UN CLIMAT DE PEUR

belgotopia (19)

Il fut un temps où quand une catastrophe était provoquée par une nouvelle invention, des études et recherches étaient aussitôt entreprises sur les causes du dysfonctionnement, ce qui débouchait sur les perfectionnements et les modifications permettant de les éviter, ou du moins d’en atténuer fortement les conséquences.

Les premières lignes de chemin de fer furent la cause de multiples accidents entraînant la mort de nombreux passagers. Déjà à l’époque, les médias se déchaînèrent contre cette « invention du diable » qui affolait les troupeaux. Mais heureusement, les responsables politiques et les industriels ne remirent nullement en cause l’existence de ce formidable outil de développement.

Que dire de l’application du gaz de houille, au début du XIXe siècle, d’abord nauséabond et d’un usage dangereux au vu de ses composants très toxiques. Il était produit dans des « usines à gaz », à proximité immédiate des villes dont il éclairait les nuits… parfois de façon très explosive ! Après de multiples améliorations, il fut dans l’après-guerre remplacé par le gaz naturel que nous connaissons aujourd’hui, nettement plus sécurisé. Mais à aucun moment, le principe même de l’usage du gaz ne fut remis en question.

Les premiers avions à réaction commerciaux connurent également un dramatique échec. Les progrès technologiques découlant de l’étude des épaves des « De Havilland Comet » britanniques qui s’étaient écrasés permirent ensuite d’en identifier les faiblesses, ce qui déboucha sur la mise en service de « jets » plus sûrs et plus performants.

On pourrait ainsi multiplier les exemples, car le parcours qui mena au bien-être et aux innombrables facilités dont nous profitons chaque jour fut balisé d’erreurs, d’errements, d’approximations peu à peu rectifiées et faisant l’objet d’évolutions constantes.

Mais aujourd’hui, l’Europe a peur.

Une peur quasi-religieuse et obsessionnelle d’une apocalypse inéluctable, instillée dans nos populations, et surtout parmi la jeunesse, par les prédicateurs d‘une nouvelle Eglise au discours à caractère oppressif. Et l’angoisse qu’elle génère est portée presque journellement par l’ensemble des acteurs de notre société, depuis les enseignants en passant par les médias, le monde politique et une partie du monde scientifique. Cette peur paralyse de plus en plus les différents vecteurs de son dynamisme et de son développement.

Le nucléaire qui nous menace tous, un réchauffement climatique catastrophique provoqué par les activités humaines, des OGM qui nous promettent des mutations monstrueuses, une pollution qui nous étouffe lentement, des gaz de schiste dont l’exploitation va bouleverser notre environnement, une agriculture empoisonnée, des micro-ondes qui nous cuisent à petit feu et j‘en passe. Plutôt que pousser la recherche et débattre sereinement des problèmes pour trouver des solutions, l’Europe, fatiguée de tout et surtout d’elle-même, préfère le renoncement scientifique, politique, économique, moral et culturel, dans une gerbe d’interdictions et d’encadrement drastique de la population.

Nous assistons à une capitulation sur tous les fronts dans un pathétique remake hollywoodien de la chute de l‘empire romain.

Heureusement, on a inventé le merveilleux et hyper-populiste « principe de précaution », destiné à préserver nos malheureuses populations de toutes ces inventions du diable et des innombrables catastrophes qui en sont les conséquences inévitables. Et qui permet au monde politique de surfer sur la vague électoralement rentable de la sécurité à tout prix et du sauvetage de la planète. Si certaines recherches fondamentales se poursuivent malgré tout, c’est presque honteusement et en toute discrétion.

Et pendant que la Chine en plein développement poursuit la conquête de l’espace avec de nouveaux véhicules spatiaux, l’Europe a construit une avionnette propulsée à l’énergie solaire. Avant de redécouvrir le cerf-volant après les moulins à vent ? A chacun ses ambitions.

