fossé antichar, mais trois ponts ne sont pas détruits et sont pris intacts par les parachutistes allemands, les ponts de Veldwezelt, de Vroenhoven et de Briegden.

Le pont de Kanne est lui finalement détruit, et les paras allemands y subissent de lourdes pertes devant les troupes belges.

Leur bombardement par l’aviation est alors envisagé.

En mai 1940, l’aviation militaire belge (Aéronautique militaire) comprend au total 370 appareils complètement dépassés, principalement des chasseurs biplans Gloster Gladiator, Fairey Fox, Renard R31, et Fiat CR42, dont la majorité furent détruits au sol lors des bombardements du 10 mai.

avion

Les seuls appareils récents sont une dizaine de Hawker Hurricane.

14 Fairey Battle, appareils monomoteurs de reconnaissance et de bombardement léger équipent la 5e escadrille.

La Belgique, soucieuse de sa neutralité et du caractère essentiellement défensif de son armée, avait renoncé à s’équiper de bombardiers spécifiques (ainsi d’ailleurs que de blindés moyens ou lourds) afin de ne pas se voir accusée d’abriter des armes offensives.

Les Fairey Battle, dont la conception date de 1932, sont complètement obsolètes en 1940 et furent d’ailleurs retirés du service par la RAF après la campagne de France. Il s’agit au départ d’un monomoteur triplace (pilote + radio navigant ou observateur + mitrailleur arrière), transformé en biplace pour la Belgique, l’observateur disparaissant de l’équipage. L’appareil ne pouvant dépasser 350 kms/heure, les missions de bombardement n’auraient pu s’effectuer que de nuit.

avion 2

 

Après une succession ahurissante d’ordres et de contre-ordres, arriva le 11 mai l’ordre d’attaquer les 3 ponts du canal Albert demeurés intacts. Trois pelotons de trois appareils furent constitués, qui devaient être escortées par 6 biplans Gloster Gladiator. Chaque Battle était équipé de bombes de 50 kgs (« Pour détruire des ponts, pourquoi pas des oranges », aurait déclaré un des pilotes…). Ils décollent vers 05.45 h du matin de la base de Aalter.

Le premier peloton, devant attaquer le pont de Veldwezelt, est attaqué en chemin par des appareils allemands et deux appareils sont abattus. Seul le troisième atteint son objectif et est accueilli par un violent barrage de flak. Il effectue deux passages et largue ses bombes qui atteignent l’objectif, sans gros dégâts… Il parviendra à rejoindre sa base.

Le deuxième peloton a le pont de Vroenhoven comme objectif. Ils évoluent souvent en rase-mottes, et sont pris sous le feu de la DCA belge, pour qui tout aéronef ne pouvait qu’être Allemand… En cours de route, ils mitraillent une colonne de blindés de la 4e Panzerdivision sous le feu nourri de la flak. Sur l’objectif, les bombes de deux appareils ne se décrochent pas, et il faut un second passage au milieu du déchaînement de la flak pour que les bombes de deux appareils atteignent l’objectif. Deux appareils, gravement touchés, sont abattus. 

Le troisième peloton doit atteindre le pont de Briegden.  Dès avant l’objectif, un appareil atteint par la DCA doit faire demi-tour. Un autre, également atteint, s’écrase en feu. Le troisième appareil atteint l’objectif, et effectue son passage en rase-motte. L’appareil est criblé de balles, et son pilote parvient à le faire regagner les lignes belges, où il effectue un atterissage sur le ventre. Le pilote s’aperçoit alors qu’il s’est posé sur ses bombes, qui ne se sont pas décrochées lors de l’attaque…

Inutile de préciser que tous les chasseurs biplans d’escorte furent abattus par des Messerschmitt 109.

La mission fut un cuisant et sanglant échec, aucun des trois ponts ne fut détruit. Ils furent attaqués ensuite, toujours sans succès, par la RAF et l’aviation française.

