QUELQUES LARMES POUR UN PAYS SOUS RESPIRATEUR

leopold

Derrière le vandalisme se déchaînant sur les statues de Léopold ll, se profile le « belgium bashing », soutenu par les artisans très actifs de la disparition de la Belgique des cartes européennes. Tous les symboles du pays sont peu à peu effacés de l’espace public, ainsi que les noms de firmes ou de services qui rappelaient encore leur caractère belge. Belgacom est ainsi devenu Proximus, Brussels Airlines est le nom trouvé pour éviter que le nom Belgium -repoussé par la Flandre- n’apparaisse , Electrabel s’est paré du nom de Engie et je vous laisse le soin de compléter une (longue) liste.

Sous couvert de la dénonciation d’une colonisation qui fut ce qu’elle fut à l’époque où elle eut lieu, je ne crois pas que la reconfiguration de l’espace public se limitera à la disparition du nom et de l’image du seul Léopold ll, certaines statues de Baudouin entre autres ayant déjà subi des dégradations dans la perspective de la destruction de l’image d’une royauté qui représente encore l’unité du pays.

Je suis frappé par la véritable non-existence de la Belgique dans les commentaires des médias étrangers, sur quelque plan que ce soit, historique, social ou économique alors qu’on y cite régulièrement les Pays-Bas, par exemple. Notre pays est systématiquement ignoré, sauf lorsque des évènements négatifs locaux le rendent incontournable et si possible le ridiculisent. Cette non-existence n’est jamais rectifiée par nos diplomates ou par les services compétents.

Cet effacement n’est pas récent et détermine également les événements actuels. Quelles en sont les causes ?

La première, et sans doute la principale, vient de notre propre attitude à l’égard de notre pays, et de l‘image que nous en répercutons vers l‘extérieur. L’intelligentsia belge, largement relayé en cela par les médias notamment audio-visuels -mais pas seulement, a depuis une cinquantaine d’années choisi de systématiquement tourner en dérision, sinon de détruire, tout sentiment national en l‘assimilant parfois erronément au nationalisme, synonyme d‘impérialisme et de xénophobie.

Or notre pays est en train de crever par excès de démocratie (pas politique, je vous rassure). Alors que la majorité des nations en formation extirpèrent les particularismes des régions annexées, souvent de façon violente et coërcitive, l’ Etat belge les reconnut après quelques années, tout d’abord en adoptant le flamand, devenu Algemeen Beschaafd Nederlands, et ensuite l’allemand comme langues nationales, tandis que le wallon s’évaporait petit à petit et faisait place au français. Et dans une deuxième étape en modifiant la structure même de l’Etat vers des aménagements de plus en plus centrifuges. Justifiés ou non, ces « aménagements » voulus principalement par certaines fractions politiques utilisant principalement le romantisme comme argument politique, et confondant allègrement la situation sociale d’une grande partie de la population et l’usage des langues, favorisèrent la disparition d’un sentiment national belge naissant.

Cette reconnaissance de réalités régionales n’est pas propre à notre pays, et existe ailleurs, la Suisse en est un exemple. Mais alors que l’organisation politique y fut envisagée dans une perspective de rassemblement, les institutions belges sont aujourd’hui la résultante de déconstructions successives dont la finalité est la disparition pure et simple de l’état.

Nulle part dans le monde, un pays n’est autant dénigré par ses propres citoyens.

Contrairement au discours des indépendantistes, régionalistes ou rattachistes compulsifs de tous acabits, la Belgique n’est pas plus « artificielle » que la grande majorité des pays qui l’entourent, en partant de la France et passant par l’Allemagne ou l‘Italie (dont la construction étatique pour ces derniers est d’ailleurs ultérieure à celle de l’Etat belge). Partout, la fondation d’un pays est la conséquence de la volonté d’une élite, le résultat de guerres, d’annexions, d’alliances, d’unions et de désunions, et pratiquement jamais d’un peuple qui se lève un beau matin en disant : « tiens, si nous fondions aujourd’hui un pays indépendant » ? A quelques exceptions près, le sentiment national est fabriqué ultérieurement, et suit d’un nombre considérable d’années la création d’un Etat, et non le contraire. Et ce sentiment national est indispensable à l’émergence de l’Etat-Nation, par la perspective offerte à l’ensemble de ses citoyens d‘avoir un avenir en commun.

