LA LIMITE DE 2°C, SINON C’EST LA CATASTROPHE

belgotopia (19)

Tous les lanceurs d’alerte climatique sont d’accord : nous devons impérativement limiter l’augmentation des températures à 2°C, sous peine de catastrophe irréversible pour la planète, l’espèce humaine et la civilisation.
Le G7 a reconnu cette limite en 2015, de même que la COP21, et toutes les études et conférences climatiques ultérieures.
Notons que le professeur Schellnhuber dont il est question dans l’article, a ensuite abaissé cette limite à 1,5°C.
Je reprends ici les principaux passages d’un article paru dans le « Spiegel online » en avril 2010 (1), car malgré l’ancienneté de ce texte, il est toujours pertinent dans son récit de la création de cette limite, qui connut ensuite le succès fulgurant qu’on lui connait.
Comme d’habitude, il s’agit d’une traduction maison.
Jo Moreau
Les modèles climatiques impliquent certains des calculs les plus exigeants de toutes les simulations, et seuls quelques instituts dans le monde disposent des superordinateurs nécessaires.
Tout cela est trop compliqué pour les politiciens, qui ont besoin de notions simples.
Pour cette raison, un groupe de scientifiques allemands cédant à la pression politique, a inventé au milieu des années 90 un message facile à diffuser : pour éviter des dommages encore plus importants aux êtres humains et à la nature, il faut limiter l’augmentation de la température terrestre à deux degrés Celsius par rapport à ce qu’elle était avant le début de l’industrialisation.
C’était une estimation assez audacieuse. Néanmoins, les pouvoirs en place disposaient enfin d’un concept simple qui leur permettait d’argumenter. L’histoire d’une réussite incroyable était sur le point d’apparaître.
« CLAIREMENT UN OBJECTIF POLITIQUE »
Une idée scientifique a rarement eu un impact aussi fort sur la politique mondiale. La plupart des pays ont désormais reconnu la limite des « deux degrés ». Si cette limite était dépassée, le ministre allemand de l’environnement, Norbert Röttgen, a prévenu avant l’échec du sommet de Copenhague que « la vie sur notre planète, telle que nous la connaissons aujourd’hui, ne serait plus possible ».
Mais cela est un non-sens scientifique. « Deux degrés ne sont pas une limite magique – c’est clairement un objectif politique », déclare Hans Joachim Schellnhuber, directeur de Potsdam Institute for Climate Impact Research  (PIK). « Le monde ne s’arrêtera pas tout de suite en cas de réchauffement plus important, et nous ne sommes pas non plus définitivement sauvés si le réchauffement n’est pas aussi important. La réalité, bien sûr, est beaucoup plus compliquée. »
Schellnhuber devrait savoir : c’est lui le père de la limite des « deux degrés ».
« Oui, je plaide coupable », dit-il en souriant. L’idée n’a pas nui à sa carrière. En fait, il a fait de lui le climatologue le plus influent d’Allemagne. Schellnhuber, un physicien théoricien, devint le conseiller scientifique en chef de la chancelière Angela Merkel – une position enviée par tout chercheur.
REGLE DE BASE
L’histoire de la limite des « deux degrés » avait commencé devant le Conseil consultatif allemand sur le changement global (WBGU). A la demande des politiciens de l’administration élaborant des directives sur la protection du climat, les scientifiques sous la direction de Schellnhuber ont eu une idée étonnamment simple. « Nous avons regardé l’histoire du climat depuis l’émergence de l’homo sapiens », se souvient Schellnhuber. « Cela nous a montré que les températures mondiales moyennes au cours des 130 000 dernières années variaient dans une fourchette de deux degrés avant le début de la révolution industrielle. La prudence nous incita à ne pas nous écarter de ce champ d’expérience dans l’évolution humaine, sinon nous marchions en terra incognita. « 
En y regardant de plus près et aussi attrayant qu’elle puisse paraître, cette approche se révèle être un tour de passe-passe. Les humains étant les survivants d’une ère glaciaire, pendant des milliers d’années ils ont lutté pour survivre dans un climat d’au moins quatre degrés et parfois même plus de 8 degrés plus froid qu’aujourd’hui.
Cela signifie que, dans l’ensemble, l’humanité a survécu à des fluctuations de température beaucoup plus importantes que deux degrés. Et les périodes froides ont toujours été les pires. En outre, les civilisations modernes disposent aujourd’hui de moyens techniques importants susceptibles de leur permettre de s’adapter au changement climatique.
Depuis que la première estimation approximative a été faite, de nombreuses autres bonnes raisons sont apparues pour soutenir l’objectif de « deux degrés », dit Schellnhuber. Dans le même temps, l’apparition constante de nouvelles études a également rendu la situation beaucoup plus complexe.
COMPLETEMENT SPECULATIF
Mais à quoi servent toutes les prédictions ? Il est assez difficile de calculer exactement dans quelle mesure les températures vont augmenter dans les prochaines décennies. Prédire avec précision si le réchauffement des températures profitera au tourisme ou nuira à la biodiversité résulte d’une spéculation pure.
« Bien sûr, les conclusions de la recherche sur l’impact climatique ne sont pas aussi fiables que nous le souhaitons », admet M. Schellnhuber. « Mais nous ne pouvons pas empiler 10 000 études de « Science » et « Nature » sur les bureaux de nos dirigeants politiques. En tant qu’experts, nous devons condenser ce grand nombre d’analyses en des scénarios plausibles. »
Les critiques disent que les chercheurs sur l’impact climatique sont allés trop loin dans leur rôle de conseillers politiques. « L’objectif de « deux degrés » n’a pas grand ‘chose à voir avec la science sérieuse », déclare Hans von Storch (2). Beaucoup de mes collègues scientifiques, ajoute-t-il, se considèrent maintenant abusivement comme des activistes politiques qui veulent agir. Cela nuit à la crédibilité de la science dans son ensemble, ajoute-t-il, et constitue également une cause du scandale du « Climategate », et du travail bâclé du GIEC.
« Malheureusement, certains de mes collègues se comportent comme des prédicateurs, qui présentent leurs résultats avec une telle précision qu’ils les adaptent à leurs sermons », explique Von Storch. « Ce n’est certainement pas un hasard si toutes les erreurs qui ont été rendues publiques ont toujours été celles qui avaient tendance à l’exagération et à l’alarmisme. »
« COMPLETEMENT ABSURDE »
De tels soupçons irritent le directeur du PIK, Hans Joachim Schellnhuber, spécialement lorsqu’ils sont dirigés contre lui ou son institut. Il se défend d’être un activiste environnemental ou quelqu’un qui agit uniquement pour des raisons politiques.
« C’est complètement absurde ! » dit-il vivement. « Je ne participe pas aux marches de protestation, je ne suis pas membre du Parti vert, j’aime manger de la viande et je conduis une BMW. Et je n’ai pas non plus étudié la physique pour devenir climatologue. »
« Si je suis passager sur un navire et que je vois, à travers mes jumelles, que nous nous dirigeons vers un iceberg », dit Schellnhuber, « je dois avertir le capitaine immédiatement ».
Mais à quelle distance se trouve cet iceberg ? Combien de temps reste-t-il pour modifier la route du navire ? Et quel est le risque de collision ? Ce sont des questions clés. En réalité, il ne s’agit pas d’arrêter un paquebot de luxe, mais de provoquer l’effort massif nécessaire pour mettre fin au plus vite à l’usage des combustibles fossiles.
LE TEMPS DE REAGIR
« Nous, climatologues, ne pouvons que décrire les futurs possibles », souligne Von Storch. « Il est également possible que les choses soient complètement différentes. »
Marco Evers, Olaf Stampf et Gerald Traufetter

(1) http://www.spiegel.de/international/world/climate-catastrophe-a-superstorm-for-global-warming-research-a-686697-8.html

(2) Hans Von Storch est climatologue – Professeur au Meteorological Institute Université de Hambourg (D) – Directeur Institut pour la Recherche Côtière, il est un des pionniers de la modélisation climatique. Il ne conteste pas l’influence des activités humaines sur le climat.

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COTES DE FLANDRE, SUBMERSIONS FAITS ET LEGENDES

 

Les côtes de Flandre n’ont pas toujours été aussi paisibles qu’aujourd’hui, et je n’oublie pas le raz-de-marée du 31 janvier 1953 qui toucha les Pays-Bas et notre littoral, faisant plus de 1800 morts et des dégâts considérables. (photo : à Ostende).

Pêchés dans diverses chroniques et ouvrages (notamment “La Flandre mystérieuse” de Saint Hilaire), j’en ai fait une compilation qui n’a bien entendu aucune prétention scientifique ou historique, mais ces événements avaient laissé une trace dans la mémoire populaire, trace qui a hélas fortement tendance à s’effacer.

