LE JOURNALISTE ET LE CHANGEMENT CLIMATIQUE, INFORMATION OU ACTIVISME

 

A plusieurs reprises, j’ai dénoncé (parmi d’autres) la soumission complice d’une grande majorité de journalistes aux thèses du GIEC, officine de l’ONU, quant à l’avenir climatique catastrophique de la planète provoqué par l’homme (1).  Ce ralliement sans aucune nuance s’observe à des degrés divers au niveau mondial . De façon plus générale, cette soumission s’observe aussi par rapport aux ONG « environnementalistes » telles que GREENPEACE ou le WWF, très actives dans le domaine climatique, dont les communiqués idéologiquement et politiquement orientés et souvent contestables sont repris sans aucune vérification ni réserve par nos médias, tels parole d’évangile.

Alan Rusbridger est le directeur du collège LMH Oxford, est membre du « The Scott trust », propriétaire du Guardian et de l’Observer, et fut rédacteur en chef du Guardian. Dans l’entretien repris par le site du Global Editors Network,  il justifie de façon péremptoire l’obligation pour le journaliste de se transformer en propagandiste du changement climatique causé par l’homme, et d’oublier pour ce faire tout souci d’objectivité (2). Cet entretien est en fait un échange sous forme de questions-réponses avec d’autres représentants de médias, mais je n’en reprends ici que les éléments les plus significatifs  dans une traduction maison, comme d’habitude.

Il y reprend presque mot pour mot l’affirmation faite en juillet 2000 par Gelbspan Ross,  éditeur du Boston Globe : « Non seulement les journalistes n’ont pas à rendre compte de ce que disent les scientifiques sceptiques, ils ont la responsabilité de ne pas en rendre compte ». Tout était déjà dit, et l’injonction scrupuleusement suivie par l’ensemble des médias, pour des raisons diverses et variées …

Jo Moreau

Les journalistes ont le devoir de ne pas être impartiaux quand il s’agit de changement climatique.

Le changement climatique se déroule comme une catastrophe au ralenti. Ses effets ne sont pas toujours immédiatement visibles, ce qui le rend beaucoup moins excitant que la consultation des tweets de Trump.

Si nous croyons qu’il s’agit du fait le plus important au monde,  ce qui est probablement le cas, et que vous regardez comment cela se traduit dans la couverture médiatique, il y a une terrible inadéquation entre l’importance historique de cette histoire et la couverture qui lui est réservée par les médias.

Tout est histoire de changement climatique. Il faut mettre cela en avant dans vos salles de rédaction. Qu’il s’agisse de l’immigration, de la sécurité, de la nourriture, de l’économie, de la politique, de tout ce qui est affaire de spécialistes, vous devez y impliquer le changement climatique.

Nous devons utiliser toutes nos compétences de journaliste pour dramatiser le sujet et rendre notre reportage inébranlable, car nous serons attaqués.

A la question ; « Le journalisme sur le changement climatique devrait-il être plus proche de l’activisme ? », Alan Rusbridger répond : Si vous croyez comme moi que la science est largement réglée, que le changement climatique est une terrible menace pour l’espèce humaine, si vous croyez que l’immense majorité de la science le confirme, alors nous avons le devoir de ne pas être impartiaux.

Nous avons le devoir d’adopter le point de vue des scientifiques et de ne pas perdre de temps à se demander s’ils ont raison ou non.

 

 

 

 

 

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GREENPEACE ET CONSENSUS , INTERVIEW DE WILLIAM HAPPER

Cette interview fut reprise par l’excellent site WUWT en janvier 2017 (1). William Happer y aborde ses démêlés avec la toute-puissante ONG idéologico-politique GREENPEACE. Il redéfinit ce que doit être un véritable travail scientifique, par opposition à la dictature du consensus.

J’en reprends ici quelques paragraphes dans une traduction « maison ».

Jo Moreau.

William Happer est physicien, professeur émérite au département de physique de l’Université de Princeton. Membre de longue date de JASON, un groupe de scientifiques qui fournit des conseils indépendants au gouvernement des États-Unis sur les questions relatives à la science, à la technologie et à la sécurité nationale, Happer a été directeur du Bureau of Science de l’US Department of Energy de 1991 à 1993.

Plus connu du grand public en tant que critique du «consensus» du GIEC sur le réchauffement climatique, il a été appelé fréquemment à témoigner parmi divers comités d’experts sur le réchauffement climatique devant le Congrès américain. En 2015, il s’est retrouvé au centre d’une controverse impliquant une opération dite « sting » organisée par Greenpeace (2).

(…)

En regardant les nouvelles du soir, j’étais souvent indigné par les approximations assénées par des intervenants lamentables et scientifiquement ignorants sur le CO2 et le climat.

Greenpeace est l’une des nombreuses organisations qui ont fabriqué une image alarmiste sur la menace supposée du réchauffement climatique. Ils sont incapables de la défendre sur base d’ arguments scientifiques. Donc, ils diabolisent non seulement le «polluant» supposé, le CO2 atmosphérique, mais aussi les scientifiques qui semblent réfuter efficacement leur propagande.

Je suppose que je devrais être flatté d’être l’une des cibles de Greenpeace : « Je mehr Feinde, Je mehr Ehre » (« plus d’ennemis, plus d’honneur »), comme le dit le vieux dicton allemand. Les conséquences sont plus légères pour moi, que celles subies par des scientifiques comme Willie Soon, Patrick Michaels et d’autres, qui ne sont pas seulement vilipendés, mais subissent également certaines conséquences dans leur vie professionnelle.

L’attaque de Greenpeace eut également comme conséquences de nombreux appels téléphoniques et des courriels hostiles et obscènes avec des menaces à mon égard, envers ma famille et même mes petits-enfants.

Greenpeace et d’autres éléments encore plus fanatiques de la mouvance du réchauffement planétaire adhèrent pleinement à l’idée que leur finalité idéologique – l’élimination des combustibles fossiles – justifie la mise en oeuvre de tous les moyens, y compris la falsification de données scientifiques et la destruction de l’image de leurs adversaires.

La position officielle du GIEC est la suivante :
– Le réchauffement climatique est un fait établi.
– Les activités humaines en sont la cause.
– C’est un problème majeur pour l’humanité.
– Une action à l’échelle planétaire est nécessaire pour l’endiguer.

« Le réchauffement climatique est un fait bien établi ». Cette déclaration n’est que à moitié vraie. Une déclaration plus correcte serait que «le réchauffement climatique et le refroidissement global sont des faits bien établis». Depuis l’année 1800, la Terre s’est réchauffée d’environ 1 ° C, une grande partie de ce réchauffement ayant eu lieu avant toute augmentation notable du CO2 atmosphérique. Il y a eu un refroidissement assez important dans les années 1940 à 1975. Il n’y a eu pratiquement aucun réchauffement au cours des 20 dernières années, lorsque les niveaux de CO2 ont augmenté le plus rapidement. La même alternance de réchauffement et de refroidissement a caractérisé le climat de la Terre pour toute l’histoire géologique.

La tentative récente de la NOAA d’effacer le « hiatus » est un exemple du même processus de pensée qui a guidé le traitement du graphique dit « la crosse de hockey ». Si les observations ne concordent pas avec la théorie politiquement correcte, révisez les observations.

Si une théorie n’est pas confirmée par les observations, c’est qu’elle est fausse. La clé de la science réside dans cette simple déclaration.

Je ne doute pas que la terre se soit réchauffée depuis la fin du « petit âge de glace », mais je suis persuadé que la plus grande partie du réchauffement était dû à des causes naturelles, sur lesquelles les gouvernements n’ont aucune prise. Je suis déconcerté par les tentatives hystériques de maintenir des niveaux de CO2 inférieurs à 350 ppm, ou toute autre valeur apparemment choisie par la numérologie de la Cabale, et non par la science.

