UN CLERGÉ SCIENTIFIQUE AUX COMMANDES DE L’ÉTAT ?

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Thea DORN, née en 1970 et titulaire d’un master en philosophie, travaille comme  publiciste, critique littéraire et présentatrice de télévision à Berlin.

L’article dont il est question ici est paru dans l’hebdomadaire allemand « Die Zeit » le 04 juin 2020 (1). A la lumière de la pandémie du Covid 19 d’une part et du débat climatique d’autre part, elle dénonce les dérives de scientifiques, et leurs tentatives de supplanter le politique dans la direction de la chose publique, notamment à l’aide d’arguments proches de ceux utilisés par la religion.

Ce thème a été développé de nombreuses fois par divers auteurs, et mon blog en a fait l’écho (2).

Je vous propose de larges extraits de son article, centrés sur le débat climatique.

Une réflexion personnelle cependant : dans les différents et nombreux commentaires sur la pandémie du Covid 19, j’ai entendu à de multiples reprises les intervenants engager un véritable débat contradictoire, que ce soit sur les origines de la pandémie que sur les mesures prises pour la contrôler. Un débat semblable est systématiquement refusé dans le domaine climatique par les mêmes médias ou animateurs de la presse écrite et audio-visuelle belge.

Une autre remarque concerne l’utilisation du terme générique « la science », qui ne recouvre rien de concret, mais a une connotation de Vérité définitive et absolue, et qui devrait être remplacée par « des scientifiques ».

Ainsi, j’aime une citation de Lucia DE BROUCKERE – Docteur en chimie  – Chargée de cours à l’Université de Gand en 1930 – Professeure à l’Université Libre de Bruxelles de 1937 à 1974 :

« Ce qui m’a frappée au cours de mes recherches, c’est l’extraordinaire cohérence interne des théories dont l’expérience a démontré de façon inéluctable qu’elles étaient inexactes. Les sciences dites exactes et naturelles ne nous révèlent aucune Vérité absolue, définitive, clichée, immuable ! Les sciences nous proposent des vérités partielles qu’il faut constamment, non seulement corriger, mais revoir dans leurs fondements mêmes. Elles exigent l’application constante du principe du libre examen. ».

 A méditer pour certains, n’est-il pas ?

 Jo Moreau

Déjà dans le débat sur le climat, certains scientifiques se sont transformés en idéologues. Cette catastrophe menace désormais l’épidémiologie.

Une contribution d’invité de Thea Dorn – DIE ZEIT n ° 24/2020, 4 juin 2020.

Vous ne devriez pas prêcher, mais faire de la recherche !

L’une des réalisations les plus précieuses des sociétés laïques est la séparation de l’Église et de l’État. L’un des développements les plus inquiétants dans les sociétés de haute technologie est la volonté de voir la science et l’État se rejoindre le plus possible. Les défis posés par le changement climatique ont instauré un impératif au cours de ces dernières années, l’exigence que la « politique » écoute purement et simplement la « science », et applique ses recommandations sans aucune réserve. Dans le sillage de la pandémie corona, cette tendance s’est encore intensifiée : le désir d’une technocratie avec un clergé scientifique qui fait des annonces claires et définitives semble se développer dans certaines parties de la société, de la science et aussi de la politique.

« La croyance en la science joue le rôle de religion dominante de notre temps. » Cette phrase ne vient pas d’un fanatique du complot, mais de Carl Friedrich von Weizsäcker. Elle se trouve au début d’une série de conférences données par le physicien, philosophe et pacifiste entre 1959 et 1961 sur « La portée des sciences ». Aujourd’hui – après plus de soixante ans – il s’agit de comprendre à quel point la science a hérité avec succès de la religion et à quels égards la science doit veiller à ne pas assumer l’héritage de la religion.

Quiconque conteste la supériorité de la science moderne à toutes les religions connues en termes de connaissance et de maîtrise de la nature se ridiculise. Quiconque soutient que la Bible explique l’origine humaine plus correctement que la théorie de l’évolution est un dogmatiste irrationnel. Mais il y a une énorme différence entre un dogmatiste irrationnel et un sceptique raisonnable. Il n’est donc pas approprié de diffamer immédiatement quiconque exprime des doutes quant à la fiabilité des modèles épidémiologiques ou climatiques en le traitant de « dénialiste ».

