« L’autisme est un handicap d’apprentissage à l’origine de problèmes de comportement entraînant un décalage et un manque de compréhension de l’environnement associé à une difficulté à communiquer correctement ».
Le futur gouvernement sera confronté à deux défis principaux : la résolution qu’on espère définitive du problème communautaire, et la crise monétaire et économique qui menace la crédibilité des Etats, et jusqu‘à l‘existence même de l‘Union Européenne.
Pour ce qui concerne le communautaire, j’assiste avec consternation à la campagne électorale de nos partis francophones, et à leur absence totale de réponse « miroir » à ce qui se passe en Flandre, où ce problème est très présent dans la campagne électorale, les derniers sondages en témoignent. Rappelons-nous tout de même que le gouvernement précédent est tombé sur la question communautaire.
La montée en force des idées séparatistes en Flandre fut largement alimentée ces dernières années par le refus systématique du monde politique francophone de prendre en compte les demandes flamandes de négociations institutionnelles.
Face à cette évidence, nous avons un « Front des Francophones », dirigé à la baguette par un Maingain, qui sous des dehors jésuitiques du style « moi un extrémiste ?, où allez-vous chercher cela », ne rate pas une sortie provocatrice propre à faire échouer toute négociation. Parfaitement aidé en cela dans les récentes crises par la RTBF, pour qui il apparaissait comme le seul porte-parole francophone, face au seul porte-parole flamand Bart De Wever.
Aucun parti francophone n’ose prendre l’initiative d’un programme clair et progressiste pour l‘avenir institutionnel de notre pays, apte à servir de base de négociation crédible face aux demandes flamandes. Je ne parle pas de diverses personnalités lançant des ballons d’essai à titre strictement privé, et prêt à soutenir le lendemain le contraire de ce qu’ils ont suggéré la veille. De part et d’autre de la frontière linguistique, tous les partis en sont au même point : plus francophone (flamand) que moi, tu meurs.
Pour la survie de la Wallonie -et de la Belgique-, il serait pourtant indispensable de ne plus jouer à l‘autruche. La Flandre veut une autonomie la plus large possible, et encore une fois, c’est son droit le plus strict de mettre ce problème sur la table. En face, un monde politique francophone qui depuis des décennies ignore cette demande, et n’a jamais voulu négocier une réforme de l’Etat en partenaire responsable, au risque de voir se l’imposer demain sans plus aucun ménagement, et dans sa forme la plus intransigeante.
Comme seule riposte, nous ressortons les drapeaux, l’unité du pays et le bilinguisme comme seuls antidotes obsolètes et unilatéraux, et affirmons que le principal problème est le social et la crise. A chaque coup, nous disons que ce n’est vraiment pas le moment de s’occuper de cela, et renvoyons les Flamands à nos fantasmes d‘un pays uni où chaque francophone est partout chez lui. Or, je crains beaucoup que cette fuite en avant se clôturera le lendemain de ces élections par un tout droit dans le mur.
Nous sommes face à deux conceptions radicalement différentes de ce que doivent être les régions (con)fédérées : le droit du sol flamand, contre le droit des gens francophone. Deux notions incompatibles ? Sans doute si l’une veut s’imposer contre l’autre dès demain, mais je suis persuadé qu’un accord réaliste est envisageable et des solutions applicables dans un avenir raisonnable. Et il faut bien constater que partout dans le monde, la seule notion qui tienne la route est le droit du sol. Bien sûr, cela est difficile à admettre au sein d’un même pays, mais en va-t-il autrement dans tout pays à structure fédérale, d’autant plus lorsque nous sommes face à deux entités linguistiquement différentes, et socialement ainsi que politiquement divergentes ?
Alors que nous nous gargarisions d’être un laboratoire des « compromis à la belge » que le monde entier nous enviait (?), nous aurions intérêt aujourd’hui d’aller voir ailleurs comment cela se passe… Je parle bien entendu de pays raisonnables tels que la Suisse ou le Canada.
Encore une fois, il n’est pas question d’accepter telles quelles toutes les revendications flamandes, dont certaines sont imbuvables, mais accepter l’ouverture de négociations win-win, sans tabous ni exclusives en reprenant l‘initiative.
Pour ce qui concerne le volet social et économique, tous nos partis clament en chœur qu’il s’agit là de la véritable et unique priorité pour nos populations.
Rappelons que la crise peut se développer soit vers la perte de confiance envers la capacité de remboursement de leur dette, des pays dont on peut douter du développement ultérieur de leur économie, ou de leur capacité à réduire leurs dépenses. En toute hypothèse, il faut s’attendre à une inflation galopante au vu de la masse monétaire créée dans tous les pays développés depuis maintenant deux années.
Or que constatons-nous ? Tous les pays européens se sont engagés dans des réformes drastiques permettant, du moins on l’espère, de réduire la dette qui s’est dramatiquement creusée depuis le début de la crise qui menace l’avenir financier de nos pays. Tous les régimes, qu’ils soient de droite ou de gauche, admettent qu’il faut réduire les dépenses pour tenter de survivre.
Seule la classe politique wallonne estime que chez nous tout va bien, puisqu’ aucun parti ne prévoit une quelconque restriction drastique dans les dépenses sociales et autres, telles que le paiement d’indemnités de chômage sans limitation de durée ni contrepartie, des allocations familiales pour chaque enfant quel qu’en soit le nombre, d’une couverture médicale maximale quels que soient les revenus du bénéficiaire, d’une kyrielle de services gratuits pour certaines catégories de population, de subventions en tous genres pour des asbl aux objectifs aussi nébuleux qu’incontrôlés, d’administrations pléthoriques dont les compétences souvent se chevauchent. Je m’arrête …mais la liste n’est pas close, loin de là !
Parallèlement à ces restrictions de dépenses, il va falloir augmenter les recettes. Les pistes les plus acceptables pour préserver le développement sont la lutte contre toutes les fraudes, et la taxation des (très) hauts revenus et des transactions financières.
Mais , dans un bel élan de générosité avec l’argent des contribuables, certains programmes électoraux prévoient au contraire une augmentation des dépenses publiques, dans une totale négation de la réalité économique catastrophique dans laquelle nous sommes plongés.
Rien de tout cela n’est pris en compte dans la campagne électorale, du moins dans les partis susceptibles de gouverner. Aucune vision réaliste et garante d’un avenir pour les jeunes générations. Aucune mesure concrète n’est proposée. Les programmes qu’on nous sert aujourd’hui sont pratiquement les mêmes qu’il y a deux ans, qu’il y a dix ans.
Rien que du vent, un vide abyssal déconnecté de la réalité, un autisme intégral …
D’ ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE !
Jo Moreau.