Il est frappant de constater que de nombreux sceptiques déclarés, comme moi, soient à la retraite. A part nous assassiner, les partisans du consensus climatique n’ont dès lors pas beaucoup de prise sur nous. Mais les jeunes universitaires savent très bien qu’ils risquent leur carrière s’ils expriment le moindre doute quant à la théorie du réchauffement climatique.

Historiquement, la revendication de l’existence d’un consensus des scientifiques a été le premier refuge des falsificateurs. C’est le moyen d’éviter le débat en affirmant que la question est déjà réglée. Chaque fois que vous entendrez proclamer qu’un consensus des scientifiques s’accorde sur quelque chose, préparez votre portefeuille.

Soyons clairs: un consensus n’a rien à voir avec la science. Le consensus est l’affaire de la politique. La science, au contraire, se suffit d’un seul chercheur qui ait des résultats vérifiables par des observations, et qui soient reproductibles. Les plus grands scientifiques de l’histoire sont remarquables précisément parce qu’ils ont rompu avec le consensus de leur époque.

Il n’existe pas de science de consensus. Si c’est un consensus, ce n’est pas de la science. Si c’est de la science, il n’est pas besoin de consensus. Point à la ligne.

La preuve que le CO2 est un polluant tellement redoutable que nous devons renoncer à la démocratie, punir les «sceptiques» et appauvrir une grande partie du monde en éliminant l’utilisation des combustibles fossiles apparaît de plus en plus comme une preuve fantôme. Et si vous ne parvenez pas à trouver de véritables preuves scientifiques pour justifier l’alarmisme, fabriquez-en par des graphiques de « crosse de hockey », niez les hiatus et débarrassez-vous de vos contradicteurs dès que possible.

Pendant la Grande Terreur de Staline, Léon Trotsky et ses partisans étaient semblables aux « sceptiques » actuels . Ils étaient une menace directe pour le contrôle de Staline sur le mouvement communiste mondial, tout comme les sceptiques du climat sont considérés aujourd’hui comme une menace existentielle pour la mouvance du réchauffement climatique.

(1) https://wattsupwiththat.com/2017/01/10/the-william-happer-interview/

(2) « Sting » était une opération d’infiltration de Greenpeace, visant à discréditer les scientifiques « deniers », en dévoilant leurs relations avec des groupes industriels. Happer avait accepté de produire un document sur les avantages du CO2, en contrepartie sa rémunération devait être versée au bénéfice du groupement « CO2 coalition ».

 

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LES EVENEMENTS CLIMATIQUES EXTREMES DU PASSE (18)

Anno 1800 – 1849

 

Suite n° 18. 

« Le contenu de la mémoire est fonction de la vitesse de l’oubli »

Désormais, chaque inondation quelque peu catastrophique, chaque tornade, chaque anomalie météorologique est rattachée au réchauffement climatique qui parait-il nous menace, mais dont en plus l’homme serait responsable !

Pourtant, la consultation de chroniques ou récits anciens est révélatrice de précédents tout aussi apocalyptiques, et relativise la notion même de « changements climatiques », ainsi que la définition d’un « climat stable » qui n’a jamais existé mais qu’on voudrait instaurer à tout prix.

Contexte et mise en garde, voir :
https://belgotopia.wordpress.com/2015/02/27/sur-les-evenements-climatiques-extremes-1

 

Anno 1800 : Hiver très doux en Belgique. En été, très hautes températures sur l’Europe. Sécheresse en France depuis juin jusque août. En Belgique, « l’été a été remarquable par la sécheresse de 52 jours, ce qui est sans exemple ». En Allemagne, la sécheresse commence en avril, de nombreux incendies de forêt détruisent des villages entiers. Tempêtes de grêle en Angleterre le 19 août et le 10 septembre. Tempêtes en Angleterre le 22 août, 3 et 8 novembre. Le 19 novembre, violente tempête sur le nord de la France et la Belgique.

Anno 1801 : Février très doux en Alsace Moselle. Importante crue du Rhin. En été, grande chaleur sur la France et la Belgique. Tempête de grêle en Angleterre le 16 juillet. Le 4 septembre, tornade en Loire-Atrlantique. Le 21 novembre, inondations sur le littoral en Allemagne et aux Pays Bas, une tempête balaye l’Angleterre et la mer Baltique. D’octobre à décembre, inondations en Ile-de-France. En décembre, grandes inondations dues au Rhône. Décembre anormalement doux en Alsace.

Anno 1802 : Le 3 janvier, crue de la Seine à Paris. Crue du Rhin en ALsace- Moselle. Le 21 janvier, tempête et inondations à Anvers. Tempêtes en Angleterre le 21 janvier, le 18 juillet, les 18 et 24 août. En janvier et février, importantes inondations en Irlande. Les 13 et 23 mai, tornades en Gironde et les Deux-Sèvres. Canicule estivale en France, en Brabant et en Hainaut. Chaleur anormale aux Pays-Bas. En juillet, le Petit Rhône peut être traversé à pied. Tempêtes de grêle en Angleterre les 10 et 28 août. La sécheresse persistante depuis plusieurs années cause de grands dommages à la végétation. Le 26 octobre, crue du Rhône.

Anno 1803 : Le 1 janvier, tempête en Angleterre. Eté très chaud et grande sécheresse en Europe. Il pleut très peu du 4 juin au 1er octobre. La pluie augmenta vers le commencement d’octobre ; après quoi, la sécheresse reprit jusqu’au 9 novembre. Les puits et les fontaines tarirent. A Paris, le petit bras de la Seine resta presque à sec, et le niveau du fleuve indiqua, le 21 et le 27 novembre, 24 centimètres au-dessous de zéro. Dans quelques départements, l’eau manquait absolument ; on allait en chercher à trois ou quatre lieues, et il en coûtait trente sous pour abreuver un cheval. En Normandie, on nota une suite ininterrompue de 95 jours sans pluie. A Londres, la Tamise est asséchée. Tempête de grêle sur l’Angleterre le 21 juillet.

Anno 1804 : Les 8,19 et 22 janvier, 4 et 11 mai ouragans et tempêtes sur l’Angleterre. Janvier très doux en Alsace. En Angleterre, tempêtes de grêle les 4 et 8 mai, le 1 novembre. Les sauterelles « en nombre prodigieux » causent de grands dégâts dans la région de Marseille. Le 28 décembre, la Tamise atteint un niveau « jamais vu » à Londres.

Anno 1805 : En avril, tornade sur la Manche. En Angleterre tempêtes de grêle les 28 juin et 30 juillet. Tempêtes sur l’Angleterre les 6 juillet, 8 et 9 novembre. Eté très chaud en Poitou.

Anno 1806 : Le 1 janvier, raz-de-marée et inondations à Anvers. En janvier violente tempête sur le Nord de la France et la Belgique faisant de nombreux dégâts. Tempêtes de grêle sur l’Angleterre les 6 juin, 7 ,22, 24 juillet, 29 août. En Provence, la sécheresse débute en mai. En juillet, le Rhône à un niveau très bas. Submersion des côtes de la baie du Mont-Saint-Michel suite à de violents tempêtes.

Anno 1807 : Le 3 mars, inondations à Paris. Tempêtes de grêle en Angleterre les 2,10,26 mai. Le 29 mai, tornades sur les Vosges et la Côte-d’Or. L’été fut caractérisé en Europe par des fortes chaleurs, des tempêtes, des chutes de grêle intenses et une grande sécheresse. L’Italie connait une vague de chaleur. Vague de chaleur également sur l’Allemagne, la Suède, la Russie. Le 31 juillet tornade sur le Pas-de-Calais.