Ceci passe aussi par l’élaboration plus ou moins artificielle d’un passé en commun. J’appartiens à une génération qui collectionnait les chromos représentant des scènes d’histoire soi-disant nationale, de portraits de nos Gloires Nationales (sic) au cours des siècles où l’Etat belge n’existait pas, et comme écoliers nous étions régulièrement réquisitionnées pour participer à des célébrations diverses aux monuments aux morts. Toutefois, ceci pouvait être justifié par l’existence d’une région géographique où l’adjectif « belgique » fut utilisé couramment depuis l’époque romaine.

Tout cela a été escamoté fin des années 50, en faveur de la résurgence politique de micro-nationalismes internes, bien à la mesure de la stature de nos politiciens actuels, et destructeurs de toute idée d’Etat-Nation.

Malheureusement, cela a également eu pour conséquence d’occulter tout ce qui pouvait constituer un motif de fierté, remplacé aujourd’hui par la seule auto-glorification systématique du « surréalisme à la belge » (expression qui me donne des boutons) qu’on nous sort en toutes occasions, et qui a comme énorme avantage de ne rien vouloir dire. Les seules choses dont nous avons encore le droit de nous glorifier sont nos chocolats et nos frites, et de temps en temps nos sportives et sportifs.

Or la Belgique fut tout autre chose, et elle constitua pour différentes raisons un terreau qui lui permit entre autres d’être entre la deuxième ou quatrième puissance industrielle mondiale à la fin du XIX e siècle, et qu’y prospérèrent plusieurs courants artistiques novateurs. Elle devint le refuge d’un nombre considérable d’artistes et d’intellectuels fuyant leur propre pays.

 

Vous l’aurez deviné, je suis viscéralement attaché à ce pays au risque hélas de déclencher la compassion hilare de certains. Mais enfant, j’ai habité en Flandre, ensuite à Bruxelles, fait mon service militaire dans une des dernières unités bilingues, et enfin ai déposé mes valises en Wallonie pour des motifs professionnels.

Et je ne désire en aucun cas adhérer ou propager l’idéologie de la haine de l’autre communauté qui, des deux côtés de la frontière linguistique, est devenue le principal argument de l’action politique.

Jo Moreau.

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COVID19 : LA MYSTERIEUSE DISPARITION DE LA FREGATE LEOPOLD 1er

 

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Mise à jour du  26.04.2020 – 

Tout le monde connait, ou a du moins entendu parler du « Triangle des Bermudes », cette zone de l’Atlantique située au large de la Floride où se seraient produits de mystérieux naufrages de navires ayant disparu corps et biens, sans qu’une explication certaine puisse en être donnée.

Et voilà que le même phénomène proche du paranormal affecte la frégate belge « Léopold 1er », heureusement non pas sur le plan matériel, mais uniquement dans les commentaires officiels ou médiatiques français, qui depuis l’apparition de l’épidémie du covid 19, ignorent totalement ce bâtiment.

Voyons les détails connus de cette affaire.

Le F930 « Léopold 1er » et ses 155 membres d’équipage appareille le 23 février 2020 (1), avec mission de s’intégrer à la Task Force 473, Groupe aéronaval GAN 20, soit à l’escorte du porte-avions français le « Charles de Gaulle » avec présence en Méditerranée, dans l’Atlantique et en Mer du Nord. Il est également prévu la participation à un exercice commun impliquant la force aéronavale OTAN SNMG1 (Standing Nato Maritime Group one) et ce, du 20 au 22 mars.