Contrairement à la religion, la science moderne doit son succès à son ouverture au doute, à la critique et à l’autocorrection ainsi qu’à sa prétention d’émettre des théories sobres et objectivement vérifiables. (…)

Cependant, ce formidable pouvoir de la science ne doit pas faire croire qu’elle contrôle une miraculeuse maîtrise de l’avenir. Celui qui veut vendre la science comme un instrument grâce auquel l’homme peut acquérir une certitude absolue et le contrôle de son sort, quitte le terrain de la science sérieuse et se fait prédicateur de la damnation et du salut. Dans le débat sur le climat, nous avons déjà vu le changement d’éminents scientifiques en grands prêtres. Ce serait fatal si, sous la pression d’un public effrayé, d’une politique impuissante et de médias amoureux des gros titres, ce changement s’opérait désormais également dans le domaine de la virologie et de l’épidémiologie.

À l’été 2019, un essai du célèbre chercheur dans le domaine climatique Stefan Rahmstorf, au sujet de  la mort des coraux est apparu sous le titre « L’humanité perd le contrôle de l’écosystème terrestre ». Il y déclarait : « Permettre simplement la disparition de cet écosystème ne serait pas seulement totalement inacceptable. Ce serait le début d’une perte de contrôle, la chute d’un premier domino dans un système terrestre étroitement imbriqué, dans lequel tout est interconnecté et interdépendant. »

Même dans un libellé plus nuancé, ce point de vue est basé sur une hypothèse absurde et très discutable. D’une part, Rahmstorf prétend que les humains auraient eu le contrôle d’un « système terrestre » : Comment puis-je perdre quelque chose que je n’ai jamais possédé ? D’un autre côté, il intègre la vie sur notre planète, qui est en partie complexe, en partie chaotique, dans l’image obscure aux propriétés mécaniques d’un parcours de dominos : une pièce renversée permet de prédire de manière fiable l’ensemble des conséquences qui se produisent en chaine.

L’avantage de cet artifice élémentaire : la peur d’un système hyper-complexe et incontrôlable – comme l’est le climat de notre Terre – est transformé en peur de l’être humain rendu responsable de la ruine de ce système. Grâce au basculement de la cause de la peur, le contrôle du processus peut être garanti, à condition que l’être humain se comporte comme un domino inerte dans un système mécaniste. L’action humaine est traitée comme une quantité quasi neutre, dont les conséquences peuvent ensuite être calculées et prédites tout aussi précisément que les orbites des planètes.

Hans Joachim Schellnhuber (3) a publié une double présomption de connaissance à la mi-avril dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le professeur de physique théorique, directeur fondateur du Potsdam Institute for Climate Impact Research et conseiller de longue date du gouvernement fédéral en matière de politique climatique, se mêle aux experts de la pandémie. Il interprète la propagation du nouveau virus corona comme un phénomène strictement prévisible, et prétend que le processus pandémique est contrôlable – à condition que les gens croient inconditionnellement à la science et se soumettent à leurs modèles de comportement. Schellnhuber écrit: « Les calculs du modèle épidémiologique des principaux instituts de recherche sont des boules de cristal, avec lesquelles chaque pays peut regarder des semaines, des mois, voire des années à l’avance son avenir dans l’évolution du Coronavirus ». […]

L’irrationnalisme est en hausse

Les démocraties dépendent de la gestion rationnelle et réaliste des problèmes. Pour ce faire, les politiciens ont besoin de conseillers scientifiques, y compris ceux qui mettent en garde contre les dangers auxquels l’humanité est confrontée. Cependant, les scientifiques doivent rester en dehors du processus décisionnel politique immédiat.

Le concept du scientifique activiste représente un recul dans la pensée de l’époque d’avant les « lumières ». Un slogan comme « Unissons-nous derrière la science !  » est digne de croisés engagés dans une mission sacrée. (…)

L’un des actes les plus tragiques qu’une personne puisse commettre est le suicide par crainte de la mort. L’un des actes les plus tragiques qu’une démocratie puisse commettre est l’auto-soumission aux règles rigides d’action d’une science cléricale par peur du pouvoir de la nature.

(1) https://www.zeit.de/2020/24/epidemiologie-wissenschaft-zweifel-glaube/komplettansicht

(2) https://belgotopia.wordpress.com/2017/07/05/la-chasse-a-l-heresie-climatique-au-xxie-siecle/

(3) Schellnhuber est également « l’inventeur » de la fameuse limite de 2°C acceptable du réchauffement climatique :

https://belgotopia.com/2018/09/25/la-limite-de-2c-sinon-cest-la-catastrophe/

 

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COVID19 : LA MYSTERIEUSE DISPARITION DE LA FREGATE LEOPOLD 1er

 

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Mise à jour du  26.04.2020 – 

Tout le monde connait, ou a du moins entendu parler du « Triangle des Bermudes », cette zone de l’Atlantique située au large de la Floride où se seraient produits de mystérieux naufrages de navires ayant disparu corps et biens, sans qu’une explication certaine puisse en être donnée.