Anno 1808 : Les 14 et 15 janvier, raz-de-marée aux Pays-Bas et en Flandre. Le 2 février, tempête à Cherbourg. Le 8 février séisme à Montpellier. Chaleur et sécheresse débutent en mai en Alsace. Le 25 juin, ouragan sur le nord de l’Italie. Tempêtes de grêle en Angleterre les 13,15 et 16 juillet, Le 30 août, tempête violente en Hongrie. Eté très chaud en Belgique. Sécheresse sur une grande partie de l’Europe, y compris en Russie. Le 17 novembre, violente tempête et submersion des côtes charentaises. Le 9 décembre, crue de la Tamise et inondations à Londres.

Anno 1809 : Hiver très doux sur le nord de la France et en Belgique. Grandes inondations aux Pays-Bas. Tempêtes de grêle en Angleterre les 28 mars,18 mai, Le 29 mai, tornade sur Paris et la Saône-et-Loire. L’été est qualifié de froid et pluvieux sur le sud de la France, avec de nombreuses averses de grêle.

Anno 1810 : En janvier, grande sécheresse en France. Le 16 février séisme à Héraklion faisant 2500 morts. Le 6 mars, violente tempête sur Cadix. Le 1 juillet, violente tempête sur l’Angleterre. Averses de grêle sur l’Angleterre les 15 juillet, 4, 14 et 15 aout, Le 19 septembre, tornade sur la Meuse. Les 3 et 10 novembre, marées exceptionnelles en Angleterre qui causent de nombreux dégâts.

Anno 1811 : En avril, importantes inondations en Hongrie. D’avril à juin, nombreuses tempêtes en France. Le 1 mai, tornade sur Paris et le Calvados.
Les 27 et 28 mai, tempêtes et grêle en Angleterre. Le 4 juin, raz-de-marée à Portsmouth. En Angleterre, tempêtes de grêle les 5 et 8 juin. France et Italie très affectés par la canicule. Eté très chaud et grande sécheresse sur toute l’Europe, marqué aussi par de nombreuses tempêtes . Les chaleurs furent partout précoces, intenses et prolongées. Les moyennes mensuelles de la température de Paris dépassent, cette année, de plusieurs degrés, les mois de janvier et d’août exceptés, les moyennes mensuelles déduites de vingt-et-un ans. Cet excès de chaleur éclata dès le mois de février ; et se poursuivit en augmentant de mois en mois, pendant les mois de mars, d’avril et de mai, avant de marquer une pause. Cette chaleur sèche tarit de bonne heure un grand nombre de ruisseaux que personne n’avait jamais vus à sec. Dans le Midi, les vents du sud, vents chauds, humides et étouffants, se prolongèrent en Provence jusqu’à la fin de l’année. Au midi comme au nord, la chaleur et la sécheresse épuisèrent la plupart des sources, desséchèrent les torrents et les fleuves, précipitèrent la maturité des fruits, consumèrent les plantes fourrageuses, et favorisèrent, en général, les récoltes de vin. A Toulon et environs, on mange les cadavres d’animaux dans l’état où on les trouve. Le 3 août, tempête en Irlande. Le 1 novembre, déluge de pluie sur l’ Ecosse « tel qu’on n’en a jamais vu ».

Anno 1812 : En janvier, on traverse le Rhône à pied sec. Le 10 janvier, brouillard sur Londres tel qu’à midi, la visibilité est de maximum 3 mètres. Le 20 mars séisme en Provence. Le 28 mai, tornade meurtrière sur l’Artois et le Pas-de-Calais. L’été est froid sur le nord de la France et la Bourgogne, mais sécheresse sur le Languedoc et la Provence. Le 21 octobre, la Tamise déborde.

Les années 1812 à 1818 voient se succéder des périodes de sécheresse catastrophique sur le bassin méditerranéen.

Anno 1813 : Durant l’été, des pluies incessantes causent des inondations sur l’est de l’Europe. Plusieurs tempêtes sont observées sur la France. En Angleterre, tempêtes de grêle les 17 mai et 9 juin. En juin et juillet, importantes inondations en Prusse et en Silésie. En juillet, Marseille est infestée de sauterelles. Le 26 juillet, tempête sur l’Angleterre. Le 15 août, importantes inondations en Croatie. Le 14 septembre, le Danube déborde. Le 28 septembre, importantes inondations en Europe de l’est. Du 20 au 27 décembre, brouillards intenses sur Londres.

Anno 1814 : Le 10 janvier, tempête sur Belfast, occasionnant une centaine de morts. Le 22 février importantes inondations en Angleterre. La période de février à mai est exceptionnellement sèche en Alsace. En Angleterre, tempêtes de grêle les 28 juillet et le 1 septembre. Sécheresse persistante sur la Provence. Les 16 et 17 décembre, ouragan sur l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande.

Anno 1815 : Nouveau printemps sec en Alsace. Sécheresse persistante en Provence et en Languedoc. Eté très chaud sur la France et la Belgique. En Angleterre, tempête de grêle le 6 août. Au Portugal, sécheresse intense qui cause d’immenses pertes dans le bétail. La Provence est envahie par les sauterelles.

Anno 1816 : Le 2 janvier, inondations en Irlande. En février, inondations en Angleterre. Année « sans été », températures fraiches, « les plus basses qu’on ait jamais vues », et fortes pluies continuelles en Europe, qui provoquent de nombreuses inondations et une catastrophe agricole. Le 10 juin, tempête de grêle en Bavière. Le 28 juin, ouragan en Allemagne. Le 11 juillet, tempête de grêle en Hongrie. En Angleterre, tempête de grêle le 21 juillet, et en août. En juin et juillet, inondations importantes aux Pays-Bas. Le 31 août, tempête en Angleterre. Le 2 septembre, importantes chutes de neige en Angleterre.

Anno 1817 : Le 21 janvier, tempête en Angleterre. Hiver doux en Alsace. Le 26 et 27 février, ouragan en Ecosse, en Irlande, en Angleterre et aux Pays-Bas. En mars, inondations importantes en Allemagne, en Angleterre et en France. Le 20 mars, ouragan sur Paris. Le 26 mai, inondations en Allemagne. Tempêtes de grêle en Angleterre les 21 et 23 juin, le 28 juillet. Les 4 et 5 juillet. Tempête et inondations importantes en Suisse. Le 11 juillet, tornade en Angleterre et en Allemagne. Eté très chaud et grande sécheresse sur l’Europe de l’ouest. De juin à septembre en Italie, on ne peut sortir qu’une fois la nuit venue. De nombreuses tempêtes (plusieurs dizaines) et chutes de grêle sont recensées sur toute l’Europe, dont l’énumération serait trop fastidieuse. Fonte accélérée des glaces au Groenland.

Anno 1818 : Les 12 et 15 janvier, ouragan sur l’ Ecosse. Le 15, ouragan sur l’Europe accompagné d’inondations. Le 1 mars, ouragan sur Marseille. Le 4 mars, ouragan sur l’Angleterre. le 7 avril une tempête cause de nombreuses destructions sur la Suède. Le 26 avril, tornade sur le Middlesex. Le 8 mai, de fortes pluies causent des inondations en Angleterre. Le 16 mai, une violente tempête de grêle ravage la Saône-et-Loire. A partir du 15 mai, une vague de chaleur règne sur une grande partie de l’Europe. Eté caniculaire en Alsace. En Angleterre, tempêtes de grêle les 19 et 27 juillet. En août, tornade sur le Lincolnshire. Automne inhabituellement chaud en Angleterre. Le 28 décembre, brouillard épais et impénétrable sur Londres et sa région.

Anno 1819 : Grandes inondations en Irlande du Nord. La Camargue est « dévastée » par les sauterelles. En juin, importantes inondations dans le Lincolnshire. tempête de grêle le 4 juillet dans le Yorkshire, le 13 juillet à Norfolk, le 24 juillet dans le Lincolnshire. Le 7 juillet, tempête en France. « Terrifiante » tempête de grêle dans la région de Montargis. Le 10 juillet violente tempête en Bretagne. En juillet, la chaleur est telle en Autriche que des gens meurent dans les rues. Chaleur torride en été en Provence. En septembre, tempête de grêle en Irlande. En France, une chaleur et une sécheresse inhabituelle précèdent l’hiver. En octobre, l’assèchement du Rhône permet des découvertes archéologiques. Le 2 novembre, pluie rouge sur Blankenberge.