Ce n’est pas la première fois que la participation à l’escorte du porte-avions français par une frégate belge est sollicitée, d’autres missions similaires ayant été assurées précédemment. L’équipement et la qualification « multi-fonctions » des frégates belges, anti-surface, anti-aérien et anti-sous-marins est en effet appréciée (y compris par l’US Navy qui sollicita en son temps la participation belge à une mission de sécurisation du détroit d’Ormuz, demande qui ne fut pas satisfaite (2)).

Avant de rejoindre le « Charles de Gaulle », le navire belge effectue une semaine d’entrainement au large de l’Espagne, avec une escale fin février à Malaga, au cours de laquelle une partie de l’équipage descend à terre.

L’ escadre maintenant au complet fait ensuite escale à Brest du 13 au 15 mars. Au vu de l’évolution de l’épidémie apparue en Europe, l’accès au porte-avions n’est pas autorisé aux parents des marins, mais ceux-ci peuvent descendre à terre pour une rencontre familiale.

Revenons au Léopold 1er.  Un cas de contamination est détecté à bord après l’escale de Brest, soit le 16 ou 17 mars (?). Aussitôt avisé, le Ministère de la Défense prend immédiatement la décision de mettre prématurément fin à la mission (3). Le navire fait alors route vers Den Helder, où le marin est débarqué le 20 mars, et le Léopold 1er arrive à Zeebrugge, son port d’attache, le 27 mars. Trois membres d’équipage sont mis en quarantaine préventive à l’ERM, et 36 autres confinés à domicile (4).

Du côté français, la Ministre des Armées affirme n’avoir été avisée que le 7 avril de la présence d’une quarantaine de militaires infectés par le covid19 à bord du « Charles de Gaulle » (5), et a immédiatement donné l’ordre de mettre fin à la mission. Le navire rejoint Toulon le 12 avril, où on constate la contamination de plus d’un millier de membres d’équipage, dont 545 présentent des symptômes.

Toutefois, des témoignages non confirmés mettent en cause le commandement du navire :

« Plusieurs marins ou proches de marins ont dénoncé, dans des médias français et sous couvert de l’anonymat, un encadrement dépassé par les événements. Un des militaires à bord du « Charles de Gaulle », lui-même testé positif au Covid-19, s’est confié à France Bleu : il accuse l’armée d’avoir « joué avec [leur] santé, [leur] vie ». Selon lui, des marins auraient signalé des symptômes dès l’escale de Brest et le commandant du porte-avions aurait alors proposé d’interrompre la mission, ce que le ministère des Armées aurait refusé. (Le Parisien) ». Cela est toutefois démenti par le ministère. (6)

Alors que les autres navires de l’escorte sont épisodiquement nommés dans les communiqués français ou lors de débats, (des bâtiments français, allemand, portugais, espagnol), le Léopold 1er, qui semble le seul affecté par le covid19 en-dehors du Charles de Gaulle, est complètement ignoré.

Pourquoi ? On peut évidemment émettre l’idée que les autorités militaires et gouvernementales françaises ne désirent pas qu’une comparaison soit faite entre la réactivité respective des responsables militaires et politiques des deux pays. On peut aussi soupçonner que pour une question de prestige, on ne pouvait mettre en cause la participation a l’exercice commun avec le SNMG1 dont il est question plus haut.

Il ne s’agit évidemment ici que d’un épisode tout-à-fait anecdotique dans cette pandémie, j’en conviens aisément, et mes conclusions sont peut-être abusives et sans rapport avec la réalité.

Reste le fait que nos propres responsables ont parfaitement maîtrisé la situation.

