TURQUIE : UN REPOSITIONNEMENT INTERPELLANT

Les derniers évènements ayant interrompu le convoi soi-disant humanitaire vers Gaza a révélé au grand jour la rupture entre la Turquie et Israël, et plus généralement entre la Turquie et le monde occidental.

Cette rupture était pendante depuis quelques années maintenant, et est révélatrice du rapprochement entre Ankara et le monde musulman , et malheureusement avec les plus extrémistes du monde musulman soit le Hamas, l‘Iran et la Syrie.

L’appui apporté à cette occasion au Hamas tend également à décridibiliser l’Autorité Palestinienne, coupable à ses yeux de laïcité et de faiblesse vis-à-vis d‘Israël , et à embarrasser l’Egypte, co-participante au blocus de Gaza, et qui est sur le plan intérieur en lutte permanente contre les Frères Musulmans, organisation ultra-religieuse dont est issu le Hamas.

On pouvait craindre cette évolution depuis l’élection de Recep Erdogan, une élection révélatrice de la radicalisation des masses musulmanes, que ce soit en Turquie ou ailleurs. Il faut aussi constater que ce succès électoral fut grandement favorisé par la déliquescence des autres partis, et par les crises financières qui se sont succédées dans ce pays.

On se souvient du clash de la conférence de Davos, où Recep Erdogan condamna violemment et sans nuance Israël et s’y fit d’ailleurs rappeler à l’ordre, ce qui provoqua son départ définitif.

On peut raisonnablement supposer que non seulement la Turquie a soutenu publiquement l’ONG islamiste à l’origine de la flottille vers Gaza, mais qu’elle en est même l’initiatrice en sous-main, tendant ainsi le piège dans lequel est tombé Israël, prisonnier de sa politique aveuglément égocentrique, et permettant ouvertement le renversement d’alliance auquel nous assistons.

SUR LE PLAN INTERIEUR

L’ AKP, parti du premier ministre Erdogan, est qualifié d’islamiste « modéré », mais il a entrepris de façon insistante l’islamisation de la société turque, officiellement encore un état laïque.

Le projet de modification constitutionnelle autorisant le port du voile dans les universités ne fut bloqué que par le veto de la Cour Constitutionnelle, mais gageons que ce n’est que partie remise.

L’armée turque, garante de la laïcité, a fait récemment l’objet d’une purge très « soviétique ». La mise à l’écart d’un certain nombre de cadres, parallèlement à l’islamisation grandissante des recrues, permet de prévoir la chute prochaine de ce rempart de la laïcité.

La télévision turque a récemment diffusé un feuilleton violemment anti-israélien, reprenant les poncifs de la propagande anti-israélienne la plus basique.

De plus en plus de juges nommés sortent d’écoles coraniques.

SUR LE PLAN INTERNATIONAL

On assiste à la constitution d’un nouvel axe Ankara-Téhéran- Damas, dont un objectif commun est notamment la lutte contre le sentiment national kurde.

Ceci est illustré par le rapprochement spectaculaire avec l’Iran, dont le dernier accord d’échange d’uranium était en fait une tentative de soustraire l’Iran à ses obligations internationales. Déjà le 28/10/2009, recu à Téhéran, Recep Erdogan était chaleureusement remercié par Ahmadinedjab pour ses violentes critiques à l’égard d’Israël, et pour son soutien à l’Iran sur le dossier nucléaire.

En décembre, l’armée turque a mené des actions contre les Kurdes, en commun avec l’armée iranienne. Les deux pays passent de plus en plus d’accords dans les domaines économiques et politiques. En mai, le ministre turc des sports appelle au renforcement de la coopération avec l’Iran.

Il faut aussi noter le rapprochement entre la Russie et la Turquie entre autres sur le plan énergétique.

SUR LE PLAN INTER-EUROPEEN.

Erdogan apporte son soutien à la demande de la communauté turque d’Autriche, dont une majorité voudrait y voir légalisées certaines règles de la charriah.

On se souviendra aussi que lors de sa visite en Belgique, s’adressant à la communauté turque à Gand, il avait exhorté ses compatriotes à prendre la nationalité belge, mais à ne pas s’assimiler à la population locale.

En mars, le PM turc Recep Erdogan a marqué sa volonté de mettre en place des lycées turcs en Allemagne, ce qui a amené une réaction négative de Madame Merkel. De plus en plus apparaît la volonté du gouvernement turc de mettre en place partout en Europe, de véritables colonies de peuplement, échappant aux lois et coutumes locales.

LA TURQUIE A-T-ELLE ENCORE SA PLACE DANS L OTAN ?

Le virage à 180° de la politique turque pose évidemment question quant à sa place de membre de l’ OTAN. On se rappelle que récemment, la Turquie s’était brièvement opposée à la candidature du nouveau Secrétaire Général Fogh Rasmussen, sous le prétexte que celui-ci avait refusé de faire pression sur la presse danoise lors de l’affaire des caricatures, alors qu’il était premier ministre de ce pays.