Anno 1820 : Le 23 janvier, raz-de-marée aux Pays-Bas. Le 7 juillet, violente tempête en France. Les 30 et 31 juillet, tempêtes de grêle en Angleterre.

Anno 1821 : Sécheresse dans le Sud de la France. De août à novembre, pluies désastreuses et inondations en Irlande qui entrainent une famine. En automne une période de grande sécheresse commence en Belgique, période qui se poursuivra l’année suivante. En novembre, violente tempête en Cornouaille. En décembre, violentes tempêtes sur la France. Début d’hiver d’une douceur exceptionnelle sur la France, l’Italie et l’Espagne.

Anno 1822 : En janvier, plusieurs tempêtes sur la Grande-Bretagne. Inondations à Genève. Le 7 mai, grande tempête de grêle sur l’Allemagne. Tempêtes de grêle sur l’Angleterre les 25 et 30 mai. Après un hiver « extraordinairement clément », chaleur et sécheresse sur la France et la Belgique, et plus généralement sur toute l’Europe. Les températures du printemps sont équivalentes à celles relevées en août. En Provence, les moyennes sont très supérieures à la moyenne générale. Eté très chaud en Alsace. En Italie, la chaleur et la sécheresse sont excessives. Le 6 juillet, tornade en Pas-de-Calais. Le 22 août tornade en Seine-et-Marne. Le 12 décembre, ouragan sur l’ Irlande. Séisme en Bresse.

Anno 1823 : En janvier, violente tempête en Espagne. Le 26 août, tornade en Eure-et-Loire, nombreux dégâts et 3 morts.

Anno 1824 : Inondations à Belfast en Irlande. Averses de grêle en Angleterre les 22 mai ,20 juin,14 juillet,3 août. Pluies abondantes sur le nord de la France en été. Nombreuses inondations en Alsace-Moselle suite aux pluies abondantes pendant plusieurs mois. Grandes chaleurs sur le sud, tempête le 8 juillet et chaleur excessive à partir du 11 juillet. Le 14 juillet, tempête sur Londres. Invasion de sauterelles en Provence. Importante inondation en Allemagne, causant de nombreux morts. Grande sécheresse en Europe orientale. Les champs sont brûlés. Le 23 novembre, ouragan sur l’Angleterre. Violente tempête sur l’Alsace.

Anno 1825 : Violente tempête au Danemark, la mer submerge une partie du Jutland qui devient une île. Inondations à Rotterdam. Le 10 juillet tempête de grêle en Irlande. Eté très chaud et grande sécheresse en France et en Belgique. Des gens meurent sur les champs. La phase critique de la sécheresse débute en novembre 1824 et se poursuit jusque octobre 1825. La chaleur s’étend à l’Europe. Raz-de-marée aux Pays-Bas.

Anno 1826 : La chaleur et la sécheresse persistent en Europe, avec toutefois des pluies abondantes sur le sud. Tempêtes de grêle en Angleterre les 12, 18, 27, 28 juin. Les 3-4 août 1826 : Secousses ressenties à Saint-Malo . Le 26 août, tornade en Aude. En Suède et au Danemark, la chaleur exceptionnelle combinée à la sécheresse détruit les récoltes. Les journées sont obscurcies par les incendies de forêt. Eté caniculaire en Belgique.

Anno 1827 : Inondations destructrices à Naples. Tempêtes de grêle en Angleterre les 1 mai, 17 août. En été, grande chaleur en Suisse. Pluies abondantes sur le sud de la France. Inondations en Alsace en octobre.

Anno 1828 : Les 12 et 13 janvier, violente tempête sur l’Angleterre. Le 18 février, tempête sur Gibraltar et les côtes d’Espagne. Le 23 février, séisme en Hesbaye, dégâts aux bâtiments. Le 21 mars, tornade dans l’Eure. Le 23 mars, séisme dans le Nord de la France. Pluies abondantes et tempêtes sur le nord de la France. Chaleur et sécheresse sur le sud pendant le printemps et l’été . Le 17 juin, tornade dans le Doubs. Le 12 septembre tempête de grêle en Angleterre. Le 13 septembre, inondations en Irlande. Le 3 décembre, séisme en Rhénanie et en Belgique orientale.

Anno 1829 : Le 9 avril, inondations à Dantzig. Pluies abondantes et tempêtes en France. En juin, violente tempête de grêle en Espagne, on relève des glaces de plus de 2 kgs. Tempêtes de grêle en Angleterre les 14 et 31 juillet. En août, importantes inondations en Ecosse.

Anno 1830 : En janvier, sévères inondations et ouragan en Ecosse. En France, le début de l’année et l’été sont caractérisés par une alternance inhabituelle de froid et de douceur. Les 25 juin, 17 août, tempête de grêle en Angleterre. Le 25 juin, tornade en Seine-Maritime. Tempêtes et pluies sur l’Irlande. Le 11 juillet, violente tempête en France. Août connait ensuite une succession de tempêtes. Crue de la Seine en Seine-et-Marne.

Anno 1831 : En février, importantes inondations en Irlande. Tempête de grêle en Angleterre le 28 mai. En août, un brouillard extraordinaire baigne une partie de l’Europe, lumineux la nuit et diminuant la clarté du jour.

Anno 1832 : Janvier et février doux en France. A partir de mars, nombreuses tempêtes jusqu’en automne. Tempête de grêle en Angleterre le 16 juin. L’été est sec en France, la Seine est à son minimum en septembre. L’invasion de sauterelles s’intensifie en Provence. Le 18 août, tempête de grêle en Irlande. Douceur « anormale » en novembre et décembre en Alsace.

Anno 1833 : Le 2 juin, ouragan en Angleterre. Le 14 août, tempête sur Strasbourg. L’hiver 1833-1834 fut particulièrement doux en Belgique.8 mois consécutifs (de décembre à juillet) au-dessus des normales. Grand abaissement du niveau de la Fontaine-de-Vaucluse. 

Anno 1834 : Fait exceptionnel, au cours du mois de janvier 1834 il n’y eut aucun jour de gelée à Bruxelles. Pendant l’hiver, nombreuses tempêtes sur les côtes d’Angleterre, d’Irlande et d’ Ecosse. Tempêtes de grêle en Angleterre les 31 mai, 21 juin, 5 et 31 juillet,22 août . En août, tempête de grêle en Italie. Eté chaud en France accompagné d’une sécheresse sévère. Brouillards épais sur l’Europe et la Russie, causés par les incendies de tourbe et de forêts dus à la sécheresse. Après 7 mois de sécheresse, une pluie abondante tombe sur la Provence.

Anno 1835 : Hiver doux sur l’ensemble de l’Europe. Le 6 février, violente tempête sur la Méditerrannée et le centre de la France. Tempêtes de grêle en Angleterre les 10 juin, 10 et 11 juillet. En août, chaleur et sécheresse sur la France. Séisme dans les Alpes de Haute Provence. Le 13 septembre, tornade sur la Vienne. Le 2 octobre, tornade en Maine-et-Loire.