J’y ajoute quelques événements survenus en France et aux Pays-Bas, dont on peut raisonnablement penser au vu de leur localisation, qu’ils eurent des conséquences sur nos côtes.

On peut aussi méditer sur la phrase :

 “Ce qui a été sera, et nul n’est à l’abri”.

Jo Moreau

 

– Lors de grandes tempêtes, des objets qui s’échouent parfois sur la plage de KOKSIJDE attestent de la présence au large, d’anciens habitats datant des premiers siècles de notre ère.

– Vers l’an 400, la 2e transgression dunkerquienne vit la mer pénétrer de 10 Kms à l’intérieur des terres. Ces transgressions sont accompagnées de raz-de-marée, véritables tsunamis.

– Ve siècle. La cité de EECKE (F) fut engloutie en une nuit au Ve siècle. Le site est aujourd’hui un marais à proximité de MERKEGHEM (F), qui fut elle-même engloutie .

– Vllle siècle régression marine dite régression carolingienne. Recul de la Mer du Nord après la transgression marine Dunkerque ll.

– Vers l’an 1000, 3e transgression dunkerquienne. La mer revient dans l’estuaire de l’Yser.

– Anno 1014 le 29 septembre- L’ancien village de KNOC et plusieurs villages côtiers furent engloutis par un raz de marée, faisant plusieurs milliers de morts.

– Anno 1042 le 2 novembre . Un énorme raz-de-marée ravage la Flandre et la Zélande.

– Anno 1045 Submersion des côtes de Flandre par la mer.

– Anno 1108 Une grande partie de la Flandre est submergée par un raz-de-marée, forçant de nombreux habitants à l‘exil; beaucoup s‘établirent dans le Pembrokeshire sur autorisation du Roi Henry 1er. La ville et le port de OOSTENDE sont totalement submergés.

– Anno 1134 Raz-de-marée sur les côtes de la Mer du Nord en septembre ou en octobre. Une nuit, la mer envahit les terres sur une profondeur de 7 miles, “renversant les villages et les habitations” . La catastrophe touche la Flandre et les pays voisins.

– Anno 1176 : La mer submerge les côtes du Lincolnshire et de Hollande, occasionnant de nombreux morts par noyade. Il fallut 2 jours pour que la mer se retire

– Anno 1248 : raz de marée aux Pays-Bas. Submersions marines signalées en Allemagne et en Angleterre, causant de nombreux morts.

– Anno 1250 : Le 01 octobre, il y eut un ouragan sur la mer et dans les terres. La mer submergea la région du Winchelsea dans le Sussex, et le bruit des vagues qui s’entrechoquaient s’entendait sur de grandes distances. Il y eut de nombreux naufrages. Plus de 300 maisons et églises furent détruites par les flots. D’inestimables dommages furent constatés également en Hollande et dans d’autres régions d’Europe.

– Anno 1322 : Raz de marée aux Pays-Bas et en Flandre.

– Anno 1334 : L’ancien village de SCORPHOUT fut englouti lors du raz de marée de 1334, avec sa forteresse et son église. Il se situe au large de l’actuel BLANKENBERGHE. A la fin du Moyen-Age, on pouvait encore apercevoir à marée basse très prononcée, les murailles du bourg.

– Anno 1362 : À la mi-janvier, Un énorme coup de vent du sud-ouest en provenance de l’océan Atlantique a balayé l’Irlande, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et le nord de l’Allemagne, faisant au moins 25.000 morts . Des bâtiments, des tours, sont détruits. Comme la tempête a atteint la mer du Nord, il se combine avec des grandes marées pour produire le phénomène le plus redouté par les communautés côtières : une onde de tempête. La tempête a soufflé pendant 6 ou 7 jours. Beaucoup de constructions qui n’avaient pas été détruites durent l’être ensuite, tellement ils furent endommagés.

– Anno 1367 : En décembre, une violente tempête souffla sur la Flandre, le Brabant et la Picardie. Plusieurs villages de la côte furent détruits par la mer.

– Anno 1377 : Raz de marée aux Pays-Bas et en Flandre . Il y eut 50.000 morts.

– Anno 1382 : En janvier, tempête sur la Manche qui détruisit de nombreux navires. Beaucoup d’habitations sont détruites.

– Anno 1394 : en janvier grande tempête qui vit l’engloutissement notamment de l’ancien OOSTENDE.

– Vestiges de la cité de NIEWE YDE sous les dunes, au lieu dit Vloedgat, à OOSTDUINKERKE . Le village avait été détruit précédemment par la mer lors de la grande tempête de 1394.

– Anno 1403 : Le 25 novembre, violente tempête sur les côtes de la Mer du Nord.

– Anno 1404 : le 19 novembre, une grande partie de la Flandre est sous eau. Des vagues “monstrueuses” rompent les digues.

– Anno 1421 : Le (18)19 novembre  grandes inondations aux Pays-Bas. Le 18 novembre, une terrible tempête, dévaste les côtes hollandaise, belge et allemande. La marée qui en résulte, appelée « Raz de marée de la Sainte Elisabeth » défonce les fragiles digues de protection, et inonde les polders. Cette tempête est parmi l’une des catastrophes météorologiques les plus meurtrières de l’Histoire en Europe occidentale : environ 100 000 personnes perdent la vie, noyées dans les eaux froides et sombres en furie de la Mer du Nord. Ce terrible raz-de-marée est à l’origine de la formation du Biesbos, une région de réserve naturelle aux Pays-Bas.(certains situent ces faits en 1446).

– Anno 1481: Inondations catastrophiques sur les côtes des Pays-Bas.

– Anno 1530 : En novembre-décembre, inondations suite à un raz-de-marée aux Pays-Bas et en Flandre . Calais, Anvers, Dunkerque, Gravesend (Angleterre) et les côtes danoises sont ravagées.  On dénombre de 100.000 à 400.000 morts

– Anno 1532 : Nouveau raz-de-marée aux Pays-Bas.

– Anno 1568 : Le 18 mars, ouragan sur l’Angleterre et les Pays-Bas causant de grandes destructions.

– Anno 1570 : Raz de marée aux Pays-Bas et en Flandre du 10 au 12 novembre, plus de 20.000 morts sont dénombrés. L’ eau atteint une hauteur exceptionnelle. Elle fut de 4m15 dans l’église de Scheveningen. Nombreuses destructions à Anvers.

– Anno 1573 : le 1 septembre, raz-de-marée en Hollande.

– Anno 1601 : Le 26 octobre, une tempête particulièrement violente cause de hautes marées et une inondation importante à OOSTENDE.

– Anno 1602 : Les 23 et 24 février, violente tempête sur les côtes de Flandre. Importantes inondations dans le nord de la France.

– Anno 1604 : le 01 mars, violente tempête sur OOSTENDE et en Flandre. Le niveau de la marée « est le plus haut de ces 40 dernières années ».

– Anno 1618 : L’année fut caractérisée en Europe par « une succession extraordinaire de tempêtes, inondations par les rivières et submersions marines, séismes et météores dans les cieux ».

– Anno 1643 : En janvier, grandes inondations aux Pays-Bas par submersion marine. Nombreux dégâts aux digues et aux constructions. On voit les cadavres flotter sur l’eau.

– Anno 1646 : Grandes inondations par submersion marine aux Pays-Bas et au Danemark. On dénombre 10.000 morts. Aux Pays-Bas, 300 villages sont touchés.

– Anno 1682 : Raz-de-marée aux Pays-Bas.

– Anno 1703 : Les 7 et 8 décembre, violente tempête sur le sud de l’Angleterre, le nord de la France, les Flandres, les Pays-Bas, L’Allemagne et le Danemark.

– Anno 1717 : Le 25 décembre, grandes inondations en Flandre et aux Pays-Bas. Il y a plus de 12000 morts. La région et la ville de Namen aux alentours de Saaftingen fut définitivement engloutie. Le Danemark fut également touché.

– Anno 1731 : Le 17 décembre, violente tempête sur les Pays-Bas, qui produit à Rotterdam « la plus haute marée de mémoire d’homme ».

– Anno 1735 : Le 8 janvier, une violente tempête souffle sur l’Angleterre, la France et les Pays-Bas. De nombreuses maisons sont détruites à Londres. Naufrages de plusieurs navires. Les averses qui accompagnent cette tempête causent de nombreuses inondations avec de grandes pertes de bétail, tandis que les gens doivent se réfugier sur les étages et les toits des maisons. Le 19 janvier, forte tempête sur l’Angleterre, le nord de la France et la Belgique.