Et voilà que le même phénomène proche du paranormal affecte la frégate belge « Léopold 1er », heureusement non pas sur le plan matériel, mais uniquement dans les commentaires officiels ou médiatiques français, qui depuis l’apparition de l’épidémie du covid 19, ignorent totalement ce bâtiment.

Voyons les détails connus de cette affaire.

Le F930 « Léopold 1er » et ses 155 membres d’équipage appareille le 23 février 2020 (1), avec mission de s’intégrer à la Task Force 473, Groupe aéronaval GAN 20, soit à l’escorte du porte-avions français le « Charles de Gaulle » avec présence en Méditerranée, dans l’Atlantique et en Mer du Nord. Il est également prévu la participation à un exercice commun impliquant la force aéronavale OTAN SNMG1 (Standing Nato Maritime Group one) et ce, du 20 au 22 mars.

Ce n’est pas la première fois que la participation à l’escorte du porte-avions français par une frégate belge est sollicitée, d’autres missions similaires ayant été assurées précédemment. L’équipement et la qualification « multi-fonctions » des frégates belges, anti-surface, anti-aérien et anti-sous-marins est en effet appréciée (y compris par l’US Navy qui sollicita en son temps la participation belge à une mission de sécurisation du détroit d’Ormuz, demande qui ne fut pas satisfaite (2)).

Avant de rejoindre le « Charles de Gaulle », le navire belge effectue une semaine d’entrainement au large de l’Espagne, avec une escale fin février à Malaga, au cours de laquelle une partie de l’équipage descend à terre.

L’ escadre maintenant au complet fait ensuite escale à Brest du 13 au 15 mars. Au vu de l’évolution de l’épidémie apparue en Europe, l’accès au porte-avions n’est pas autorisé aux parents des marins, mais ceux-ci peuvent descendre à terre pour une rencontre familiale.

Revenons au Léopold 1er.  Un cas de contamination est détecté à bord après l’escale de Brest, soit le 16 ou 17 mars (?). Aussitôt avisé, le Ministère de la Défense prend immédiatement la décision de mettre prématurément fin à la mission (3). Le navire fait alors route vers Den Helder, où le marin est débarqué le 20 mars, et le Léopold 1er arrive à Zeebrugge, son port d’attache, le 27 mars. Trois membres d’équipage sont mis en quarantaine préventive à l’ERM, et 36 autres confinés à domicile (4).

Du côté français, la Ministre des Armées affirme n’avoir été avisée que le 7 avril de la présence d’une quarantaine de militaires infectés par le covid19 à bord du « Charles de Gaulle » (5), et a immédiatement donné l’ordre de mettre fin à la mission. Le navire rejoint Toulon le 12 avril, où on constate la contamination de plus d’un millier de membres d’équipage, dont 545 présentent des symptômes.

Toutefois, des témoignages non confirmés mettent en cause le commandement du navire :

« Plusieurs marins ou proches de marins ont dénoncé, dans des médias français et sous couvert de l’anonymat, un encadrement dépassé par les événements. Un des militaires à bord du « Charles de Gaulle », lui-même testé positif au Covid-19, s’est confié à France Bleu : il accuse l’armée d’avoir « joué avec [leur] santé, [leur] vie ». Selon lui, des marins auraient signalé des symptômes dès l’escale de Brest et le commandant du porte-avions aurait alors proposé d’interrompre la mission, ce que le ministère des Armées aurait refusé. (Le Parisien) ». Cela est toutefois démenti par le ministère. (6)

Alors que les autres navires de l’escorte sont épisodiquement nommés dans les communiqués français ou lors de débats, (des bâtiments français, allemand, portugais, espagnol), le Léopold 1er, qui semble le seul affecté par le covid19 en-dehors du Charles de Gaulle, est complètement ignoré.

Pourquoi ? On peut évidemment émettre l’idée que les autorités militaires et gouvernementales françaises ne désirent pas qu’une comparaison soit faite entre la réactivité respective des responsables militaires et politiques des deux pays. On peut aussi soupçonner que pour une question de prestige, on ne pouvait mettre en cause la participation a l’exercice commun avec le SNMG1 dont il est question plus haut.