Pour obtenir son accord, il a été promis à Erdogan la nomination de deux Turcs à des postes de haut niveau au sein de l’organisation…

Cela amène à se poser de sérieuses questions sur la capacité de l’OTAN d’encore assumer certaines missions , alors qu’un de ses membres dont on peut désormais douter de la loyauté, a accès à tous les plans et projections stratégiques.

 

Alors, il faut s’attendre à des bouleversements réellement inquiétants pouvant également affecter le Caucase et les Balkans, et ces nouvelles donnes géopolitiques rendent apparemment obsolète toute tentative de rapprochement entre l’Union Européenne et la Turquie.

 

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Jo Moreau

TOYOTA, LE NUCLEAIRE ETC..,

Le rappel de millions de véhicules par TOYOTA, PSA, ISUZU, HONDA, NISSAN -et j’en passe- est révélateur d’une évolution inquiétante, soit la baisse dramatique de la qualité des produits actuellement mis sur le marché, conséquence de la recherche effrénée de profits de plus en plus gigantesques, ou de la simple survie des entreprises concernées.

Pour se limiter au marché automobile :

ISUZU rappelle des camions au Japon, fonctionnant au gaz naturel. Une fuite de gaz peut provoquer un incendie. Rappel aussi des 4X4 Trooper pour un problème d’injecteurs. Le Trooper est un clone de l’Opel Frontera.

NISSAN rappelle 540000 véh . Défaut notamment d’axe de pédale de frein, et de jauges à carburant fabriquées en Chine par une co-entreprise de Solvay, Inergy Automotive System.

HONDA : airbag défectueux et lève vitres électrique pouvant provoquer un court-circuit.

TOYOTA et PSA (Peugeot 107 ET Citroen C1) pour des problèmes de pédale de frein , quoique certains mettent en cause l’électronique du véhicule. La pédale de frein est fabriquée par l’américain CTS, qui a toutefois des usines à Taiwan notamment. Les Peugeot 107 et Citroen C1 sont des clones de la Toyota Aygo, tous véhicules construits da ns l’usine Toyota de Kolin, en République Tchèque.

Il faut savoir que les marques automobiles ne sont en fait devenues que des assembleurs. Pour les marques françaises par exemple, on estime que seules 40% des pièces sont directement produites par elles, le reste étant des composants fabriqués par des firmes étrangères, souvent asiatiques, qui fournissent plusieurs marques. Comme toutes les entreprises industrielles, elles sont soumises à des impératifs de prix et de délais de plus en plus contraignants, qui finissent par transparaître sur la qualité et la fiabilité des composants fournis.

Inutile d’encore parler, dans ce cas de « traçabilité » , à l’heure où même des modèles de véhicules ou de moteurs deviennent communs à plusieurs marques.

Cette évolution (régression ?) se retrouve ainsi dans la fabrication de beaucoup de produits manufacturés, notamment l’électro-ménager, et l’informatique.

Pour ce dernier poste, les choses deviennent toutefois nettement plus inquiétantes, à l‘heure où il est question de la prolongation de la vie des centrales nucléaires.

Il se pose en effet un problème de vieillissement des salles de contrôle de ces centrales. La majorité des composants électroniques ou électromagnétiques utilisés pour piloter les réacteurs datant des années 70 ou 80, ils sont non seulement devenus obsolètes, mais les techniciens récemment engagés ne connaissent pas grand-chose à leur maniement ou à leur maintenance.

Or leur remplacement par des systèmes tout informatisé de dernière génération pose de gros problèmes, car le cycle de vie de ces nouveaux systèmes sont de plus en plus courts, et leurs composants (pièces détachées) disparaissent tout aussi rapidement du catalogue. Cela pose de sérieux problèmes de gestion des stocks aux gestionnaires de ces centrales. D’autre part, même les fabricants de ces nouveaux composants (également asiatiques pour la plupart) ne connaissent pas leur évolution face à la chaleur ou aux rayonnements. Enfin, le problème le plus grave est leur qualité sans cesse déclinante. (Source: Science et Vie 12/2008)

On peut extrapoler ces craintes quant à la fiabilité vers tous les systèmes utilisant l’électronique, par exemple dans l’aviation, ou les transports en général. Il est permis de penser au comportement apparemment erratique de certains avions lors de catastrophes aériennes récentes.

Il serait intéressant aussi de reconsidérer les problèmes rencontrés il y a quelques années par des automobilistes ayant perdu le contrôle de leur véhicule après un blocage du système de vitesse automatisée. On avait à l’époque mis lourdement leur parole en doute… De quoi réfléchir à la pertinence d’une certaine évolution financiéro-industrielle, et aux conséquences de l’abandon de la maîtrise de fabrication de la technologie de pointe au nom d‘une certaine conception de la rentabilité…

Voir aussi : http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/11/europe-arretons-le-massacre.html

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Jo Moreau

OPEL ANVERS : LA DEMISSION DES ELITES

La fermeture de l’usine d’Opel à Anvers n’est qu’un épisode supplémentaire de la grande désindustrialisation de l’Europe, continent en voie de régression -au même titre d’ailleurs que les USA à un degré toutefois moins visible-.