– Anno 1747 : Le 1 décembre, violente tempête sur Londres. Nombreux naufrages sur les  côtes de l’Angleterre du Danemark et des Pays Bas. L’ouragan touche Bruxelles

– Anno 1750 : En mars, OOSTENDE est inondée suite à une « grande violence des flots » qui est aussi la cause de naufrages.

– Anno 1755 : Important tremblement de terre à Lisbonne suivi d’un raz de marée. 60.000 morts. Le tsunami qui s’ensuit est ressenti jusque sur les côtes de Flandre

– Anno 1756 : Le 6 octobre, ouragan sur l’Angleterre, l’Irlande et les Pays-Bas.

– Anno 1760 : Aux Pays-Bas, on dénombre 300 naufrages dus à différentes tempêtes du 29 septembre au 31 décembre.

– Anno 1776 : Le 28 novembre séisme sur les côtes de Flandre et du Pas-de-Calais.

– Anno1777 Le 31 décembre – L’ancien village de ZUYDCOOTE (F) fut englouti par le sable suite à une effroyable tempête. La tour de l’église émergeait des sables jusqu’à son dynamitage par les Allemands en 1943.

– Anno 1781 : Le 3 mars, un ouragan et des inondations causent de grands dommages en France, en Flandre et aux Pays-Bas.

– Anno 1788 Le 13 juillet, ouragan sur le centre et le nord de la France, les Flandres et les Pays-Bas, nombreuses destructions

– Début XlXe siècle à KNOKKE : le fort construit par Napoléon fut peu à peu englouti par la mer. Il se situe à environ 1 km au large du KNOKKE actuel.

– Anno 1808 : Les 14 et 15 janvier, raz-de-marée aux Pays-Bas et en Flandre.

– Anno 1820 : Le 23 janvier, raz-de-marée aux Pays-Bas.

J’ai arrêté là mes recherches.

Et encore deux faits que je n’ai pu dater :

OUDENBURG. Ancien port important, qui ne comptait plus en 1786 que 200 habitants par suite du retrait de la mer.

WENDUYNE – La légende dit qu’on entend les orgues de l’église engloutie jouer le Dies Irae à marée basse.

 

 

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LE JOURNALISTE ET LE CHANGEMENT CLIMATIQUE, INFORMATION OU ACTIVISME

belgotopia (27)

A plusieurs reprises, j’ai dénoncé (parmi d’autres) la soumission complice d’une grande majorité de journalistes aux thèses du GIEC, officine de l’ONU, quant à l’avenir climatique catastrophique de la planète provoqué par l’homme (1).  Ce ralliement sans aucune nuance s’observe à des degrés divers au niveau mondial . De façon plus générale, cette soumission s’observe aussi par rapport aux ONG « environnementalistes » telles que GREENPEACE ou le WWF, très actives dans le domaine climatique, dont les communiqués idéologiquement et politiquement orientés et souvent contestables sont repris sans aucune vérification ni réserve par nos médias, tels parole d’évangile.

Alan Rusbridger est le directeur du collège LMH Oxford, est membre du « The Scott trust », propriétaire du Guardian et de l’Observer, et fut rédacteur en chef du Guardian. Dans l’entretien repris par le site du Global Editors Network,  il justifie de façon péremptoire l’obligation pour le journaliste de se transformer en propagandiste du changement climatique causé par l’homme, et d’oublier pour ce faire tout souci d’objectivité (2). Cet entretien est en fait un échange sous forme de questions-réponses avec d’autres représentants de médias, mais je n’en reprends ici que les éléments les plus significatifs  dans une traduction maison, comme d’habitude.

Il y reprend presque mot pour mot l’affirmation faite en juillet 2000 par Gelbspan Ross,  éditeur du Boston Globe : « Non seulement les journalistes n’ont pas à rendre compte de ce que disent les scientifiques sceptiques, ils ont la responsabilité de ne pas en rendre compte ». Tout était déjà dit, et l’injonction scrupuleusement suivie par l’ensemble des médias, pour des raisons diverses et variées …

Jo Moreau

Les journalistes ont le devoir de ne pas être impartiaux quand il s’agit de changement climatique.

Le changement climatique se déroule comme une catastrophe au ralenti. Ses effets ne sont pas toujours immédiatement visibles, ce qui le rend beaucoup moins excitant que la consultation des tweets de Trump.

Si nous croyons qu’il s’agit du fait le plus important au monde,  ce qui est probablement le cas, et que vous regardez comment cela se traduit dans la couverture médiatique, il y a une terrible inadéquation entre l’importance historique de cette histoire et la couverture qui lui est réservée par les médias.

Tout est histoire de changement climatique. Il faut mettre cela en avant dans vos salles de rédaction. Qu’il s’agisse de l’immigration, de la sécurité, de la nourriture, de l’économie, de la politique, de tout ce qui est affaire de spécialistes, vous devez y impliquer le changement climatique.

Nous devons utiliser toutes nos compétences de journaliste pour dramatiser le sujet et rendre notre reportage inébranlable, car nous serons attaqués.

A la question ; « Le journalisme sur le changement climatique devrait-il être plus proche de l’activisme ? », Alan Rusbridger répond : Si vous croyez comme moi que la science est largement réglée, que le changement climatique est une terrible menace pour l’espèce humaine, si vous croyez que l’immense majorité de la science le confirme, alors nous avons le devoir de ne pas être impartiaux.

Nous avons le devoir d’adopter le point de vue des scientifiques et de ne pas perdre de temps à se demander s’ils ont raison ou non.

 

 

 

 

 

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GREENPEACE ET CONSENSUS , INTERVIEW DE WILLIAM HAPPER

Cette interview fut reprise par l’excellent site WUWT en janvier 2017 (1). William Happer y aborde ses démêlés avec la toute-puissante ONG idéologico-politique GREENPEACE. Il redéfinit ce que doit être un véritable travail scientifique, par opposition à la dictature du consensus.

J’en reprends ici quelques paragraphes dans une traduction « maison ».

Jo Moreau.

William Happer est physicien, professeur émérite au département de physique de l’Université de Princeton. Membre de longue date de JASON, un groupe de scientifiques qui fournit des conseils indépendants au gouvernement des États-Unis sur les questions relatives à la science, à la technologie et à la sécurité nationale, Happer a été directeur du Bureau of Science de l’US Department of Energy de 1991 à 1993.

Plus connu du grand public en tant que critique du «consensus» du GIEC sur le réchauffement climatique, il a été appelé fréquemment à témoigner parmi divers comités d’experts sur le réchauffement climatique devant le Congrès américain. En 2015, il s’est retrouvé au centre d’une controverse impliquant une opération dite « sting » organisée par Greenpeace (2).

(…)

En regardant les nouvelles du soir, j’étais souvent indigné par les approximations assénées par des intervenants lamentables et scientifiquement ignorants sur le CO2 et le climat.

Greenpeace est l’une des nombreuses organisations qui ont fabriqué une image alarmiste sur la menace supposée du réchauffement climatique. Ils sont incapables de la défendre sur base d’ arguments scientifiques. Donc, ils diabolisent non seulement le «polluant» supposé, le CO2 atmosphérique, mais aussi les scientifiques qui semblent réfuter efficacement leur propagande.

Je suppose que je devrais être flatté d’être l’une des cibles de Greenpeace : « Je mehr Feinde, Je mehr Ehre » (« plus d’ennemis, plus d’honneur »), comme le dit le vieux dicton allemand. Les conséquences sont plus légères pour moi, que celles subies par des scientifiques comme Willie Soon, Patrick Michaels et d’autres, qui ne sont pas seulement vilipendés, mais subissent également certaines conséquences dans leur vie professionnelle.

L’attaque de Greenpeace eut également comme conséquences de nombreux appels téléphoniques et des courriels hostiles et obscènes avec des menaces à mon égard, envers ma famille et même mes petits-enfants.

Greenpeace et d’autres éléments encore plus fanatiques de la mouvance du réchauffement planétaire adhèrent pleinement à l’idée que leur finalité idéologique – l’élimination des combustibles fossiles – justifie la mise en oeuvre de tous les moyens, y compris la falsification de données scientifiques et la destruction de l’image de leurs adversaires.

La position officielle du GIEC est la suivante :
– Le réchauffement climatique est un fait établi.
– Les activités humaines en sont la cause.
– C’est un problème majeur pour l’humanité.
– Une action à l’échelle planétaire est nécessaire pour l’endiguer.

« Le réchauffement climatique est un fait bien établi ». Cette déclaration n’est que à moitié vraie. Une déclaration plus correcte serait que «le réchauffement climatique et le refroidissement global sont des faits bien établis». Depuis l’année 1800, la Terre s’est réchauffée d’environ 1 ° C, une grande partie de ce réchauffement ayant eu lieu avant toute augmentation notable du CO2 atmosphérique. Il y a eu un refroidissement assez important dans les années 1940 à 1975. Il n’y a eu pratiquement aucun réchauffement au cours des 20 dernières années, lorsque les niveaux de CO2 ont augmenté le plus rapidement. La même alternance de réchauffement et de refroidissement a caractérisé le climat de la Terre pour toute l’histoire géologique.