Minuscule Europe sur une carte du monde, que ses renoncements frileux ne pourront cependant protéger des pseudo-dangers qu‘elle redoute tant, entraînée dans l’avènement d’une société pastorale confraternelle et angélique nourrie au fromage de chèvre et se déplaçant en trottinette. Un fantasme qui n’aura d’autre issue que la paupérisation dramatique de nos populations, et une soumission totale aux autres puissances émergentes partout dans le monde.

Des sociétés qui fondent l’espoir de leur développement sur la confiance en la science pour maîtriser les errances des nouvelles technologies, au besoin encadrées quand c’est nécessaire, mais certainement pas sur leur interdiction.

Comme le fit l’Europe dans des temps maintenant révolus, quand elle n’avait pas peur du progrès.

Jo Moreau.

 

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SUR LES EVENEMENTS CLIMATIQUES EXTREMES (7)

Anno 1000 – 1099

Suite n° 7.

 

« IL N’Y A DE NOUVEAU QUE CE QUI EST OUBLIE » (Melle Bertin)

Désormais, chaque inondation quelque peu catastrophique, chaque tornade, chaque anomalie météorologique est automatiquement rattachée au réchauffement climatique qui, parait-il, nous menace, mais dont en plus nous serions responsables !

Et ceux qui avalisent aveuglément les conclusions du GIEC font des déclarations péremptoires à ce sujet. 

Pourtant, la consultation de chroniques ou récits anciens est révélatrice de précédents tout aussi apocalyptiques,  et relativise la notion même de « changements climatiques », ainsi que la définition d’un « climat stable » qui n’a jamais existé mais qu’on voudrait instaurer à tout prix.

Contexte et mise en garde, voir : 

https://belgotopia.wordpress.com/2015/02/27/sur-les-evenements-climatiques-extremes-1/

Anno 1000 : (environ) Troisième transgression dunkerquienne, moins importante toutefois que les deux précédentes de -200 et +400. La mer s’engouffre dans l’estuaire de l’Yser (Flandre).Le 29 mars, important séisme ressenti à Liège, Gand et jusqu’à Soissons. La sécheresse qui régnait depuis l’année précédente perdure sur l’ Europe orientale.

Anno 1003 : Pluies continues et inondations généralisées. En France, la Loire atteint un niveau jamais vu  et le pays environnant est ravagé. La population craint un nouveau déluge.

Anno 1010 : Cette année vit des pluies extraordinaires dans le sud de la France. Le Nord vit une alternance de sécheresses et d’abondantes averses.

Anno 1012 : Les côtes d’Allemagne et d’Angleterre sont submergées par un raz-de-marée. Des pluies continuelles sur l’ Europe du Nord causent d’importantes crues du Rhin et du Danube qui occasionnent d‘immenses dommages.

Anno 1013 : En Angleterre, un ouragan accompagné d’orages et un tremblement de terre firent de grands dégâts. Le 18 novembre, séisme à Liège (ressenti jusque Reims ?).

Anno 1014 : Le 29 septembre, un raz de marée en Mer du Nord engloutit définitivement le bourg de Knoc et des villages côtiers, faisant plusieurs milliers de morts. L’ancien bourg se trouve à environ un kilomètre au large des côtes actuelles (Knokke). Aux Pays Bas, on dénombre plusieurs milliers de morts. En Angleterre, le 03 octobre, la mer envahit de nombreux villages côtiers faisant d’innombrables victimes.

Anno 1016 : En Europe , des tornades tuent de nombreuses personnes. Une famine s’ensuivit.

Anno 1018 : Été très chaud et sécheresse en France.

Anno 1020 : Grandes inondations en Allemagne. L’ Elbe et la Weser quittent leur lit et font de grands dégâts.

Anno 1022 : En Europe, l’ été fut excessivement chaud et sec. Beaucoup de gens suffoquaient et mouraient brutalement. Il y eut d’innombrables tempêtes qui firent aussi de nombreuses victimes.

Anno 1025 : En Angleterre, les pluies continues provoquent une famine. En Flandre, il y a des pluies continuelles d’octobre à avril, suivies d’une famine.

Anno 1026 : Le 16 février séisme à Gand. Chaleur et sécheresse en Italie qui causent de grandes pertes parmi les gens et le bétail. 