Il est bon de méditer aujourd’hui sur la manière dont un grand nombre d’hommes furent envoyés au massacre avec des armements insuffisants, ou obsolètes pour des raisons budgétaires.

avion 3

 

Jo Moreau

 

(1) http://www.fort-eben-emael.be/fr/au-sujet-du-fort/son-histoire/l-attack

 

 

GRANDS PRIX DE BELGIQUE ANNEES ’30

GP 1937 (2)

 

Voici quelques photos des Grands Prix d’avant-guerre. Ils avaient lieu sur l’ancien circuit de Spa-Francorchamps d’une longueur d’environ 14 Kms, tracé qui fut utilisé jusque dans les années’70. Les voitures empruntaient encore le virage de l’ancienne douane, qui fut en 1939 remplacé par le mythique virage du raidillon.

Mais il est surprenant de voir le nombre de spectateurs, qui pourrait rendre jaloux les organisateurs actuels, alors que peu d’entre eux disposaient d’un véhicule personnel, mais jusque dans les années’60, il était encore possible de rejoindre le circuit par le train, et l’accès au circuit nettement moins onéreux qu’aujourd’hui !

1931. Remporté par William Grover Williams et Carlo Alberto Conelli sur Bugatti.- moyenne 131 Kms/h

GP 1931GP 1931 (2)GP 1931 (3)GP 1931 (4)GP 1931 (5)GP 1931 (6)GP 1931 (7)

 

 1933 Remporté par Tazio Nuvolari sur Maserati

GP 1933GP 1933 (3)GP 1933 (4)

1934 Remporté par René Dreyfus sur Bugatti – moyenne générale 139,861 kms/h

GP 1934GP 1934 (2)GP 1934 (3)GP 1934 (4)GP 1934 (5)

1935 Remporté par Rudolf Caracciola sur Mercedes Benz- moyenne 143,518 Kms/h.

GP 1935GP 1935 (2)GP 1935 (3)GP 1935 (4)GP 1935 (5)

1937 Remporté par Rudolf Hasse sur Auto Union.- moyenne 167,189 Kms/h. – Lang dépassait le 310 Kms/h dans la descente de Masta.

GP 1937GP 1937 (2)

Documents : « Le Patriote Illustré »

Jo Moreau.

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REBATIR LA BELGIQUE

Le communautaire, qui s’était presque fait oublier ces derniers mois, rapplique à toute vapeur, agitant à nouveau le monde politique au Nord comme au Sud du pays (et surtout au centre…).

Il devient évident qu’il est largement temps de mettre un terme définitif à ces modifications incessantes de la structure de l’Etat belge, telles que nous les connaissons depuis une cinquantaine d’années, et qui sont le résultat d’interminables négociations qui occupent le landerneau politique, au détriment de problèmes bien plus préoccupant pour l’ensemble de la population.

Le monde politique francophone doit ouvrir enfin les yeux sur une réalité évidente : la Flandre désire une autonomie maximale, à défaut d’indépendance qui serait d’ailleurs en butte à l’hostilité d’un très grand nombre de pays européens.

Une partie de ceux-ci, et non des moindres, sont aux prises avec des problèmes similaires sinon identiques comme la France avec la Corse, l’Espagne avec le Pays basque et la Catalogne, la Grande-Bretagne et l’Ecosse, l’Italie et ses provinces du Nord, et ils verraient d’un très mauvais œil un séparatisme qui risquerait d’être un dangereux précédent dans l’Union Européenne.

Mais une issue unilatérale reste toutefois dans l‘ordre des possibilités. Toute négociation partielle, qui apporterait une solution bancale sur un problème ponctuel (aujourd’hui la scission de BHV), ne sera qu’une rustine de plus à la structure de l’état, en attendant la prochaine fuite qui ne manquera pas de se produire.