Anno 1836 : Violentes tempêtes hivernales sur la Manche et la Méditerrannée.
Une violente tempête traverse l’ Angleterre et la Belgique. les rafales dépassent 130 km/h à l’intérieur des terres. Ces tempêtes se poursuivront pendant le printemps et l’été, et gagneront en intensité. Le 30 janvier, tornade en Côtes-d’Armor. En mars, crue de la Seine en Seine-et-Marne. Le 8 mai, inondations à Paris. Inondations en Alsace à la mi-mai. Tempêtes de grêle en Angleterre les 4 et 6 juillet. L’été est très chaud dans le sud de la France. Une chaleur « anormale » règne également au Danemark, en Prusse et en Espagne. En août, sécheresse sur la France. Le 11 août, tornade en Haute-Garonne. Le 14 août, violente tempête en Angleterre. Le 29 novembre, « terrible ouragan » sur Londres et toute l’Angleterre, et les sur les côtes de France et de Flandre.

Anno 1837 : Le 30 juillet, tempête de grêle en Irlande.

Anno 1838 : Le 24 février violente tempête et submersion des côtes charentaises. Fortes crues du Rhin. Le 18 avril, ouragan sur l’Irlande. Le 15 juin, tornade dans l’Aisne. Le 17 juin tornade en Loire-Atlantique. Tempête de grêle en Angleterre le 4 juillet. En Provence, année de grande sécheresse. Durant l’automne, succession de terribles tempêtes en Europe. Le 28 octobre, ouragan sur la région de Londres.

Anno 1839 : Les 6 et 7 janvier terrible ouragan sur l’ Angleterre et l’Irlande. Immenses destructions à Liverpool où il y a de nombreux morts. Importantes inondations en Ecosse dues à des pluies abondantes. Nombreuses tempêtes en janvier et février. Tempête de grêle en Angleterre les 18 et 2 juin et 7 juillet. Le 18 juin, tornade en Seine-et-Oise. Une succession de tempêtes de grêle en Allemagne ruine une compagnie d’assurance. Grande chaleur et sécheresse extrême sur le sud de la France « la plus grande sécheresse dont on se souvienne », par contre le Nord connait de nombreuses pluies. Le 28 août, violente tempête sur Paris. Décembre très doux en belgique: le 25, il fait 14.7°.

Anno 1840 : De mai à novembre, nombreuses averses de pluie sur la France. Le 6 mai, tempête sur Paris. Manque absolu de pluie en Provence en juillet et août. Les bateaux à vapeur ne peuvent circuler sur le Rhône. le 07 novembre, une tornade ravage le nord-est de la Charente-Maritime et le sud des Deux-Sèvres. des villages sont ravagés. Inondation à Paris et sur l’ensemble de la France. En octobre, crue « calamiteuse » du Rhône.

Anno 1841 : Le 16 janvier, inondations en Angleterre. Tempêtes de grêle en Angleterre les 28 mai ,15 juillet et le 18 octobre. Succession de tempêtes violentes et de tornades en France, les 23 et 30 avril, le 3 mai, du 25 au 30 mai, les 7 et 23 juin, les 4 et 18 juillet, les 8 et 11 août. L’été est généralement froid. En Italie, l’été est très chaud. En novembre, graves inondations dans la région de Macon.

Anno 1842 : Averses de grêle en Angleterre les 28 avril, 27 mai, 1 ,2 et 25 juin, le 20 juillet, les 10, 29 et 31 août. Le 22 juin, un violent orage ravage la région de Macon. Tornade en Saône-et-Loire. Eté très chaud et grande sécheresse en France. la chaleur étant plus intense dans le nord que dans le Midi. A Paris, elle commença dès le 5 juin, et se prolongea sauf de rares intermittences jusqu’au mois de septembre. Il survint également de violentes tempêtes. Le 25 juillet et 24 août, tornades en Aude. Cette chaleur règne également en Europe.

Anno 1843 : Le 06 avril, séisme en Brabant. Le 23 mai, tornade en Hautes- Pyrénées. Tempête de grêle en Angleterre le 28 mai, le 10 juin, les 5 et 6 juillet, les 7 et 9 août.

Anno 1844 : Crue de la Loire en mars. Le 10 juillet, tornade sur le territoire de Belfort. Le 29 juillet, tornade dans le Nord de la France. Le 19 septembre tornade en Haute-Garonne .Le 22 octobre, tornade en Hérault

Anno 1845 : En mai, tempête de grêle en Irlande. Nombreuses averses de grêle en France. le 19 août, tornade sur la région de Haute-Normandie. Des gens furent projetés dans les airs. des arbres et des bâtiments furent pulvérisés. Il y eut 79 morts. En octobre, tempête de grêle sur le sud de la France. Inondations en Irlande.

Anno 1846 : Le 26 janvier, tornade en Eure-et-Loire. Les 18 mars et 24 juin, tempêtes de grêle en Irlande. Le 13 avril, tornade dans le dept du Nord. Printemps et été très chauds. Canicule et sécheresse en France, en Angleterre et en Belgique. 30% des récoltes sont détruites. Nombreux malaises et décès dûs à la chaleur. Le 29 juillet, séisme en Rhénanie. Le 1 août, tempête de grêle en Angleterre. Le 22 octobre, importantes inondations dans le centre et l’ouest de la France. Le 27 décembre, crue de la Seine à Paris.

Anno 1847 : Eté très chaud en Espagne et en Italie. Eté caniculaire mais pluvieux en Alsace.

Anno 1848 : Inondations en Ecosse. Le 10 juin, tornade dans l’Orne.

Anno 1849 : Fortes chaleurs de mai à juillet sur l’Alsace. Chaleur excessive sur le sud de la France.

AUX ENVIRONS DE 1850, FIN DU « PETIT AGE GLACIAIRE » et début d’un réchauffement du climat, surtout perceptible en hiver.

Jo Moreau

A suivre.

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QUI CONNAIT LA TEMPERATURE GLOBALE REELLE DE LA PLANETE ?

 


La question est posée dans un excellent article de Pierre Gosselin paru en juin 2017 sur son site incontournable (1).

Personnellement, et je ne suis évidemment pas le seul, je n’accorde aucun crédit aux annonces tonitruantes d’ « année la plus chaude », de « record de température » dont sont si friands nos médias, et je conserve un scepticisme identique pour la détermination de la température globale moyenne de la planète. En effet, pour qui s’intéresse à l’actualité climatique, les contradictions et manipulations dans les relevés de température terrestre sont monnaie courante, sous prétexte bien souvent d’ajustements et de mise à niveau, que ce soit pour les relevés actuels ou « l’actualisation » de données anciennes…
« L’avenir est connu, il suffit de modifier le passé« .

Les satellites, par exemple, ne collectent pas directement des températures comme telles, mais captent la luminance de l’atmosphère et de la mer à l’aide de capteurs infra-rouge. Ces données sont ensuite transformées en températures au moyen de modèles informatiques. Et les instruments de capture des satellites actuels ne sont pas identiques à ceux du premier satellite météo en 1960…

Pour ce qui concerne les relevés terrestres, un premier réseau de stations météo est établi en France fin du 18e siècle, et en Europe vers 1860, mais les instruments tout comme l’architecture des stations ne sont pas standardisés, et évolueront techniquement et pas toujours parallèlement. Des normes internationales seront imposées par l’OMM en 1951.
Depuis 1995 environ, les thermomètres classiques ont été remplacés par des thermomètres électroniques. Le climatologue Klaus Hager constatait que ces derniers étaient bien plus sensibles, et affichaient des températures en moyenne plus élevées de 0.9° C que leurs prédécesseurs.(2) . L’évolution technique des anémomètres entre autres est également spectaculaire, au même titre que tous les instruments de mesure météorologiques.

.
On pourrait également parler de la localisation des stations météo, aux relevés parfois très influencés par la modification de leur environnement, soit lorsqu’elles sont peu à peu « avalées » par la ville, soit par les changements du « paysage », agricole ou forestier. Lorsque l’ IRM (3) par exemple parle de « record de température » à Bruxelles, il n’y a jamais aucune réserve quant à l’influence du phénomène de « puits de chaleur », qui s’intensifie avec l’expansion urbaine.