Jo Moreau

(1) https://defencebelgium.com/2020/02/25/la-fregate-leopold-ier-part-en-mission-de-deux-mois-pour-escorter-le-porte-avions-francais-charles-de-gaulle/

(2) https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-fregate-leopold-ier-prend-le-large-vers-l-ocean-atlantique?id=10284520

(3) https://www.rtbf.be/info/dossier/epidemie-de-coronavirus/detail_coronavirus-en-belgique-la-fregate-leopold-1-de-la-marine-rentre-a-zeebruges-suite-a-un-cas-de-contamination-a-bord?id=10467492

(4) Dernier paragraphe de :

https://www.rtbf.be/info/dossier/epidemie-de-coronavirus/detail_coronavirus-comment-le-porte-avions-charles-de-gaulle-est-il-passe-de-50-a-700-contaminations?id=10483366

(5) http://www.leparisien.fr/politique/covid-19-sur-le-charles-de-gaulle-ce-que-l-on-sait-de-la-contamination-de-1046-marins-18-04-2020-8301873.php

(6) http://ensemble-finistere.eklablog.com/covid-19-le-commandement-du-charles-de-gaulle-a-ete-depasse-par-l-epid-a185132746

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COVID19 ET MAMAN NATURE

peste

Depuis le début de la pandémie du covid19 à laquelle nous sommes confrontés, s’élèvent certaines voix d’illuminés pseudo-écologistes qui, comme au Moyen-âge, la considère comme une juste punition des méfaits de l’homme à l’égard de Maman nature. Ils profitent également de ces événements pour impliquer le développement de cette pandémie avec …le réchauffement climatique.

C’est oublier un peu vite que l’humanité a été de tous temps victime d’épidémies dévastatrices, dont voici une évocation très incomplète, et limitée à l’Europe.

 

430 – 426 avant JC : Peste d’Athènes – environ 70.000 morts.

165 – 189 : Peste antonine (variole ?) – environ 10 millions de morts

541 – 747 : Peste de Justinien – 25 à 50 millions de morts

1348 – 1352 : Peste noire – environ 25 millions de morts, soit 50% de la population européenne.

1629-1631 : Peste italienne – 1.100.000 morts (25% de la population italienne)

1664 : Grande peste de Londres environ 100.000 morts.

1675 – 1676 : épidémie de peste maltaise

1720 : Peste de Marseille – environ 100.000 morts en Provence.

En-dehors des grandes épidémies de peste reprises ci-dessus, de très nombreuses résurgences ponctuelles ont surgi en de nombreux endroits.

1779 – épidémie de dysenterie en France. Environ 175.000 morts. (Nombreuses autres épidémies ponctuelles dans l’Histoire)

1823 : épidémie de choléra

1832 – 1833 : Choléra – environ 160.000 morts

1840 – 1860 : Choléra – 1 million de morts en Russie.

1863 – 1875 : Choléra

1899 – 1923 : Choléra

1918 – 1919 : Grippe espagnole – 25 à 50 millions de morts.

1957 – 1958 : grippe asiatique H2N2 – environ 2 millions de morts dans le monde.

1968 – 1969 : grippe de Hong Kong (ou grippe asiatique) – un million de morts dans le monde

1981 – ? : Sida VIH – Environ 36 millions de morts dans le monde à ce jour.

2003 : SRAS Syndrome Respiratoire Aigu Sévère.

2009-2010 : Grippe H1N1 –

Rougeole : persistance depuis le 7e siècle avant JC,  – 200 millions de morts à ce jour.

Variole : persistance depuis 10000 avant JC- déclarée éradiquée en 1977 – 300 millions de morts.

Tuberculose : persistance depuis l’apparition de l’humanité.

Poliomyélite – déclarée éradiquée en Europe depuis 2002.

Grippe saisonnière – 250 à 500.000 morts annuels dans le monde.

Maman nature, qui est plutôt une marâtre, avait déjà sévi avant même l’apparition de l’homme et jusqu’à aujourd’hui, par de multiples et dévastatrices catastrophes météorologiques et géologiques, par de constants phénomènes volcaniques, océaniques, sismiques etc…

Il serait donc plus avisé de dire que l’espèce humaine doit constamment se protéger des pièges mortels que Maman nature s’ingénie à multiplier autour d’elle !

Jo Moreau.

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