La tentative récente de la NOAA d’effacer le « hiatus » est un exemple du même processus de pensée qui a guidé le traitement du graphique dit « la crosse de hockey ». Si les observations ne concordent pas avec la théorie politiquement correcte, révisez les observations.

Si une théorie n’est pas confirmée par les observations, c’est qu’elle est fausse. La clé de la science réside dans cette simple déclaration.

Je ne doute pas que la terre se soit réchauffée depuis la fin du « petit âge de glace », mais je suis persuadé que la plus grande partie du réchauffement était dû à des causes naturelles, sur lesquelles les gouvernements n’ont aucune prise. Je suis déconcerté par les tentatives hystériques de maintenir des niveaux de CO2 inférieurs à 350 ppm, ou toute autre valeur apparemment choisie par la numérologie de la Cabale, et non par la science.

Il est frappant de constater que de nombreux sceptiques déclarés, comme moi, soient à la retraite. A part nous assassiner, les partisans du consensus climatique n’ont dès lors pas beaucoup de prise sur nous. Mais les jeunes universitaires savent très bien qu’ils risquent leur carrière s’ils expriment le moindre doute quant à la théorie du réchauffement climatique.

Historiquement, la revendication de l’existence d’un consensus des scientifiques a été le premier refuge des falsificateurs. C’est le moyen d’éviter le débat en affirmant que la question est déjà réglée. Chaque fois que vous entendrez proclamer qu’un consensus des scientifiques s’accorde sur quelque chose, préparez votre portefeuille.

Soyons clairs: un consensus n’a rien à voir avec la science. Le consensus est l’affaire de la politique. La science, au contraire, se suffit d’un seul chercheur qui ait des résultats vérifiables par des observations, et qui soient reproductibles. Les plus grands scientifiques de l’histoire sont remarquables précisément parce qu’ils ont rompu avec le consensus de leur époque.

Il n’existe pas de science de consensus. Si c’est un consensus, ce n’est pas de la science. Si c’est de la science, il n’est pas besoin de consensus. Point à la ligne.

La preuve que le CO2 est un polluant tellement redoutable que nous devons renoncer à la démocratie, punir les «sceptiques» et appauvrir une grande partie du monde en éliminant l’utilisation des combustibles fossiles apparaît de plus en plus comme une preuve fantôme. Et si vous ne parvenez pas à trouver de véritables preuves scientifiques pour justifier l’alarmisme, fabriquez-en par des graphiques de « crosse de hockey », niez les hiatus et débarrassez-vous de vos contradicteurs dès que possible.

Pendant la Grande Terreur de Staline, Léon Trotsky et ses partisans étaient semblables aux « sceptiques » actuels . Ils étaient une menace directe pour le contrôle de Staline sur le mouvement communiste mondial, tout comme les sceptiques du climat sont considérés aujourd’hui comme une menace existentielle pour la mouvance du réchauffement climatique.

(1) https://wattsupwiththat.com/2017/01/10/the-william-happer-interview/

(2) « Sting » était une opération d’infiltration de Greenpeace, visant à discréditer les scientifiques « deniers », en dévoilant leurs relations avec des groupes industriels. Happer avait accepté de produire un document sur les avantages du CO2, en contrepartie sa rémunération devait être versée au bénéfice du groupement « CO2 coalition ».

 

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LES EVENEMENTS CLIMATIQUES EXTREMES DU PASSE (18)

Anno 1800 – 1849

 

Suite n° 18. 

« Le contenu de la mémoire est fonction de la vitesse de l’oubli »

Désormais, chaque inondation quelque peu catastrophique, chaque tornade, chaque anomalie météorologique est rattachée au réchauffement climatique qui parait-il nous menace, mais dont en plus l’homme serait responsable !

Pourtant, la consultation de chroniques ou récits anciens est révélatrice de précédents tout aussi apocalyptiques, et relativise la notion même de « changements climatiques », ainsi que la définition d’un « climat stable » qui n’a jamais existé mais qu’on voudrait instaurer à tout prix.

Contexte et mise en garde, voir :
https://belgotopia.wordpress.com/2015/02/27/sur-les-evenements-climatiques-extremes-1

 

Anno 1800 : Hiver très doux en Belgique. En été, très hautes températures sur l’Europe. Sécheresse en France depuis juin jusque août. En Belgique, « l’été a été remarquable par la sécheresse de 52 jours, ce qui est sans exemple ». En Allemagne, la sécheresse commence en avril, de nombreux incendies de forêt détruisent des villages entiers. Tempêtes de grêle en Angleterre le 19 août et le 10 septembre. Tempêtes en Angleterre le 22 août, 3 et 8 novembre. Le 19 novembre, violente tempête sur le nord de la France et la Belgique.

Anno 1801 : Février très doux en Alsace Moselle. Importante crue du Rhin. En été, grande chaleur sur la France et la Belgique. Tempête de grêle en Angleterre le 16 juillet. Le 4 septembre, tornade en Loire-Atrlantique. Le 21 novembre, inondations sur le littoral en Allemagne et aux Pays Bas, une tempête balaye l’Angleterre et la mer Baltique. D’octobre à décembre, inondations en Ile-de-France. En décembre, grandes inondations dues au Rhône. Décembre anormalement doux en Alsace.

Anno 1802 : Le 3 janvier, crue de la Seine à Paris. Crue du Rhin en ALsace- Moselle. Le 21 janvier, tempête et inondations à Anvers. Tempêtes en Angleterre le 21 janvier, le 18 juillet, les 18 et 24 août. En janvier et février, importantes inondations en Irlande. Les 13 et 23 mai, tornades en Gironde et les Deux-Sèvres. Canicule estivale en France, en Brabant et en Hainaut. Chaleur anormale aux Pays-Bas. En juillet, le Petit Rhône peut être traversé à pied. Tempêtes de grêle en Angleterre les 10 et 28 août. La sécheresse persistante depuis plusieurs années cause de grands dommages à la végétation. Le 26 octobre, crue du Rhône.

Anno 1803 : Le 1 janvier, tempête en Angleterre. Eté très chaud et grande sécheresse en Europe. Il pleut très peu du 4 juin au 1er octobre. La pluie augmenta vers le commencement d’octobre ; après quoi, la sécheresse reprit jusqu’au 9 novembre. Les puits et les fontaines tarirent. A Paris, le petit bras de la Seine resta presque à sec, et le niveau du fleuve indiqua, le 21 et le 27 novembre, 24 centimètres au-dessous de zéro. Dans quelques départements, l’eau manquait absolument ; on allait en chercher à trois ou quatre lieues, et il en coûtait trente sous pour abreuver un cheval. En Normandie, on nota une suite ininterrompue de 95 jours sans pluie. A Londres, la Tamise est asséchée. Tempête de grêle sur l’Angleterre le 21 juillet.

Anno 1804 : Les 8,19 et 22 janvier, 4 et 11 mai ouragans et tempêtes sur l’Angleterre. Janvier très doux en Alsace. En Angleterre, tempêtes de grêle les 4 et 8 mai, le 1 novembre. Les sauterelles « en nombre prodigieux » causent de grands dégâts dans la région de Marseille. Le 28 décembre, la Tamise atteint un niveau « jamais vu » à Londres.

Anno 1805 : En avril, tornade sur la Manche. En Angleterre tempêtes de grêle les 28 juin et 30 juillet. Tempêtes sur l’Angleterre les 6 juillet, 8 et 9 novembre. Eté très chaud en Poitou.

Anno 1806 : Le 1 janvier, raz-de-marée et inondations à Anvers. En janvier violente tempête sur le Nord de la France et la Belgique faisant de nombreux dégâts. Tempêtes de grêle sur l’Angleterre les 6 juin, 7 ,22, 24 juillet, 29 août. En Provence, la sécheresse débute en mai. En juillet, le Rhône à un niveau très bas. Submersion des côtes de la baie du Mont-Saint-Michel suite à de violents tempêtes.

Anno 1807 : Le 3 mars, inondations à Paris. Tempêtes de grêle en Angleterre les 2,10,26 mai. Le 29 mai, tornades sur les Vosges et la Côte-d’Or. L’été fut caractérisé en Europe par des fortes chaleurs, des tempêtes, des chutes de grêle intenses et une grande sécheresse. L’Italie connait une vague de chaleur. Vague de chaleur également sur l’Allemagne, la Suède, la Russie. Le 31 juillet tornade sur le Pas-de-Calais.