Il faut aussi tenir compte de l’imprécision des mesures, dues par exemple à « des imprécisions de l’instrument de mesure, le mauvais fonctionnement des senseurs, les imprécisions liées à la calibration des senseurs, les imprécisions liées à l’installation de la station de mesure (emplacement, …) et les erreurs d’observation ou de lecture des données » . (4)

Le même processus peut s’appliquer aux températures des océans, depuis le seau d’eau de mer remonté par les équipages pour y plonger un thermomètre dans des temps pas tellement reculés, jusqu’aux balises Argo actuelles.

Mais revenons à l’article de Pierre Gosselin, qui parle ici du « record d’année la plus chaude en 2016 » dont je ne reprends ci-dessous que quelques paragraphes, dans une traduction « maison ».

Jo Moreau.

Quel bordel! Der Spiegel illustre le fait que les scientifiques ne connaissent pas la température réelle de la planète

L’ Institut européen pour l’énergie et le climat (EIKE) , basé en Allemagne, indique ici qu’il est évident que personne connait réellement la vraie température moyenne mondiale, et affirmer que la planète est la plus chaude depuis le début des mesures n’a aucun sens .

En 1995, elle était de 15,4 ° C. En 2016, on nous présente 14.8°c comme étant un nouveau record !
Pendant des décennies, on a supposé que la température moyenne normale du globe du 20ème siècle était de 15 ° C. Mais soudain, cette année, il est signalé dans tout les médias que 2016 a atteint un nouveau record: 14.8 ° C !

En 1995, Der Spiegel et beaucoup d’autres, citant James Hansen, ont signalé que la température globale avait atteint un «record» de 15,4 ° C !

Cela a amené le vice-président d’EIKE, Michael Limburg, à écrire :  » L’année la plus chaude depuis le début des mesures est révélée significativement plus fraiche que la valeur moyenne de 1995, soit 15,4 ° C « .

« Quelque chose d’étonnant »

Il s’avère que les chercheurs du « Klimamanifestes von Heiligenroth » ont publié une vidéo qui examine la valeur de la température absolue du globe . Et ce qu’ils ont trouvé dans la littérature est quelque chose d’étonnant, Limbourg écrit:

L’année proclamée la plus chaude de 2016 (14,8 ° C) est en fait 0,6 ° C plus frais que 1995 (15,4 ° C)!

La vidéo résume l’histoire de la température moyenne globale globale absolue , qui depuis des dizaines d’années a été supposée être de 15 ° C. Voici la chronologie de ce que la littérature a déclaré dans le passé:

1896: Svante Arrhenius, 15,0 ° C
1975: Stephen H. Schneider, 15,0 ° C
1979: Christian Schönwiese, 15,0 ° C
1981: James Hansen, 15,0 ° C
1986: Spiegel, 15 ° C
1988: Hansen, NYT, 15 ° C
1988/1989: Der Spiegel, James Hansen, 15,4 ° C
1995: aucune publication trouvée inférieure à 15 ° C.
1995: Der Spiegel, citant James Hansen, 15,4 ° C
Température globale de 1995: 15,4 ° C.

En 2017: OMM, ZDF, Der Spiegel, 14,8 ° C (=température record)

Jusqu’en 1995, la température moyenne globale avait toujours été supposée être de 15 ° C, et sa remontée à 15,5 ° C a été considérée comme un signe de réchauffement rapide.

Der Spiegel dans son édition imprimée en 2015 a abaissé drastiquement la température absolue, et a utilisé une toute nouvelle source de données: Japan Meteorological Agency. Le principal objectif était de montrer aux lecteurs l’augmentation rapide des températures.

Puis, le 18 janvier 2017, le Der Spiegel en ligne a soudainement adopté la nouvelle base de 14 ° C, proclamant un nouveau record de tous les temps de 14,8 ° C.

Sans aucun doute, Der Spiegel a mis en lumière la confusion généralisée concernant la température moyenne globale, le fait qu’elle semble avoir été rabaissée de 1 ° C, de 15 ° C à 14 ° C sans que personne ne sache ce qu’il en est réellement.

Questionné à plusieurs reprises sur ce fait par mail, l’éditeur de Der Spiegel, Marco Evers, a répondu de manière cavalière qu’il n’avait « aucune raison de poursuivre le débat plus avant», qu’ils s’appuyaient sur la littérature évaluée par les pairs et des documents d’institutions comme le GIEC, ainsi que la NASA et l’OMM « .

De toute évidence, il existe une confusion complète quant à savoir quelle devrait être la température moyenne absolue du globe. Selon la source, il est soit 14,8 ° C (OMM), soit 15,8 ° C (NASA). Ici, nous parlons d’une différence notable par rapport à des organismes qui revendiquent la capacité de mesurer la température globale avec une précision de quelques centièmes de degrés.

Il n’est pas étonnant que certains lecteurs aient récemment interrogé Der Spiegel sur cette importante divergence, auxquels l’hebdomadaire allemand a refusé de répondre. De toute évidence, la question est très embarrassante.

(1) http://notrickszone.com/2017/06/17/what-a-mess-spiegel-reveals-scientists-dont-know-real-temperature-of-the-planet/#sthash.Tsa2mYRu.4ebe6h8r.dpbs

(2) https://belgotopia.wordpress.com/2015/01/19/interview-du-climatologue-klaus-hager/

(3) Institut Royal Météorologique.

(4) http://www.agrometeo.ch/sites/default/files/u10/stations_meteo-fr.pdf

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LES CONFLITS D’ INTERET AU GIEC

 

Donna Laframboise est une journaliste canadienne fortement impliquée dans le combat anti-pensée unique dans le domaine climatique, et auteur de nombreux articles et ouvrages sur le sujet. Dans ce billet paru sur son site (1), elle reprend des éléments déjà connus, mais qu’il est bon de rappeler, sur des failles importantes dans ce qui devrait être une approche déontologique rigoureuse du travail du GIEC.

En dehors même de ces conflits d’intérêt, on peut également noter la reprise dans des rapports du GIEC, de rapports de GREENPEACE, notamment sur l’intérêt des énergies renouvelables publié par Sven Teske. 

Complémentairement à l’article de Donna Laframboise, il semblerait que les différents groupes de travail du GIEC n’aient pas la même définition d’un conflit d’intérêt. On peut identifier deux formes principales de conflit d’intérêt : soit l’utilisation d’une étude rédigée par un auteur ou coauteur du GIEC, ce qui revient à publier des études qu’on utilisera ensuite dans une auto-justification, (voir aussi à ce sujet un billet précédent : http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2013/01/03/methodes-interpellantes-au-sein-du-giec.html ), soit la présence en ses rangs d’un salarié de l’industrie ou d’un membre ou d’un proche d’une ONG militant dans le domaine idéologico-politique.

On se rappelle que des contributeurs du GIEC, salariés de l’industrie chimique, avaient été accusés par diverses sources de conflit d’intérêt en 2016, que dire alors de membres ou proches d’ONG militantes, qui semblent de plus en plus se substituer aux organes démocratiques dans la direction de nos sociétés…

En 2011, Si le groupe n° 1 a décrété qu’un membre d’une ONG impliquée dans les questions climatiques ou énergétiques ne pouvait être l’auteur principal d’un rapport du GIEC, il n’en était pas ainsi dans les autres groupes. D’autre part, les obligations découlant de la possibilité d’un conflit d’intérêt décrétées par le GIEC en 2014 restent très vagues sur ces points. 

En 2004, Monsieur Jean-Pascal VAN YPERSELE de STRIHOU, élu vice-président du GIEC en 2008, avait ainsi co-rédigé un rapport de GREENPEACE sur l’évolution du climat en Belgique, impliquant l’utilisation massive de combustibles fossiles comme cause du changement climatique. (14)

L’absence de règles claires dans la nomination des experts est un vrai problème, un de plus, qui entache le travail du GIEC.

Mais revenons au billet de Donna Laframboise.