Anno 1029 : crue de la Loire.

Anno 1030  – 1032 

En France, de 1030 à 1032, le rythme des saisons semble s’être inversé. Il y eut un froid intense en été, et une chaleur oppressante durant l’hiver. La pluie et le froid sévirent hors saison, et les semailles furent rendues impossibles pendant trois ans. La misère qui s’ensuivit fut indescriptible. 

A cela s’ajouta une grande peur de fin du monde, qui coïncidait avec le 1000e anniversaire de la crucifixion. On compta des milliers de morts dus à la faim et les survivants étaient trop faibles que pour enterrer les cadavres.

Il y eut d’horribles épisodes de cannibalisme, et on vit de la viande humaine proposée sur le marché de Tournus. Dans le malheur qui les frappait, on vit des paysans exhumer des cadavres dans les cimetières afin d’en ronger les os. 

Un des pires épisodes qu’on vit et qui démontre l’horreur de cette période eut lieu près de la ville de Macon, dans les bois de Chatanay. Un voyageur et sa femme s’arrêtèrent près d’une cabane qu’on croyait occupée par un saint ermite. A peine en eurent-ils franchi le seuil que la femme découvrit dans un coin de la pièce un amoncellement de crânes. Le couple s’enfuit vers la ville, et une enquête établit que l’ ermite avait tué et dépecé pour les dévorer 48 hommes, femmes et enfants.

L’herbe, les racines et la terre étaient l’ordinaire des classes les plus pauvres pendant ces années terribles, avec comme conséquence que les gens ne ressemblaient plus à des êtres humains. Les estomacs étaient distendus, et tous les os se voyaient derrières la peau, tandis que leur voix devint aigue et haut perchée. Des hordes de loups quittèrent les forêts pour se répandre dans les villes, et attaquaient pour les dévorer les survivants sans défense. Les sols furent détrempés de telle sorte pendant trois ans que toute culture fut interdite.

Anno 1031 : Inondations en Angleterre dues aux pluies incessantes, suivies de famine. Il y eut de terribles tempêtes et des côtes furent submergées par la mer. 

Anno 1033 : En France grande crue de la Loire.

Anno 1035 : L’ Europe orientale est affectée par un été très chaud et une grande sécheresse. Il ne pleut pas pendant 6 mois.

Anno 1039 : Séismes désastreux dans le golfe normanno-breton, en Angleterre et en Anjou.

Anno 1040 : Grandes inondations en Allemagne.

Anno 1042 : Le 02 novembre un énorme raz de marée ravage la Flandre et la Zélande.

Anno 1043 : Grandes tempêtes et pluies abondantes en France et en Allemagne qui furent la cause de pauvres récoltes.

Anno 1045 : Grande sécheresse en France. Submersion des côtes de Flandre par la mer.

Anno 1046 : Inondations en Angleterre.

Anno 1047 : Nombreuses tempêtes et tornades en Angleterre, qui compromirent les récoltes. Plusieurs villes furent dévastées par les orages.

Anno 1052 : Le 20 décembre, il y eut un tel ouragan en Angleterre que des églises ainsi qu’ une quantité innombrable de maisons furent détruites et les forêts dévastées.

Anno 1053 : Année de chaleur et de sécheresse en Angleterre, jusque dans le Nord de la France. En Suisse, dans de nombreuses régions, les champs et les pâturages étaient brûlés. Il s’ensuivit une famine pendant deux ans.

Anno 1055 : Une énorme tempête détruit des centaines de maisons à Londres.

Anno 1063 : En avril, une énorme tempête sévit pendant 4 jours en Europe de l’Ouest en faisant d immenses dégâts.

Anno 1064 : En Ecosse, une grande tempête fait des dégâts importants à Edimbourg.

Anno 1068 : Grandes inondations dans le Nord de la France.

Anno 1078 : En janvier et février; le Sud de la France fut dévasté par des grandes tempêtes et des orages violents. Eté très chaud et grande sécheresse en France : la vendange s’avança d’un mois ; c’est un signe de chaleurs précoces et d’une intensité moyenne de 24° à 25° au moins, et d’une intensité extrême de 35° au moins. Le vin fut abondant et fort bon.