Anno 1808 : Les 14 et 15 janvier, raz-de-marée aux Pays-Bas et en Flandre. Le 2 février, tempête à Cherbourg. Le 8 février séisme à Montpellier. Chaleur et sécheresse débutent en mai en Alsace. Le 25 juin, ouragan sur le nord de l’Italie. Tempêtes de grêle en Angleterre les 13,15 et 16 juillet, Le 30 août, tempête violente en Hongrie. Eté très chaud en Belgique. Sécheresse sur une grande partie de l’Europe, y compris en Russie. Le 17 novembre, violente tempête et submersion des côtes charentaises. Le 9 décembre, crue de la Tamise et inondations à Londres.

Anno 1809 : Hiver très doux sur le nord de la France et en Belgique. Grandes inondations aux Pays-Bas. Tempêtes de grêle en Angleterre les 28 mars,18 mai, Le 29 mai, tornade sur Paris et la Saône-et-Loire. L’été est qualifié de froid et pluvieux sur le sud de la France, avec de nombreuses averses de grêle.

Anno 1810 : En janvier, grande sécheresse en France. Le 16 février séisme à Héraklion faisant 2500 morts. Le 6 mars, violente tempête sur Cadix. Le 1 juillet, violente tempête sur l’Angleterre. Averses de grêle sur l’Angleterre les 15 juillet, 4, 14 et 15 aout, Le 19 septembre, tornade sur la Meuse. Les 3 et 10 novembre, marées exceptionnelles en Angleterre qui causent de nombreux dégâts.

Anno 1811 : En avril, importantes inondations en Hongrie. D’avril à juin, nombreuses tempêtes en France. Le 1 mai, tornade sur Paris et le Calvados.
Les 27 et 28 mai, tempêtes et grêle en Angleterre. Le 4 juin, raz-de-marée à Portsmouth. En Angleterre, tempêtes de grêle les 5 et 8 juin. France et Italie très affectés par la canicule. Eté très chaud et grande sécheresse sur toute l’Europe, marqué aussi par de nombreuses tempêtes . Les chaleurs furent partout précoces, intenses et prolongées. Les moyennes mensuelles de la température de Paris dépassent, cette année, de plusieurs degrés, les mois de janvier et d’août exceptés, les moyennes mensuelles déduites de vingt-et-un ans. Cet excès de chaleur éclata dès le mois de février ; et se poursuivit en augmentant de mois en mois, pendant les mois de mars, d’avril et de mai, avant de marquer une pause. Cette chaleur sèche tarit de bonne heure un grand nombre de ruisseaux que personne n’avait jamais vus à sec. Dans le Midi, les vents du sud, vents chauds, humides et étouffants, se prolongèrent en Provence jusqu’à la fin de l’année. Au midi comme au nord, la chaleur et la sécheresse épuisèrent la plupart des sources, desséchèrent les torrents et les fleuves, précipitèrent la maturité des fruits, consumèrent les plantes fourrageuses, et favorisèrent, en général, les récoltes de vin. A Toulon et environs, on mange les cadavres d’animaux dans l’état où on les trouve. Le 3 août, tempête en Irlande. Le 1 novembre, déluge de pluie sur l’ Ecosse « tel qu’on n’en a jamais vu ».

Anno 1812 : En janvier, on traverse le Rhône à pied sec. Le 10 janvier, brouillard sur Londres tel qu’à midi, la visibilité est de maximum 3 mètres. Le 20 mars séisme en Provence. Le 28 mai, tornade meurtrière sur l’Artois et le Pas-de-Calais. L’été est froid sur le nord de la France et la Bourgogne, mais sécheresse sur le Languedoc et la Provence. Le 21 octobre, la Tamise déborde.

Les années 1812 à 1818 voient se succéder des périodes de sécheresse catastrophique sur le bassin méditerranéen.

Anno 1813 : Durant l’été, des pluies incessantes causent des inondations sur l’est de l’Europe. Plusieurs tempêtes sont observées sur la France. En Angleterre, tempêtes de grêle les 17 mai et 9 juin. En juin et juillet, importantes inondations en Prusse et en Silésie. En juillet, Marseille est infestée de sauterelles. Le 26 juillet, tempête sur l’Angleterre. Le 15 août, importantes inondations en Croatie. Le 14 septembre, le Danube déborde. Le 28 septembre, importantes inondations en Europe de l’est. Du 20 au 27 décembre, brouillards intenses sur Londres.

Anno 1814 : Le 10 janvier, tempête sur Belfast, occasionnant une centaine de morts. Le 22 février importantes inondations en Angleterre. La période de février à mai est exceptionnellement sèche en Alsace. En Angleterre, tempêtes de grêle les 28 juillet et le 1 septembre. Sécheresse persistante sur la Provence. Les 16 et 17 décembre, ouragan sur l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande.

Anno 1815 : Nouveau printemps sec en Alsace. Sécheresse persistante en Provence et en Languedoc. Eté très chaud sur la France et la Belgique. En Angleterre, tempête de grêle le 6 août. Au Portugal, sécheresse intense qui cause d’immenses pertes dans le bétail. La Provence est envahie par les sauterelles.

Anno 1816 : Le 2 janvier, inondations en Irlande. En février, inondations en Angleterre. Année « sans été », températures fraiches, « les plus basses qu’on ait jamais vues », et fortes pluies continuelles en Europe, qui provoquent de nombreuses inondations et une catastrophe agricole. Le 10 juin, tempête de grêle en Bavière. Le 28 juin, ouragan en Allemagne. Le 11 juillet, tempête de grêle en Hongrie. En Angleterre, tempête de grêle le 21 juillet, et en août. En juin et juillet, inondations importantes aux Pays-Bas. Le 31 août, tempête en Angleterre. Le 2 septembre, importantes chutes de neige en Angleterre.

Anno 1817 : Le 21 janvier, tempête en Angleterre. Hiver doux en Alsace. Le 26 et 27 février, ouragan en Ecosse, en Irlande, en Angleterre et aux Pays-Bas. En mars, inondations importantes en Allemagne, en Angleterre et en France. Le 20 mars, ouragan sur Paris. Le 26 mai, inondations en Allemagne. Tempêtes de grêle en Angleterre les 21 et 23 juin, le 28 juillet. Les 4 et 5 juillet. Tempête et inondations importantes en Suisse. Le 11 juillet, tornade en Angleterre et en Allemagne. Eté très chaud et grande sécheresse sur l’Europe de l’ouest. De juin à septembre en Italie, on ne peut sortir qu’une fois la nuit venue. De nombreuses tempêtes (plusieurs dizaines) et chutes de grêle sont recensées sur toute l’Europe, dont l’énumération serait trop fastidieuse. Fonte accélérée des glaces au Groenland.

Anno 1818 : Les 12 et 15 janvier, ouragan sur l’ Ecosse. Le 15, ouragan sur l’Europe accompagné d’inondations. Le 1 mars, ouragan sur Marseille. Le 4 mars, ouragan sur l’Angleterre. le 7 avril une tempête cause de nombreuses destructions sur la Suède. Le 26 avril, tornade sur le Middlesex. Le 8 mai, de fortes pluies causent des inondations en Angleterre. Le 16 mai, une violente tempête de grêle ravage la Saône-et-Loire. A partir du 15 mai, une vague de chaleur règne sur une grande partie de l’Europe. Eté caniculaire en Alsace. En Angleterre, tempêtes de grêle les 19 et 27 juillet. En août, tornade sur le Lincolnshire. Automne inhabituellement chaud en Angleterre. Le 28 décembre, brouillard épais et impénétrable sur Londres et sa région.

Anno 1819 : Grandes inondations en Irlande du Nord. La Camargue est « dévastée » par les sauterelles. En juin, importantes inondations dans le Lincolnshire. tempête de grêle le 4 juillet dans le Yorkshire, le 13 juillet à Norfolk, le 24 juillet dans le Lincolnshire. Le 7 juillet, tempête en France. « Terrifiante » tempête de grêle dans la région de Montargis. Le 10 juillet violente tempête en Bretagne. En juillet, la chaleur est telle en Autriche que des gens meurent dans les rues. Chaleur torride en été en Provence. En septembre, tempête de grêle en Irlande. En France, une chaleur et une sécheresse inhabituelle précèdent l’hiver. En octobre, l’assèchement du Rhône permet des découvertes archéologiques. Le 2 novembre, pluie rouge sur Blankenberge.

Anno 1820 : Le 23 janvier, raz-de-marée aux Pays-Bas. Le 7 juillet, violente tempête en France. Les 30 et 31 juillet, tempêtes de grêle en Angleterre.