En voici une traduction maison.

Jo Moreau.

« Le GIEC devrait développer et adopter une politique rigoureuse quant aux conflits d’intérêt, qui s’appliquerait à toutes les personnes directement impliquées dans la préparation des rapports du GIEC ».
Conseil inter-académique – Revue du GIEC 2010.

La décision climatique la plus importante de l’histoire a été prise par des personnes impliquées dans d’importants conflits d’intérêts.

En novembre 1995, le Groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC) a proclamé pour la première fois que les humains étaient la cause des changements climatiques. Cette conclusion se fondait alors sur une seule étude non-publiée. Quatre mois après cette déclaration, l’étude a été soumise à une revue de premier plan. Trois mois plus tard, elle était publiée (3) .

Le monde a alors appris que 25% du personnel du GIEC chargé de prendre cette orientation cruciale était impliqué dans cette recherche. Neuf personnes, dirigées par Ben Santer , ont évalué le caractère pertinent de leur propre travail scientifique – et ont jugé que cela semblait suffisant pour changer l’orientation de l’histoire industrielle. Un premier conflit d’intérêt flagrant était né.

Les revues académiques reçoivent chaque année des milliers d’articles scientifiques de la part de chercheurs qui espèrent voir leur travail publié. Les documents sont envoyés à des tiers compétents pour évaluation. Ce système, connu sous le nom de peer review, présente de nombreuses lacunes. Mais quand le système fonctionne comme il est censé le faire, il freine les revendications exagérées.

Dans « Searching for the Catastrophe Signal » (2), Bernie Lewin note que cette étude a été édulcorée pendant le processus de pré-publication. (Si les critiques des relecteurs sont jugées valables, les revues insisteront sur des modifications comme condition de publication.)

Selon les termes de Lewin, le titre de la version publiée ne proclame aucune conclusion, mais décrit seulement le processus de recherche sur l’ influence humaine (son accent) (3). Le résumé qui l’accompagne nous dit qu’il est probable qu’une tendance de la température est «en partie due aux activités humaines, bien que de nombreuses incertitudes demeurent …» (souligné par mes soins).

En d’autres termes, la première fois que des spécialistes extérieurs ont eu l’occasion de se pencher sur cette étude, ils ne furent pas convaincus par les conclusions péremptoires qu’en tira le GIEC. Les normes d’une revue scientifique sont évidemment plus élevées que celles d’un organe des Nations-Unies.

Un examen des procédures du GIEC en 2010 a identifié de nombreux domaines de préoccupation . Parmi eux, le fait surprenant que, 22 ans après sa création, le GIEC n’avait toujours pas de politique quant à d’éventuels conflits d’intérêts.

Les scientifiques du GIEC citent régulièrement leur propre travail – et se prononcent sur le travail d’autres scientifiques. Mais nous sommes priés de prendre leurs conclusions au sérieux.

Donna LAFRAMBOISE.

 

(1) https://nofrakkingconsensus.com/2018/01/29/crucial-climate-verdict-naked-conflict-of-interest/

 

(2) https://www.amazon.com/Searching-Catastrophe-Signal-Origins-Intergovernmental-ebook/dp/B077N36Q3Z/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1511464090&sr=8-1&keywords=bernie+lewin

 

(3) https://www.nature.com/articles/382039a0

 

 

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SUR L’ ECOLOGISME

 

Voici un texte paru en 2010 sur le site « Droit de Cités » (5).

Comme d’autres, plus ou moins récents et dont je me suis déjà fait l’écho (6), il dénonce le caractère rétrograde d’une idéologie tournée vers la malédiction du progrès, le refus du débat dans le domaine climatique notamment, et la promotion d’une grande religion planétaire ayant vocation à diriger le monde.

Si ce texte conserve intégralement sa pertinence, l’évolution la plus marquante depuis 2010, réside dans le fait que l’idéologie écologiste a -en Europe principalement- quitté son confinement sectaire pour être aujourd’hui adoptée par l’ensemble du monde politique, du public, des médias, louant inlassablement un discours passéiste à caractère totalitaire.

Jo Moreau

L’écologisme qui commence sous nos yeux à élaborer ses rituels culpabilistes est le plus crédible des candidats à une sacralité renouvelée et réinvestie pour le siècle nouveau. Si le problème du monde ci-devant judéo-chrétien est toujours celui d’un Salut par l’ascèse, le salut écologique a, à mon avis, un bon potentiel. Je pense que l’idéologie écologiste qui carbure à l’angoisse des technologies nouvelles, en contraste absolu avec le goût des cheminées d’usine crachant leurs suies roboratives du productivisme socialiste d’autrefois, est une des expressions contemporaines de l’angoisse sacrée comme régulateur social faute de projets communs. Elle est sans rapport de continuité avec la ci-devant pensée progressiste-historiciste mais elle en forme précisément la Umwertung der Werte, l’inversion des valeurs, remplaçant la validation des industries humaines et l’impératif saint-simonienne de la maîtrise de la nature par leur dévaluation au profit du culte inverse de la nature impolluée. «L’écologie entretient au contraire des relations de bon voisinage (…) avec l’attachement à la terre, au passé, à l’identité qui expriment, même modernisés, le vieil atavisme conservateur», remarque Alain Minc. [1]

L’écologisme est non seulement le seul mouvement actuel qui présente un potentiel de mutation en millénarisme, mais en fait, on peut voir en «temps réel» cette mutation s’opérer en Amérique. Des sectes écolo-millénaristes attendent une catastrophe ultime qui engloutira les Pollueurs, suivie d’une régénérescence écologique où ne survivront qu’une poignée de Verts. L’esprit eschatologique, chassé de l’histoire, se réfugie ainsi en une nature réifiée comme de «l’anti-histoire»: c’est une hypothèse élégante qui est celle développée par D. Folscheid. [2]

Si un nouveau syncrétisme doit naître, les quatre ingrédients, victimalisme/culpabilisme, droit-de-l’hommisme, écologisme, pacifisme sont tous disponibles pour une synthèse à venir. On voit déjà l’écologisme et ses variantes les plus mystiques comme l’écolo-féminisme, se combiner tout naturellement avec le New Age et les millénarismes américains. On verra en allemand, la «Petite théologie politique du Mouvement Ökopax [écolo-pacifiste]» extrapolée par Otto Kallscheuer, Glaubens Fragen. Über Karl Marx und Christus und andere Tote. [3]

Quelque chose de gnostique persiste dans le renversement même des valeurs dont je fais état, du progressisme à l’écolo-religiosité : la civilisation industrielle est et demeure, du socialisme utopique à l’écologisme, l’Empire de l’Antéchrist. On perçoit ou entrevoit le potentiel passionnel de zèle de la sacralisation écologique avec son esprit de censure et d’intimidation, sa volonté de rééducation des méchants, son fanatisme possible. La «bonne conscience» des croyants humanitaires et écologiques et l’ébauche de chasses aux sorcières par ces nouveaux enthousiastes complète un tableau psycho-social virtuel conforme à la religio perennis. «L’illusion persécutrice, disait René Girard, sévit plus que jamais». [4]

Marc ANGENOT  D. Phil & Lit., MSRC. Chaire James Mc Gill d’étude du discours social. James McGill Professorshjip of social discourse theory, MPcGill University.

[1] Le nouveau Moyen Âge, Paris, Gallimard, 1993, 111.
[2] Dominique Folscheid. L’esprit de l’athéisme et son destin. Paris: Éditions Universitaires, 1991. Format poche, éd. revue: Paris: La Table ronde, 2003.
[3] Frankfurt aM: Frankf. Verlagsanstalt, 1991.
[4] R. Girard, Le bouc émissaire. Paris: Grasset, 1982, 64.