Qui a tort et qui a raison, qui a commencé, (voyez comme l’autre est de mauvaise foi) ? Questions futiles alimentant la fuite en avant actuelle, qui justifie le fonds de commerce de politiciens flamands nationalistes et francophones passéistes, surtout bruxellois pour ces derniers, il faut bien le reconnaître.

Sous la pression d’une opinion flamande avide de reconnaissance, les francophones ont accepté en son temps et du bout des lèvres le fédéralisme, à condition toutefois que rien ne change…

Mais voilà, la Flandre ne se satisfait plus de cet état de fait, d’avoir le sentiment, justifié ou non, de traîner comme un boulet une Wallonie empêtrée dans son idéologie «maison du peuple» du siècle dernier, bénéficiaire de transferts importants et imperméable à tout changement dynamique profond. Il faut bien constater que dans le sud du pays, la force d’inertie frileuse d’une large part de la population n’est pas prête d’évoluer, encouragée en cela par des partis clientélistes qui n‘ont pas le courage d‘embrayer sur le XXIe siècle, ou tenus en laisse par une alliance boiteuse avec un parti très engagé dans le communautaire.

L’escalade communautaire qui menace à nouveau est susceptible de nous placer devant un blocage institutionnel majeur, ce qui ouvrirait la porte à une ère de tous les dangers. Cette escalade est aussi bien alimentée par les prises de position de plus en plus extrémistes des flamands, aiguillonnés par une aile nationaliste active, que par le blocage systématique des francophones face aux initiatives flamandes, quelles qu’elles soient, aussi justifiées soient-elles.

Aussi nous avons le choix : ou bien nous continuons dans cette attitude de refus de principe des demandes nordistes, soit nous décidons enfin de nous mettre autour d’une table, non pour un rapiéçage ponctuel et éphémère, mais pour une véritable refonte définitive de l’état, en partant d’une page presque blanche, dans l’optique d’une Belgique radicalement reconstruite en profondeur, qui tiendrait compte des réalités actuelles, prenant lucidement en compte les aspirations légitimes de chacune de ses communautés.

Il est encore temps de négocier d’égal à égal, avant d’être mis un jour devant un douloureux fait accompli.

Je ne vois qu’un seul objectif réaliste : un Etat Central Belgique ne conservant que la politique étrangère, la défense, la banque centrale, un tronc commun minimal de sécurité sociale, et quelques enseignes à peu près vides mais seules aptes à traiter sur le plan européen et international (agriculture, sports, etc…), état central financé par des Etats-Régions bénéficiant d’une autonomie intégrale sur leurs territoires.

Ceci supposera bien entendu des négociations longues et difficiles, déchirantes pour beaucoup de francophones car cela suppose aussi bien l’abandon des facilités que l‘autonomie fiscale, comme pour beaucoup de flamands car il faudra bien parler du désenclavement de Bruxelles, la solution du problème de son financement etc….En effet, la fixation de la frontière linguistique et l’octroi des facilités font partie du même package, qu’on le veuille ou non.

Le principe même d’une nouvelle Belgique confédérale accepté et clairement mis sur les rails, je reste persuadé que de larges accords de coopération entre états-régions pourront voir le jour, car nous serons enfin débarrassés de toutes les arrières-pensées, les rancoeurs et les agendas cachés qui pourrissent journellement notre vie politique et citoyenne.

Un autre avantage de cette solution sera un électro-choc salutaire et indispensable pour la Wallonie, obligée de ne plus compter que sur elle-même, et d’appliquer des solutions réellement progressistes.Mais aussi le fait qu’un nombre non négligeable d’emplois seront créés, notamment dans les organismes actuellement nationaux, où les francophones sont notoirement sous-représentés ou sous-équipés.

Nous pourrons ainsi continuer à vivre dans un pays auquel pas mal d’entre nous sont viscéralement attachés, conscients de nos particularités et de tout ce qui nous rapproche, quoi qu’on en dise…

Voir autres billets dans la catégorie « Belgique » et « institutionnel ».

Jo Moreau