Il ne s’agit évidemment ici que d’un épisode tout-à-fait anecdotique dans cette pandémie, j’en conviens aisément, et mes conclusions sont peut-être abusives et sans rapport avec la réalité.

Reste le fait que nos propres responsables ont parfaitement maîtrisé la situation.

Jo Moreau

(1) https://defencebelgium.com/2020/02/25/la-fregate-leopold-ier-part-en-mission-de-deux-mois-pour-escorter-le-porte-avions-francais-charles-de-gaulle/

(2) https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-fregate-leopold-ier-prend-le-large-vers-l-ocean-atlantique?id=10284520

(3) https://www.rtbf.be/info/dossier/epidemie-de-coronavirus/detail_coronavirus-en-belgique-la-fregate-leopold-1-de-la-marine-rentre-a-zeebruges-suite-a-un-cas-de-contamination-a-bord?id=10467492

(4) Dernier paragraphe de :

https://www.rtbf.be/info/dossier/epidemie-de-coronavirus/detail_coronavirus-comment-le-porte-avions-charles-de-gaulle-est-il-passe-de-50-a-700-contaminations?id=10483366

(5) http://www.leparisien.fr/politique/covid-19-sur-le-charles-de-gaulle-ce-que-l-on-sait-de-la-contamination-de-1046-marins-18-04-2020-8301873.php

(6) http://ensemble-finistere.eklablog.com/covid-19-le-commandement-du-charles-de-gaulle-a-ete-depasse-par-l-epid-a185132746

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COVID19 ET MAMAN NATURE

peste

Depuis le début de la pandémie du covid19 à laquelle nous sommes confrontés, s’élèvent certaines voix d’illuminés pseudo-écologistes qui, comme au Moyen-âge, la considère comme une juste punition des méfaits de l’homme à l’égard de Maman nature. Ils profitent également de ces événements pour impliquer le développement de cette pandémie avec …le réchauffement climatique.

C’est oublier un peu vite que l’humanité a été de tous temps victime d’épidémies dévastatrices, dont voici une évocation très incomplète, et limitée à l’Europe.

 

430 – 426 avant JC : Peste d’Athènes – environ 70.000 morts.

165 – 189 : Peste antonine (variole ?) – environ 10 millions de morts

541 – 747 : Peste de Justinien – 25 à 50 millions de morts

1348 – 1352 : Peste noire – environ 25 millions de morts, soit 50% de la population européenne.

1629-1631 : Peste italienne – 1.100.000 morts (25% de la population italienne)

1664 : Grande peste de Londres environ 100.000 morts.

1675 – 1676 : épidémie de peste maltaise

1720 : Peste de Marseille – environ 100.000 morts en Provence.

En-dehors des grandes épidémies de peste reprises ci-dessus, de très nombreuses résurgences ponctuelles ont surgi en de nombreux endroits.

1779 – épidémie de dysenterie en France. Environ 175.000 morts. (Nombreuses autres épidémies ponctuelles dans l’Histoire)

1823 : épidémie de choléra

1832 – 1833 : Choléra – environ 160.000 morts

1840 – 1860 : Choléra – 1 million de morts en Russie.

1863 – 1875 : Choléra

1899 – 1923 : Choléra

1918 – 1919 : Grippe espagnole – 25 à 50 millions de morts.

1957 – 1958 : grippe asiatique H2N2 – environ 2 millions de morts dans le monde.

1968 – 1969 : grippe de Hong Kong (ou grippe asiatique) – un million de morts dans le monde

1981 – ? : Sida VIH – Environ 36 millions de morts dans le monde à ce jour.

2003 : SRAS Syndrome Respiratoire Aigu Sévère.

2009-2010 : Grippe H1N1 –

Rougeole : persistance depuis le 7e siècle avant JC,  – 200 millions de morts à ce jour.

Variole : persistance depuis 10000 avant JC- déclarée éradiquée en 1977 – 300 millions de morts.

Tuberculose : persistance depuis l’apparition de l’humanité.

Poliomyélite – déclarée éradiquée en Europe depuis 2002.

Grippe saisonnière – 250 à 500.000 morts annuels dans le monde.

Maman nature, qui est plutôt une marâtre, avait déjà sévi avant même l’apparition de l’homme et jusqu’à aujourd’hui, par de multiples et dévastatrices catastrophes météorologiques et géologiques, par de constants phénomènes volcaniques, océaniques, sismiques etc…

Il serait donc plus avisé de dire que l’espèce humaine doit constamment se protéger des pièges mortels que Maman nature s’ingénie à multiplier autour d’elle !

Jo Moreau.

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