Anno 1080 : Le 1 décembre, séisme à Mayence. Les murs sont ébranlés. Au cimetière du Monastère de St Victor, les cercueils sont projetés hors de terre.

Anno 1081 : Le 27 mars, important séisme (à Liège ?).

Anno 1083 : En Allemagne, la chaleur du soleil fut telle que non seulement nombre de gens moururent, mais même les poissons crevèrent dans les cours d eau. 

Anno 1085 : L année fut caractérisée par des températures anormales, des tempêtes et des orages qui furent fatals à plusieurs personnes.

Anno 1086 : En Angleterre, il y eut des inondations généralisées dues à la pluie, et de nombreux villages furent engloutis par des glissements de terrain . La famine ajouta ensuite de nombreux morts à ces calamités.

Anno 1087 : En Angleterre, il y eut une multitude de tornades et d’orages.

Anno 1090 : Grande sécheresse en France.

Anno 1091 : Tremblement de terre dans le golfe normanno-breton, en Angleterre et dans l’Anjou. Un seisme accompagné d’une tornade et d’un orage survint à Coutances. En Angleterre, un ouragan survint le 05 octobre venant du sud ouest, qui détruisit des églises et des centaines de maisons à Londres et dans tout le pays.

Anno 1093 : Inondations en Angleterre et en Irlande dues à des pluies violentes. Toutes les plaines étaient sous eau.

Anno 1094 : Dans toute l Europe et en Angleterre, les averses de pluie ne cessèrent pas d octobre à avril. La famine qui s ensuivit fut telle qu’on ne parvenait pas à enfouir les morts à temps. En France, il s’ensuivit un été très chaud et une sécheresse extraordinaire.

Anno 1095 : Il y eut des tempêtes extraordinaires en Angleterre. Un séisme survint le 10 septembre (région de Gembloux ?).

Anno 1097 : Dans le Nord de la France, de grandes inondations y rendirent les semailles impossibles.

Anno 1099 : En Angleterre et en Ecosse, le 03 novembre vit des tempêtes et une submersion des côtes par la mer. Dans le Kent, un immense banc de sable se forme, connu sous le nom de Goodwin Sands. De nombreuses agglomérations sont englouties avec leurs habitants.

 

A SUIVRE

 

Jo Moreau.

 

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SUR LES EVENEMENTS CLIMATIQUES EXTREMES (6)

Anno 900 – 999

Suite n° 6.  

« IL N’Y A DE NOUVEAU QUE CE QUI EST OUBLIÊ » (Melle Bertin)Ë

Désormais, chaque inondation quelque peu catastrophique, chaque tornade, chaque anomalie météorologique est rattachée au réchauffement climatique  qui parait-il nous menace, mais dont en plus nous serions responsables !

Et ceux qui avalisent aveuglément les conclusions du GIEC font des déclarations péremptoires à ce sujet.

Pourtant, la consultation de chroniques ou récits anciens est révélatrice de précédents tout aussi apocalyptiques, et relativise la notion même de « changements climatiques », ainsi que la définition d’un « climat stable » qui n’a jamais existé mais qu’on voudrait instaurer à tout prix.

Contexte et mise en garde, voir

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Jo Moreau

 

 

Anno 912 : Grandes inondations en Saxe dues à des pluies incessantes.

Anno 918 : Trois mois de pluies incessantes causent de grandes inondations en Ecosse et en Irlande.

Anno 919 : Une violente tempête cause de nombreux dégâts dans le sud est de l’Angleterre.

Anno 921 : Eté très chaud et grande sécheresse en France. L’année 921 fut remarquable par le nombre des orages. Des chaleurs intenses et une sécheresse extrême régnèrent, presque sans interruption, pendant les mois de juillet, août et septembre. De terribles tempêtes suivent l été chaud en Europe et en Angleterre.

Anno 922 : Tremblement de terre à Cambrai. « des maisons sont renversées ».

Anno 934 : En Allemagne, une tornade fait de grandes destructions à Trier. 