Anno 1821 : Sécheresse dans le Sud de la France. De août à novembre, pluies désastreuses et inondations en Irlande qui entrainent une famine. En automne une période de grande sécheresse commence en Belgique, période qui se poursuivra l’année suivante. En novembre, violente tempête en Cornouaille. En décembre, violentes tempêtes sur la France. Début d’hiver d’une douceur exceptionnelle sur la France, l’Italie et l’Espagne.

Anno 1822 : En janvier, plusieurs tempêtes sur la Grande-Bretagne. Inondations à Genève. Le 7 mai, grande tempête de grêle sur l’Allemagne. Tempêtes de grêle sur l’Angleterre les 25 et 30 mai. Après un hiver « extraordinairement clément », chaleur et sécheresse sur la France et la Belgique, et plus généralement sur toute l’Europe. Les températures du printemps sont équivalentes à celles relevées en août. En Provence, les moyennes sont très supérieures à la moyenne générale. Eté très chaud en Alsace. En Italie, la chaleur et la sécheresse sont excessives. Le 6 juillet, tornade en Pas-de-Calais. Le 22 août tornade en Seine-et-Marne. Le 12 décembre, ouragan sur l’ Irlande. Séisme en Bresse.

Anno 1823 : En janvier, violente tempête en Espagne. Le 26 août, tornade en Eure-et-Loire, nombreux dégâts et 3 morts.

Anno 1824 : Inondations à Belfast en Irlande. Averses de grêle en Angleterre les 22 mai ,20 juin,14 juillet,3 août. Pluies abondantes sur le nord de la France en été. Nombreuses inondations en Alsace-Moselle suite aux pluies abondantes pendant plusieurs mois. Grandes chaleurs sur le sud, tempête le 8 juillet et chaleur excessive à partir du 11 juillet. Le 14 juillet, tempête sur Londres. Invasion de sauterelles en Provence. Importante inondation en Allemagne, causant de nombreux morts. Grande sécheresse en Europe orientale. Les champs sont brûlés. Le 23 novembre, ouragan sur l’Angleterre. Violente tempête sur l’Alsace.

Anno 1825 : Violente tempête au Danemark, la mer submerge une partie du Jutland qui devient une île. Inondations à Rotterdam. Le 10 juillet tempête de grêle en Irlande. Eté très chaud et grande sécheresse en France et en Belgique. Des gens meurent sur les champs. La phase critique de la sécheresse débute en novembre 1824 et se poursuit jusque octobre 1825. La chaleur s’étend à l’Europe. Raz-de-marée aux Pays-Bas.

Anno 1826 : La chaleur et la sécheresse persistent en Europe, avec toutefois des pluies abondantes sur le sud. Tempêtes de grêle en Angleterre les 12, 18, 27, 28 juin. Les 3-4 août 1826 : Secousses ressenties à Saint-Malo . Le 26 août, tornade en Aude. En Suède et au Danemark, la chaleur exceptionnelle combinée à la sécheresse détruit les récoltes. Les journées sont obscurcies par les incendies de forêt. Eté caniculaire en Belgique.

Anno 1827 : Inondations destructrices à Naples. Tempêtes de grêle en Angleterre les 1 mai, 17 août. En été, grande chaleur en Suisse. Pluies abondantes sur le sud de la France. Inondations en Alsace en octobre.

Anno 1828 : Les 12 et 13 janvier, violente tempête sur l’Angleterre. Le 18 février, tempête sur Gibraltar et les côtes d’Espagne. Le 23 février, séisme en Hesbaye, dégâts aux bâtiments. Le 21 mars, tornade dans l’Eure. Le 23 mars, séisme dans le Nord de la France. Pluies abondantes et tempêtes sur le nord de la France. Chaleur et sécheresse sur le sud pendant le printemps et l’été . Le 17 juin, tornade dans le Doubs. Le 12 septembre tempête de grêle en Angleterre. Le 13 septembre, inondations en Irlande. Le 3 décembre, séisme en Rhénanie et en Belgique orientale.

Anno 1829 : Le 9 avril, inondations à Dantzig. Pluies abondantes et tempêtes en France. En juin, violente tempête de grêle en Espagne, on relève des glaces de plus de 2 kgs. Tempêtes de grêle en Angleterre les 14 et 31 juillet. En août, importantes inondations en Ecosse.

Anno 1830 : En janvier, sévères inondations et ouragan en Ecosse. En France, le début de l’année et l’été sont caractérisés par une alternance inhabituelle de froid et de douceur. Le 27 février, on relève 18° à Paris. Les 25 juin, 17 août, tempête de grêle en Angleterre. Le 25 juin, tornade en Seine-Maritime. Tempêtes et pluies sur l’Irlande. Le 11 juillet, violente tempête en France. Août connait ensuite une succession de tempêtes. Crue de la Seine en Seine-et-Marne.

Anno 1831 : En février, importantes inondations en Irlande. Douceur remarquable avec 18° le 9 février à Paris. Tempête de grêle en Angleterre le 28 mai. En août, un brouillard extraordinaire baigne une partie de l’Europe, lumineux la nuit et diminuant la clarté du jour.

Anno 1832 : Janvier et février doux en France. A partir de mars, nombreuses tempêtes jusqu’en automne. Tempête de grêle en Angleterre le 16 juin. L’été est sec en France, la Seine est à son minimum en septembre. L’invasion de sauterelles s’intensifie en Provence. Le 18 août, tempête de grêle en Irlande. Douceur « anormale » en novembre et décembre en Alsace.

Anno 1833 : Le 2 juin, ouragan en Angleterre. Le 14 août, tempête sur Strasbourg. L’hiver 1833-1834 fut particulièrement doux en Belgique.8 mois consécutifs (de décembre à juillet) au-dessus des normales. Grand abaissement du niveau de la Fontaine-de-Vaucluse. 

Anno 1834 : Fait exceptionnel, au cours du mois de janvier 1834 il n’y eut aucun jour de gelée à Bruxelles. Pendant l’hiver, nombreuses tempêtes sur les côtes d’Angleterre, d’Irlande et d’ Ecosse. Tempêtes de grêle en Angleterre les 31 mai, 21 juin, 5 et 31 juillet,22 août . En août, tempête de grêle en Italie. Eté chaud en France accompagné d’une sécheresse sévère. Brouillards épais sur l’Europe et la Russie, causés par les incendies de tourbe et de forêts dus à la sécheresse. Après 7 mois de sécheresse, une pluie abondante tombe sur la Provence.

Anno 1835 : Hiver doux sur l’ensemble de l’Europe. Le 6 février, violente tempête sur la Méditerrannée et le centre de la France. Tempêtes de grêle en Angleterre les 10 juin, 10 et 11 juillet. En août, chaleur et sécheresse sur la France. Séisme dans les Alpes de Haute Provence. Le 13 septembre, tornade sur la Vienne. Le 2 octobre, tornade en Maine-et-Loire.

Anno 1836 : Violentes tempêtes hivernales sur la Manche et la Méditerrannée.
Une violente tempête traverse l’ Angleterre et la Belgique. les rafales dépassent 130 km/h à l’intérieur des terres. Ces tempêtes se poursuivront pendant le printemps et l’été, et gagneront en intensité. Le 30 janvier, tornade en Côtes-d’Armor. En mars, crue de la Seine en Seine-et-Marne. Le 8 mai, inondations à Paris. Inondations en Alsace à la mi-mai. Tempêtes de grêle en Angleterre les 4 et 6 juillet. L’été est très chaud dans le sud de la France. Une chaleur « anormale » règne également au Danemark, en Prusse et en Espagne. En août, sécheresse sur la France. Le 11 août, tornade en Haute-Garonne. Le 14 août, violente tempête en Angleterre. Le 29 novembre, « terrible ouragan » sur Londres et toute l’Angleterre, et les sur les côtes de France et de Flandre.

Anno 1837 : Le 30 juillet, tempête de grêle en Irlande.

Anno 1838 : Le 24 février violente tempête et submersion des côtes charentaises. Fortes crues du Rhin. Le 18 avril, ouragan sur l’Irlande. Le 15 juin, tornade dans l’Aisne. Le 17 juin tornade en Loire-Atlantique. Tempête de grêle en Angleterre le 4 juillet. En Provence, année de grande sécheresse. Durant l’automne, succession de terribles tempêtes en Europe. Le 28 octobre, ouragan sur la région de Londres.

Anno 1839 : Les 6 et 7 janvier terrible ouragan sur l’ Angleterre et l’Irlande. Immenses destructions à Liverpool où il y a de nombreux morts. Importantes inondations en Ecosse dues à des pluies abondantes. Nombreuses tempêtes en janvier et février. Tempête de grêle en Angleterre les 18 et 2 juin et 7 juillet. Le 18 juin, tornade en Seine-et-Oise. Une succession de tempêtes de grêle en Allemagne ruine une compagnie d’assurance. Grande chaleur et sécheresse extrême sur le sud de la France « la plus grande sécheresse dont on se souvienne », par contre le Nord connait de nombreuses pluies. Le 28 août, violente tempête sur Paris. Décembre très doux en Belgique: le 25, il fait 14.7°.

