Voilà nos braves Suisses traînés dans la boue par la presse bien-pensante à travers l’Europe. Tous les amalgames de propagande ont été sortis des placards, le plus pernicieux étant que les Suisses ont voté contre la liberté religieuse, certains éditorialistes n’hésitant pas, pour la cause, à confondre mosquée et minaret.
Cet avatar prend bien entendu place dans un vaste débat, non pas de l’immigration en tant que telle, mais de la tentative d’une partie des immigrés d’imposer leur vision de la société et leur système de pensée dans notre environnement et dans nos consciences.
Quoiqu’on en pense, le monde se retrouve aujourd’hui face à une dualisation qu’il a déjà connue au début de la guerre froide. De nos jours, nous voyons d’un côté un amalgame de pays, d’organisations terroristes ou politiques et de mouvements religieux qui tendent vers un but ultime soit l’instauration d’un régime totalitaire au nom d’un islam dévoyé; et de l’autre le reste du monde y compris les pays musulmans dits modérés.
Cette mouvance a déjà atteint ses objectifs dans plusieurs pays, et est en passe de réussir dans plusieurs autres.
Alors, je me suis souvenu du fameux discours « Nous avons peur » prononcé par P.H. SPAAK en 1948 devant les Nations Unies , et je m’aperçois qu’en changeant seulement quelques mots, il peut parfaitement coller aux réalités d’aujourdhui : d’un côté des idéaux porteurs de valeurs humanistes, de l’autre une rigueur religieuse fondamentaliste et totalitariste n’ayant plus connu d’évolution depuis le moyen-âge.
Je réfute donc toute accusation de racisme, car il s’agit d’un combat d’idées prenant ses sources dans une idéologie transversale qui ne connait plus ni races ni frontières quant à ses adhérents, trouvant sa justification et ses alliés dans divers mouvements qu’on aurait pu croire opposés à ce type de pensée, et débouchant sur les affrontements terroristes ou militaires tels que nous les connaissons désormais.
Et de cela, je constate que les valeurs que nous voulons véhiculer, les valeurs que nous véhiculons sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, en le sachant tellement peu que nous avons le tort de ne plus le proclamer.
Ces valeurs sont la tolérance, soit aussi la capacité de comprendre le point de vue d’autrui, nous voulons la liberté, la libre circulation des hommes et des idées, nous voulons bâtir une société basée sur la possibilité de nous réunir librement, de penser et d’écrire (y compris des erreurs), nous voulons le respect de la dignité de l’Homme, nous voulons la démocratie, nous voulons un état séparé de toute ingérence religieuse.
Et ces valeurs ne sont pas négociables.
Nous nous trouvons face à un système de pensée qui nie toutes ces valeurs, au nom d’une rigueur absolue basée sur un texte écrit il y a plus de 1400 ans, et qui a la prétention de s’imposer au monde entier par l‘intimidation et la violence, et encore une fois en premier lieu à l’ensemble des musulmans qui sont à l’heure actuelle leurs principales victimes.
Alors, pour paraphraser Spaak : oui, les Suisses ont peur, et nous avons tous peur devant un avenir que certains voudraient nous imposer.
Pas une peur de lâches, mais une peur permettant la prise de conscience et des réactions mesurées et appropriées. « Il n’est pas trop tard, mais il est temps ».
http://fondationspaak.org/index.php?pgid=10
Jo Moreau
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