Anno 935 : De grandes inondations font de nombreux morts dans le Hampshire.

Anno 939 : Tremblement de terre à Cologne.

Anno 942 : Grandes inondations en Angleterre et en Irlande.

Anno 944 : Une grande tempête détruit 1500 habitations à Londres.

Anno 947 : Tempête à Reims pendant toute une nuit, accompagnée d’éclairs continuels et d’un tremblement de terre.

Anno 951 : Une grande tempête accompagnée d’orages détruit Southampton.

Anno 954 : Plusieurs tremblements de terre en Gaule et en Germanie.

Anno 956 : En Allemagne, chute miraculeuse d’énormes blocs de glace.

Anno 973 : Une grande crue de la Tamise cause de nombreux morts.

Anno 987 : Eté très chaud et grande sécheresse dans toute l’Europe et l’Angleterre en juillet août et septembre. L’extrême chaleur de l’été de 987 occasionna de grandes pertes dans les récoltes.

Anno 988 : La grande chaleur et la sécheresse continuent dans toute l’Europe et aggravent la famine.

Anno 989 : La chaleur et la sécheresse se poursuivent au printemps, empêchant les semailles.De grandes crues succèdent à deux étés brûlants, accompagnées de tempêtes violentes qui font de grands dégâts.

Anno 993 : Chaleur extrême et sécheresse du 24 juin au 09 novembre en France. Les récoltes sont brûlées et il s’ensuit des épidémies.En Allemagne, il y eut de nombreux morts et le bétail fut décimé.

Anno 994 : En Europe Eté très chaud mais gelées en juillet et grande sécheresse. En 994, la disette des pluies tarit les fleuves, fit périr les poissons dans la plupart des étangs, dessécha beaucoup d’arbres, brûla les prairies et les moissons. Une grande tempête détruisit de nombreux bâtiments à Londres y causant plusieurs centaines de morts.

Anno 995 : Les mêmes conditions de chaleur extrême et de sécheresse persistèrent en 995. « les arbres prennent feu sous l’action du soleil ».

Anno 996 : Grande tempête qui fit de nombreux dégâts à Colchester.    

Anno 999 : Chaleur et sécheresse sur l’Europe orientale, les cours d’eau sont à sec.

A suivre.

 

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HAITI : MAIS OU EST DONC L’EUROPE ?

J’entends un peu partout, et surtout sur les chaînes françaises, de lourds regrets sur l’absence de visibilité de l’Europe dans les opérations de secours en Haïti, et de vertueux reproches quant à l’action américaine, qui en prenant la direction des opérations sur l’aéroport de Port-au-Prince, privilégierait l’arrivée de leurs propres aéronefs.

En trois à cinq jours, les USA ont été capables d’envoyer des équipes spécialisées de contrôleurs aériens, et des milliers de soldats pour la sécurisation des opérations, sans compter le rassemblement et le transport de centaines de tonnes de vivres et de matériels divers, des équipes de secours, d’un porte-avion aménagé en base arrière pour hélicoptères, et d’un navire-hôpital.

Face à cela, que propose l’Europe ? Rien, mis à part les initiatives disparates de quelques pays envoyant quelques équipes de sauveteurs bien courageux, qui ont sauvé pas mal de gens, mais également la démonstration éclatante de son impuissance crasse à proposer une structure efficace ainsi qu’une organisation susceptible de prendre la mesure du problème et de coordonner efficacement les efforts.

Il faut impérativement prendre conscience de l’impuissance militaire européenne, à l’origine directe de son impuissance diplomatique et de son incapacité à répondre à des situations extrêmes.

Sans les moyens logistiques des USA, l’Europe est inexistante, et tous les pays du monde en sont parfaitement conscients. S’imaginer qu’en stratégie politique internationale, on peut faire entendre sa voix ou imposer sa vision des choses sans un arrière-plan militaire très solide, relève du fantasme ou du doux rêve de ceux qui s‘imaginent vivre dans un Disneyland à l’échelle mondiale.