Anno 1840 : De mai à novembre, nombreuses averses de pluie sur la France. Le 6 mai, tempête sur Paris. Manque absolu de pluie en Provence en juillet et août. Les bateaux à vapeur ne peuvent circuler sur le Rhône. le 07 novembre, une tornade ravage le nord-est de la Charente-Maritime et le sud des Deux-Sèvres. des villages sont ravagés. Inondation à Paris et sur l’ensemble de la France. En octobre, crue « calamiteuse » du Rhône.

Anno 1841 : Le 16 janvier, inondations en Angleterre. Tempêtes de grêle en Angleterre les 28 mai ,15 juillet et le 18 octobre. Succession de tempêtes violentes et de tornades en France, les 23 et 30 avril, le 3 mai, du 25 au 30 mai, les 7 et 23 juin, les 4 et 18 juillet, les 8 et 11 août. L’été est généralement froid. En Italie, l’été est très chaud. En novembre, graves inondations dans la région de Macon.

Anno 1842 : Averses de grêle en Angleterre les 28 avril, 27 mai, 1 ,2 et 25 juin, le 20 juillet, les 10, 29 et 31 août. Le 22 juin, un violent orage ravage la région de Macon. Tornade en Saône-et-Loire. Eté très chaud et grande sécheresse en France. la chaleur étant plus intense dans le nord que dans le Midi. A Paris, elle commença dès le 5 juin, et se prolongea sauf de rares intermittences jusqu’au mois de septembre. Il survint également de violentes tempêtes. Le 25 juillet et 24 août, tornades en Aude. Cette chaleur règne également en Europe.

Anno 1843 : Le 06 avril, séisme en Brabant. Le 23 mai, tornade en Hautes- Pyrénées. Tempête de grêle en Angleterre le 28 mai, le 10 juin, les 5 et 6 juillet, les 7 et 9 août.

Anno 1844 : Crue de la Loire en mars. Le 10 juillet, tornade sur le territoire de Belfort. Le 29 juillet, tornade dans le Nord de la France. Le 19 septembre tornade en Haute-Garonne .Le 22 octobre, tornade en Hérault

Anno 1845 : En mai, tempête de grêle en Irlande. Nombreuses averses de grêle en France. le 19 août, tornade sur la région de Haute-Normandie. Des gens furent projetés dans les airs. des arbres et des bâtiments furent pulvérisés. Il y eut 79 morts. En octobre, tempête de grêle sur le sud de la France. Inondations en Irlande.

Anno 1846 : Le 26 janvier, tornade en Eure-et-Loire. Températures printanières à partir du 22 février, avec plus de 18° le 28 à Paris. Les 18 mars et 24 juin, tempêtes de grêle en Irlande. Le 13 avril, tornade dans le dept du Nord. Printemps et été très chauds. Canicule et sécheresse en France, en Angleterre et en Belgique. 30% des récoltes sont détruites. Nombreux malaises et décès dûs à la chaleur. Le 29 juillet, séisme en Rhénanie. Le 1 août, tempête de grêle en Angleterre. Le 22 octobre, importantes inondations dans le centre et l’ouest de la France. Le 27 décembre, crue de la Seine à Paris.

Anno 1847 : Eté très chaud en Espagne et en Italie. Eté caniculaire mais pluvieux en Alsace.

Anno 1848 : Inondations en Ecosse. Le 10 juin, tornade dans l’Orne.

Anno 1849 : Fortes chaleurs de mai à juillet sur l’Alsace. Chaleur excessive sur le sud de la France.

AUX ENVIRONS DE 1850, FIN DU « PETIT AGE GLACIAIRE » et début d’un réchauffement du climat, surtout perceptible en hiver.

Jo Moreau

A suivre.

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QUI CONNAIT LA TEMPERATURE GLOBALE REELLE DE LA PLANETE ?

 


La question est posée dans un excellent article de Pierre Gosselin paru en juin 2017 sur son site incontournable (1).

Personnellement, et je ne suis évidemment pas le seul, je n’accorde aucun crédit aux annonces tonitruantes d’ « année la plus chaude », de « record de température » dont sont si friands nos médias, et je conserve un scepticisme identique pour la détermination de la température globale moyenne de la planète. En effet, pour qui s’intéresse à l’actualité climatique, les contradictions et manipulations dans les relevés de température terrestre sont monnaie courante, sous prétexte bien souvent d’ajustements et de mise à niveau, que ce soit pour les relevés actuels ou « l’actualisation » de données anciennes…
« L’avenir est connu, il suffit de modifier le passé« .

Les satellites, par exemple, ne collectent pas directement des températures comme telles, mais captent la luminance de l’atmosphère et de la mer à l’aide de capteurs infra-rouge. Ces données sont ensuite transformées en températures au moyen de modèles informatiques. Et les instruments de capture des satellites actuels ne sont pas identiques à ceux du premier satellite météo en 1960…

Pour ce qui concerne les relevés terrestres, un premier réseau de stations météo est établi en France fin du 18e siècle, et en Europe vers 1860, mais les instruments tout comme l’architecture des stations ne sont pas standardisés, et évolueront techniquement et pas toujours parallèlement. Des normes internationales seront imposées par l’OMM en 1951.
Depuis 1995 environ, les thermomètres classiques ont été remplacés par des thermomètres électroniques. Le climatologue Klaus Hager constatait que ces derniers étaient bien plus sensibles, et affichaient des températures en moyenne plus élevées de 0.9° C que leurs prédécesseurs.(2) . L’évolution technique des anémomètres entre autres est également spectaculaire, au même titre que tous les instruments de mesure météorologiques.

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On pourrait également parler de la localisation des stations météo, aux relevés parfois très influencés par la modification de leur environnement, soit lorsqu’elles sont peu à peu « avalées » par la ville, soit par les changements du « paysage », agricole ou forestier. Lorsque l’ IRM (3) par exemple parle de « record de température » à Bruxelles, il n’y a jamais aucune réserve quant à l’influence du phénomène de « puits de chaleur », qui s’intensifie avec l’expansion urbaine.

Il faut aussi tenir compte de l’imprécision des mesures, dues par exemple à « des imprécisions de l’instrument de mesure, le mauvais fonctionnement des senseurs, les imprécisions liées à la calibration des senseurs, les imprécisions liées à l’installation de la station de mesure (emplacement, …) et les erreurs d’observation ou de lecture des données » . (4)

Le même processus peut s’appliquer aux températures des océans, depuis le seau d’eau de mer remonté par les équipages pour y plonger un thermomètre dans des temps pas tellement reculés, jusqu’aux balises Argo actuelles.

Mais revenons à l’article de Pierre Gosselin, qui parle ici du « record d’année la plus chaude en 2016 » dont je ne reprends ci-dessous que quelques paragraphes, dans une traduction « maison ».

Jo Moreau.

Quel bordel! Der Spiegel illustre le fait que les scientifiques ne connaissent pas la température réelle de la planète

L’ Institut européen pour l’énergie et le climat (EIKE) , basé en Allemagne, indique ici qu’il est évident que personne connait réellement la vraie température moyenne mondiale, et affirmer que la planète est la plus chaude depuis le début des mesures n’a aucun sens .

En 1995, elle était de 15,4 ° C. En 2016, on nous présente 14.8°c comme étant un nouveau record !
Pendant des décennies, on a supposé que la température moyenne normale du globe du 20ème siècle était de 15 ° C. Mais soudain, cette année, il est signalé dans tout les médias que 2016 a atteint un nouveau record: 14.8 ° C !

En 1995, Der Spiegel et beaucoup d’autres, citant James Hansen, ont signalé que la température globale avait atteint un «record» de 15,4 ° C !

Cela a amené le vice-président d’EIKE, Michael Limburg, à écrire :  » L’année la plus chaude depuis le début des mesures est révélée significativement plus fraiche que la valeur moyenne de 1995, soit 15,4 ° C « .

« Quelque chose d’étonnant »

Il s’avère que les chercheurs du « Klimamanifestes von Heiligenroth » ont publié une vidéo qui examine la valeur de la température absolue du globe . Et ce qu’ils ont trouvé dans la littérature est quelque chose d’étonnant, Limbourg écrit:

L’année proclamée la plus chaude de 2016 (14,8 ° C) est en fait 0,6 ° C plus frais que 1995 (15,4 ° C)!