(5) http://droitdecites.org/2010/03/15/marc-angenot/

(6) https://belgotopia.wordpress.com/2017/09/26/la-grande-religion-climatique/

https://belgotopia.wordpress.com/2017/08/28/la-peur-du-rechauffement-et-lexces-dans-la-malediction/

https://belgotopia.wordpress.com/2017/07/05/la-chasse-a-l-heresie-climatique-au-xxie-siecle/

et d’autres …

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COP 23, ECHEC CONJONCTUREL OU STRUCTUREL ?

Le 07 décembre 2017 était organisé à Paris par le groupement des « climato-réalistes » un débriefing de la COP 23 vu dans l’optique des contestataires de la pensée unique climatique.
Drieu Godefridi prononça l’intervention reprise ci-dessous. Drieu Godefridi est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles illustrant la société sous un angle libéral, et est également actif dans la lutte contre la « climatocratie ». Son livre « Le GIEC est mort, vive la science » paru en 2010 et dénonçant le caractère politique et non-scientifique du GIEC, est pleinement d’actualité, malgré un titre un peu trop optimiste…

Bonne lecture !

Jo Moreau.

 

Monsieur le Président Václav Klaus,

Mesdames et Messieurs,

De l’avis général, la COP23 est un échec. Est-ce vraiment le cas ? Pour s’en assurer, je vous propose d’analyser la résolution adoptée au terme de cette réunion « Conférence des parties » (COP) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques qui vient de se tenir à Bonn, Allemagne.

Le communiqué final de la COP23 débute par cette phrase : « Les pays se sont mis d’accord aujourd’hui pour mettre en œuvre les prochaines étapes en vue d’une plus grande ambition en matière d’action climatique avant 2020 ». Une phrase qui ne veut, bien entendu, strictement rien dire, puisqu’il s’agissait par hypothèse de faire le bilan (passé) de la réunion qui venait de se tenir et non d’annoncer de futures réunions. Le ton est donné.

Il est ensuite rappelé que « L’objectif central de l’Accord de Paris est de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C et la plus proche possible de 1,5°C – la limite inférieure est jugée cruciale pour la survie de nombreuses petites îles et de pays vulnérables. » : la survie ! C’est de la survie de pays entiers qu’il est donc question ! Une affirmation qui, d’un strict point de vue scientifique, est sans fondement.

Est ensuite annoncée l’adoption d’un « Plan d’action pour l’égalité des sexes », dont la mention dans la résolution finale d’une réunion sur le climat n’étonnera que ceux qui ne sont pas familiers de la glorieuse littérature onusienne.

La COP23 se réjouit de l’adoption d’ « un rapport scientifique spécial, réalisé pour la Conférence par Future Earth et Earth League », deux ONG environnementalistes qui n’ont bien sûr rien de scientifique.

« La COP23 à Bonn, poursuit le communiqué, s’est déroulée dans un contexte de catastrophes naturelles sans précédent qui ont détruit logements, familles et économies d’Asie, des Caraïbes et des Amériques ». Ce qui est doublement erroné : d’une part, la science n’indique en aucune façon une aggravation des occurrences ou intensité des catastrophes naturelles (mensonge n°1), d’autre part le lien entre catastrophes naturelles et réchauffement climatique n’a jamais été établi (mensonge n°2).

« Bonn a mis en évidence que le soutien à l’Accord de Paris est fort et que ce voyage que le monde a entrepris est un mouvement irrépressible, soutenu par toutes les sphères de la société, partout dans le monde » : irrépressible, soutenu par toutes les sphères de la société, partout : Ceaucescu n’aurait pas osé. Surtout après le retrait américain.

Sont ensuite annoncées une série d’initiatives locales visant à promouvoir les énergies renouvelables. Des initiatives qui ont en commun d’être très « locales » en effet, dans un futur hypothétique, et toujours financées par l’Occident.

Est ensuite annoncée la « création d’une nouvelle association visant à renforcer la couverture médiatique et les reportages sur le climat dans le Pacifique », ce qui ne manquera pas de réjouir ceux qui estiment que nos médias ne parlent pas encore assez du climat.

« L’Alliance pour la sortie du charbon » est également célébrée et signée entre autres par la Belgique qui n’a, simple détail, aucune centrale au charbon en activité.

N’oublions pas de relever, pour conclure, l’initiative « America’s Pledge », qui « rassemble des dirigeants des secteurs privé et public pour garantir que les États-Unis demeurent un chef de file mondial en matière de réduction des émissions, et qu’ils respectent les objectifs climatiques du pays dans le cadre de l’Accord de Paris. » Dit autrement, un organisme onusien met en place un mécanisme pour contrevenir à la politique officielle de la présidence et de la majorité parlementaire des Etats-Unis d’Amérique. Good luck, et tellement révélateur d’une certaine arrogance onusienne sans le moindre égard pour la volonté démocratique des peuples.

***

N’étaient les sommes considérables qui sont en jeu, on serait tenté de qualifier la COP23 de risible mascarade et de passer immédiatement à autre chose, tant ce communiqué ridiculise ses auteurs et les participants de la COP23.

Cet échec est-il conjoncturel ou structurel ?

On assiste, selon moi, à la fin d’un processus. Quand le 1er juin 2017, le président des Etats-Unis annonce sur la pelouse de la Maison-Blanche que son pays se retire de l’Accord de Paris, la fête est finie.

En effet, quelle est la substantifique moëlle de l’Accord de Paris ? La décarbonisation de l’Occident, financée par l’Occident et la décarbonisation du reste du monde, également financée par l’Occident. En réalité, seule la première de ces deux décarbonisations commence maintenant puisque le reste du monde se voit reconnaître de facto — notamment la Chine — le droit de continuer à augmenter ses émissions de CO2 au moins jusqu’en 2030 (sic).

Cette résurgence tardive du tiersmondisme se concrétise par le Fonds vert, alimenté chaque année à concurrence de 100 milliards de dollars — chaque année ! — au profit, concrètement, de chefs d’Etat asiatiques, africains, etc.

Comment ces Etats pourraient-il ne pas défaillir de plaisir en contemplant la perspective de cette manne ? Comment la haute finance pourrait-elle ne pas s’en réjouir, elle qui serait immanquablement appelée à gérer ces sommes astronomiques directement prélevées dans la poche des contribuables occidentaux au profit de chefs d’Etat étrangers ?

Tel est, Mesdames et Messieurs, la formule magique de l’Accord de Paris.

Etait. Car maintenant que les Américains se sont retirés, il revient aux seuls Européens d’alimenter les Fonds vert. Or, les Etats européens, qui sont à la fois surendettés et qui pratiquent des taux fiscaux déjà confiscatoires et les plus élevés au monde, sont incapables de se substituer financièrement aux Américains. Dès lors, l’Accord de Paris devient déjà nettement moins séduisant pour le « reste du monde » ( ceux qui vont recevoir l’argent des contribuables occidentaux tout en continuant d’augmenter leurs émissions de CO2). Il le deviendra moins encore quand il s’avèrera que les Européens ne sont pas même aptes à honorer leurs propres engagements — ce qui immanquablement arrivera, car leurs finances sont exsangues.

Et puis, il y a la réalité économique. Déjà aujourd’hui, l’électricité allemande est trois fois plus onéreuse que l’américaine. Il n’y a pas une seule entreprise allemande — à l’exception de quelques grandes — pas une seule PME, pas un seul entrepreneur et, surtout, pas un seul ménage, qui ne s’en trouve cruellement pénalisé. À politiques inchangées, cette divergence transatlantique ira s’accentuant, jusqu’à atteindre des niveaux intenables même pour l’économie allemande, a fortiori pour des nains économiques tels que la Belgique.

Par ces deux motifs, parfaitement rationnels et purement analytiques, nous sommes en mesure de diagnostiquer, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, le caractère structurel et non plus seulement conjoncturel de l’échec la COP23.

Je vous remercie pour votre attention.

Drieu Godefridi.

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