Mais, comme depuis de nombreuses décennies, les populations européennes sont allergiques à des dépenses militaires suffisantes, l’Europe est condamnée à traîner indéfiniment son impuissance en toutes occasions et sur tous les fronts, aussi bien politiques que stratégiques, et même humanitaires comme la démonstration en est faite aujourd‘hui.

Jo Moreau

D’ ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE !!

MILITER POUR L’EUROPE ?

Les élections européennes vont se dérouler dans l’indifférence générale, voire dans l’hostilité vis-à-vis d’une institution gigantesque qui n’est pas à même de répondre aux besoins des populations concernées.

Les plus anciens se souviennent pourtant avec nostalgie des immenses espoirs qu’avait fait naître le Traité de Rome.

Car des points positifs, il y en a assurément. La suppression des barrières douanières, la CECA puis le Marché Commun, les premiers organismes intégrés tels Euratom, l’habitude de négocier ensemble qui a abouti à l’absence de guerres ou de tensions nationalistes, la monnaie commune, l’agence spatiale européenne et d‘autres encore.

Et puis l’enthousiasme est retombé, car le mercantilisme a pris le pas sur le rêve. L’ultralibéralisme débridé a perverti les objectifs idéalistes des fondateurs de l’idée européenne, et l’Europe a continué de se construire au seul profit des grandes sociétés et de la finance. Le « tout au privé » a même interdit aux Etats leur rôle de régulateur au profit des populations, dans une fuite en avant obsessionnelle qui n’existe même pas aux USA.

Toutes les mesures imposées aujourd’hui par l’Union Européenne -ou approuvées par elle- sont ressenties, souvent avec raison, comme visant uniquement à accroître les bénéfices des grandes sociétés.

Je cite en vrac l’intégration précipitée de pays largement au-dessous du niveau social moyen, tels que les ex-pays de l’Est, offrant ainsi de larges possibilités de délocalisation de proximité, l’esquive obstinée d’un plan commun de fiscalité, la signature des catastrophiques accords de l’OMC, l’approbation d’une myriade de mesures, lois et règlements visant à éliminer les petits exploitants et fabricants locaux, la disparition des services publics ou primordiaux (voir aussi : renationaliser l‘énergie ?), l’absence d’une politique commune d’immigration favorisant l‘importation d‘une main d‘œuvre à bon marché , etc…

On ne peut ignorer d’autre part les coûts de fonctionnement faramineux de la grande machine européenne, ses trois capitales, ses milliers de fonctionnaires et ses centaines de parlementaires, autant de signaux négatifs vis-à-vis de nos populations soumises à une crise grave. Et je ne vois pas que des pays hors UE, tels que la Suisse ou la Norvège par exemple, soient plus misérables que nous !

Si on veut sauver l’idée européenne, il est grand temps d’en revenir à une vision capable de rassembler à nouveau les jeunes européens dans un élan créateur, nous devons être capables de leur dire : oui, il y a un grand ensemble à créer, oui il y a un avenir enthousiasmant qui vous attend, ici.

Pour cela, il faut cesser de confondre l’idée européenne avec les intérêts des actionnaires. L’Europe a besoin qu’on fixe ses frontières fondées sur la géographie, un passé commun quoique pas toujours pacifique, une certaine idée des droits de l’homme et du citoyen, une façon de penser commune. La Turquie et le Maghreb peuvent être des partenaires privilégiés, mais ne sont pas et ne seront jamais « européens » même s’ils ont une civilisation et un passé équivalents aux nôtres, mais culturellement et politiquement essentiellement différents, et ressentis comme tels par nos populations.

Il faut que l’Union Européenne rétablisse la confiance de ses citoyens en adoptant des mesures capables de construire une véritable concurrence mondiale (voir mon article précédent : Europe, arrêtons le massacre), rétablisse les états dans leur rôle d’organisateurs de services publics basiques échappant aux lois du marché, empêche la fuite de sa technologie et de son savoir-faire, se préoccupe de l’avenir de ses travailleurs au même titre que de l’avenir de ses entreprises, protège son modèle social.