La vidéo résume l’histoire de la température moyenne globale globale absolue , qui depuis des dizaines d’années a été supposée être de 15 ° C. Voici la chronologie de ce que la littérature a déclaré dans le passé:

1896: Svante Arrhenius, 15,0 ° C
1975: Stephen H. Schneider, 15,0 ° C
1979: Christian Schönwiese, 15,0 ° C
1981: James Hansen, 15,0 ° C
1986: Spiegel, 15 ° C
1988: Hansen, NYT, 15 ° C
1988/1989: Der Spiegel, James Hansen, 15,4 ° C
1995: aucune publication trouvée inférieure à 15 ° C.
1995: Der Spiegel, citant James Hansen, 15,4 ° C
Température globale de 1995: 15,4 ° C.

En 2017: OMM, ZDF, Der Spiegel, 14,8 ° C (=température record)

Jusqu’en 1995, la température moyenne globale avait toujours été supposée être de 15 ° C, et sa remontée à 15,5 ° C a été considérée comme un signe de réchauffement rapide.

Der Spiegel dans son édition imprimée en 2015 a abaissé drastiquement la température absolue, et a utilisé une toute nouvelle source de données: Japan Meteorological Agency. Le principal objectif était de montrer aux lecteurs l’augmentation rapide des températures.

Puis, le 18 janvier 2017, le Der Spiegel en ligne a soudainement adopté la nouvelle base de 14 ° C, proclamant un nouveau record de tous les temps de 14,8 ° C.

Sans aucun doute, Der Spiegel a mis en lumière la confusion généralisée concernant la température moyenne globale, le fait qu’elle semble avoir été rabaissée de 1 ° C, de 15 ° C à 14 ° C sans que personne ne sache ce qu’il en est réellement.

Questionné à plusieurs reprises sur ce fait par mail, l’éditeur de Der Spiegel, Marco Evers, a répondu de manière cavalière qu’il n’avait « aucune raison de poursuivre le débat plus avant», qu’ils s’appuyaient sur la littérature évaluée par les pairs et des documents d’institutions comme le GIEC, ainsi que la NASA et l’OMM « .

De toute évidence, il existe une confusion complète quant à savoir quelle devrait être la température moyenne absolue du globe. Selon la source, il est soit 14,8 ° C (OMM), soit 15,8 ° C (NASA). Ici, nous parlons d’une différence notable par rapport à des organismes qui revendiquent la capacité de mesurer la température globale avec une précision de quelques centièmes de degrés.

Il n’est pas étonnant que certains lecteurs aient récemment interrogé Der Spiegel sur cette importante divergence, auxquels l’hebdomadaire allemand a refusé de répondre. De toute évidence, la question est très embarrassante.

(1) http://notrickszone.com/2017/06/17/what-a-mess-spiegel-reveals-scientists-dont-know-real-temperature-of-the-planet/#sthash.Tsa2mYRu.4ebe6h8r.dpbs

(2) https://belgotopia.wordpress.com/2015/01/19/interview-du-climatologue-klaus-hager/

(3) Institut Royal Météorologique.

(4) http://www.agrometeo.ch/sites/default/files/u10/stations_meteo-fr.pdf

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LES CONFLITS D’ INTERET AU GIEC

 

Donna Laframboise est une journaliste canadienne fortement impliquée dans le combat anti-pensée unique dans le domaine climatique, et auteur de nombreux articles et ouvrages sur le sujet. Dans ce billet paru sur son site (1), elle reprend des éléments déjà connus, mais qu’il est bon de rappeler, sur des failles importantes dans ce qui devrait être une approche déontologique rigoureuse du travail du GIEC.

En dehors même de ces conflits d’intérêt, on peut également noter la reprise dans des rapports du GIEC, de rapports de GREENPEACE, notamment sur l’intérêt des énergies renouvelables publié par Sven Teske. 

Complémentairement à l’article de Donna Laframboise, il semblerait que les différents groupes de travail du GIEC n’aient pas la même définition d’un conflit d’intérêt. On peut identifier deux formes principales de conflit d’intérêt : soit l’utilisation d’une étude rédigée par un auteur ou coauteur du GIEC, ce qui revient à publier des études qu’on utilisera ensuite dans une auto-justification, (voir aussi à ce sujet un billet précédent : http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2013/01/03/methodes-interpellantes-au-sein-du-giec.html ), soit la présence en ses rangs d’un salarié de l’industrie ou d’un membre ou d’un proche d’une ONG militant dans le domaine idéologico-politique.

On se rappelle que des contributeurs du GIEC, salariés de l’industrie chimique, avaient été accusés par diverses sources de conflit d’intérêt en 2016, que dire alors de membres ou proches d’ONG militantes, qui semblent de plus en plus se substituer aux organes démocratiques dans la direction de nos sociétés…

En 2011, Si le groupe n° 1 a décrété qu’un membre d’une ONG impliquée dans les questions climatiques ou énergétiques ne pouvait être l’auteur principal d’un rapport du GIEC, il n’en était pas ainsi dans les autres groupes. D’autre part, les obligations découlant de la possibilité d’un conflit d’intérêt décrétées par le GIEC en 2014 restent très vagues sur ces points. 

En 2004, Monsieur Jean-Pascal VAN YPERSELE de STRIHOU, élu vice-président du GIEC en 2008, avait ainsi co-rédigé un rapport de GREENPEACE sur l’évolution du climat en Belgique, impliquant l’utilisation massive de combustibles fossiles comme cause du changement climatique. (14)

L’absence de règles claires dans la nomination des experts est un vrai problème, un de plus, qui entache le travail du GIEC.

Mais revenons au billet de Donna Laframboise.

En voici une traduction maison.

Jo Moreau.

« Le GIEC devrait développer et adopter une politique rigoureuse quant aux conflits d’intérêt, qui s’appliquerait à toutes les personnes directement impliquées dans la préparation des rapports du GIEC ».
Conseil inter-académique – Revue du GIEC 2010.

La décision climatique la plus importante de l’histoire a été prise par des personnes impliquées dans d’importants conflits d’intérêts.

En novembre 1995, le Groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC) a proclamé pour la première fois que les humains étaient la cause des changements climatiques. Cette conclusion se fondait alors sur une seule étude non-publiée. Quatre mois après cette déclaration, l’étude a été soumise à une revue de premier plan. Trois mois plus tard, elle était publiée (3) .

Le monde a alors appris que 25% du personnel du GIEC chargé de prendre cette orientation cruciale était impliqué dans cette recherche. Neuf personnes, dirigées par Ben Santer , ont évalué le caractère pertinent de leur propre travail scientifique – et ont jugé que cela semblait suffisant pour changer l’orientation de l’histoire industrielle. Un premier conflit d’intérêt flagrant était né.

Les revues académiques reçoivent chaque année des milliers d’articles scientifiques de la part de chercheurs qui espèrent voir leur travail publié. Les documents sont envoyés à des tiers compétents pour évaluation. Ce système, connu sous le nom de peer review, présente de nombreuses lacunes. Mais quand le système fonctionne comme il est censé le faire, il freine les revendications exagérées.

Dans « Searching for the Catastrophe Signal » (2), Bernie Lewin note que cette étude a été édulcorée pendant le processus de pré-publication. (Si les critiques des relecteurs sont jugées valables, les revues insisteront sur des modifications comme condition de publication.)

Selon les termes de Lewin, le titre de la version publiée ne proclame aucune conclusion, mais décrit seulement le processus de recherche sur l’ influence humaine (son accent) (3). Le résumé qui l’accompagne nous dit qu’il est probable qu’une tendance de la température est «en partie due aux activités humaines, bien que de nombreuses incertitudes demeurent …» (souligné par mes soins).

En d’autres termes, la première fois que des spécialistes extérieurs ont eu l’occasion de se pencher sur cette étude, ils ne furent pas convaincus par les conclusions péremptoires qu’en tira le GIEC. Les normes d’une revue scientifique sont évidemment plus élevées que celles d’un organe des Nations-Unies.

Un examen des procédures du GIEC en 2010 a identifié de nombreux domaines de préoccupation . Parmi eux, le fait surprenant que, 22 ans après sa création, le GIEC n’avait toujours pas de politique quant à d’éventuels conflits d’intérêts.

Les scientifiques du GIEC citent régulièrement leur propre travail – et se prononcent sur le travail d’autres scientifiques. Mais nous sommes priés de prendre leurs conclusions au sérieux.

Donna LAFRAMBOISE.

 

(1) https://nofrakkingconsensus.com/2018/01/29/crucial-climate-verdict-naked-conflict-of-interest/

 

(2) https://www.amazon.com/Searching-Catastrophe-Signal-Origins-Intergovernmental-ebook/dp/B077N36Q3Z/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1511464090&sr=8-1&keywords=bernie+lewin

 

(3) https://www.nature.com/articles/382039a0

 

 

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