Il faut surtout que l’Europe rétablisse le contact avec les gens, grâce à une action politique et sociale qui les concerne directement. Et si des accords signés précédemment paraissent aujourd’hui non seulement défavorables mais peut-être même fatals, il faut avoir le courage politique de les dénoncer.

Jo Moreau.

D’ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? Laissez-moi votre commentaire !

EUROPE : arrêtons le massacre des emplois

Les élections européennes approchent, et on est bien obligé de constater l’absence totale de vision européenne proposée par les partis, et leur incapacité à s‘attaquer aux véritables problèmes que nous devons affronter aujourd’hui.

L’Union Européenne (UE) est maintenant au cœur de la plus grave crise de son histoire. Partout, le chômage s’accroît , les industries sont frappées durement et sa technologie s’évade hors frontières. La mondialisation sans nuances à laquelle nous sommes confrontés, conduit à la délocalisation de nombreuses productions autrefois fabriquées dans nos contrées, et qui seront réimportées à bas prix.

Comme corollaire, nous constatons outre la destruction grandissante des emplois , la dilution du modèle social européen. Avec la complicité des dirigeants politiques des pays émergents, la main-d’œuvre locale est pratiquement toujours exploitée à la limite de l‘esclavage. Et ne parlons pas de l’impact écologique de l’industrialisation de pays curieusement exonérés de toute obligation à cet égard, grâce à la complicité étonnante des alter-mondialistes et des industriels , et du coût écologique du transport de ces marchandises.

Une autre conséquence, et non des moindres, de cet appauvrissement global de l’Europe, est la perte de son indépendance politique, de plus en plus soumise à des contingences commerciales et financières.

Certains dirigeants de sociétés sont pratiquement obligés de délocaliser sous peine de disparaître. D’autres en profitent pour accroître les bénéfices des actionnaires, mais en aucune manière il n’y a un quelconque return pour nos populations, sauf la possibilité d’acquérir à bas prix des produits médiocres. Certains de ceux-ci mettent d’ailleurs en péril la sécurité de nos populations. Un seul exemple: les composants électroniques des salles de contrôle des nouvelles centrales nucléaires, à la fiabilité très douteuse aux dires même des spécialistes.

Il semble évident que lorsque la crise financière sera derrière nous, une gigantesque restructuration industrielle mondiale aura eu lieu, nous laissant avec une Union Européenne définitivement sinistrée économiquement.

Il existe pourtant un moyen de contrer ce scénario : Une imposition des produits et services importés, calculée au prorata du niveau social du pays exportateur.

Il s’agit ainsi de rétablir une véritable concurrence basée sur des critères objectifs, susceptible de ramener dans les frontières européennes un tissus industriel digne de ce nom et un renouveau de l’esprit d’entreprise. Elle contribuerait aussi à l’amélioration notable des conditions de vie des habitants de ces pays exportateurs , dont les gouvernants et industriels auront intérêt à se voir dégrèver de cette taxe le plus rapidement possible.

Quand on parle de niveau social, il faut prendre notamment en compte :

  • Le niveau du salaire.
  • La législation sur les heures hebdomadaires de travail, de congés obligatoires et l‘interdiction du travail des enfants.
  • La possibilité d’arrêter de travailler à un âge raisonnable.
  • La possibilité d’accéder aux soins de santé.
  • L’accès à un revenu de remplacement en cas de chômage.

Un coëfficient sera imputé à chacun de ces points, dont la somme déterminera le taux de taxation imposé à l’importation dans l‘ UE. Cette taxe serait appliquée sur tous les produits finis ou composants provenant de ces pays extra-européens, ainsi que sur les services à destination des consommateurs européens.

Le taux pourra être revu à la demande du pays concerné. Pourront être exonérés de cette taxe, en tout ou en partie, les produits en provenance de pays ayant adopté une législation ad-hoc , ou proposé un calendrier à respecter dans des délais chiffrés. Les matières stratégiques ou n’ayant pas de concurrence possible en UE pourront également être exonérés de cette taxe.

Il ne s’agit donc nullement d’un protectionnisme bête et méchant, mais d’une remise à niveau des normes de  concurrence mondiale.

Jo Moreau