On peut en effet prédire à moyen terme la disparition quasi complète de toute industrie lourde ou manufacturière de notre continent, ou plutôt sa délocalisation vers des pays émergents, nettement plus compréhensifs quant au bien-être d’une main-d’œuvre employée souvent à la limite de l’esclavage.

Cette délocalisation massive a été rendue possible par les accords de l’OMC, débouchant sur une mondialisation exclusivement profitable aux seuls financiers, propriétaires d’entreprises dont-ils ne soupçonnent même pas le fonctionnement, et desquelles ils ponctionnent des profits maximum, quels que soient les moyens et sans aucun égard pour les pays qui ont favorisé leur développement, et à fortiori pour leurs populations.

Ce processus est parfaitement en phase avec l’idéologie financiériste actuelle, soit la confiscation systématique par quelques uns de la richesse mondiale, sans aucun return vers ceux à qui ils sont -en partie du moins- redevables.

Ceci n’a plus rien à voir avec le libéralisme, du moins « mon » libéralisme qui s‘oppose à l‘oppression de l‘individu, et ce n’est plus non plus du capitalisme, soit la fourniture aux entreprises des capitaux nécessaires à leur développement.

Cette hystérie de l’accaparement des richesses se fait avec la complicité du monde politique, dont aucun composant n’a le courage ou la volonté de s’opposer fermement et sans concession à cette vision dévoyée du fonctionnement de l’économie mondiale. Il faudrait évidemment une stature à la mesure du défi, qui se situe à un autre niveau que l’avenir de BHV.

Ils feignent de considérer ces délocalisations comme inéluctables, dans le respect des accords signés.

Aucun accord, aucun traité n’est éternel. Maintenant que nous pouvons réaliser leurs conséquences néfastes et même fatales pour notre conception de la société, il est du devoir impérieux des états européens de dénoncer ces accords, et nos hommes politiques doivent se réapproprier leur fonction essentielle : la protection du bien-être des populations qui les ont élu, qui découle du maintien d‘une activité économique puissante. Cela n’est évidemment concevable qu’au niveau de l’Union Européenne.

Voir à ce sujet : http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/11/europe-arretons-le-massacre.html

La dénonciation des accords de l’OMC et la conception saine d’une réelle concurrence fondée sur une recherche d’équivalence des systèmes sociaux au niveau mondial, est la seule voie qui puisse renverser la vapeur et mettre un terme à la paupérisation inéluctable de nos populations. Rappelons-nous les chiffres de Monsieur Defeyt : 750.000 personnes sont sans emploi en Belgique, quel que soit le vocable sous lequel on les classe, et ce chiffre ne pourra que croître.

Il faut avoir le courage de dire tout haut ce que chacun sait ou soupçonne : sans une révision radicale de notre politique commerciale et industrielle, et de notre vision du commerce mondial, nous ne serons bientôt plus en état de payer les allocations sociales , que ce soient les indemnités de chômage ou les pensions, faute de financements suffisants.

Il faut aussi réinventer le libéralisme et le capitalisme, à mon avis seuls capables de garantir une évolution dynamique de nos sociétés, mais certainement pas dans leurs dérives hallucinantes actuelles…

Jo Moreau

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LE LIBAN, ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME

Des informations récentes (répercutées par France24 ce 29/11) font état du réarmement du Hezbollah libanais par l’Iran, notamment en missiles capables d’atteindre n’importe quel point du territoire israélien. De telles armes auraient aussi été mises à la disposition du Hamas, dans la bande de Ghaza.

Ces nouvelles trouvent une certaine vraisemblance, lorsqu’on sait que le nouveau gouvernement libanais vient de décider que le Hezbollah, qui est une de ses composantes, pourra conserver ses armes, ce qui est en totale contradiction avec la résolution 1701 de l’ONU, prise suite à la guerre entre Israël et le Hezbollah libanais. (source : le Quotidien du Peuple 25/11/2009). On se souvient également de l’arraisonnement récent d’un cargo chargé d’armes iraniennes par la marine israélienne.

La réponse n’a pas tardé : un communiqué du gouvernement israélien prévient qu’une action militaire entreprise suite à des bombardements de son territoire ne se limiterait plus à l’encontre des militants du Hezbollah, mais se ferait contre l’Etat libanais, qui tolère cette situation. (Guysen International)

Il est un fait que le gouvernement iranien, (imitant en cela le gouvernement nord-coréen dans un autre contexte), se moque ouvertement de l’opinion internationale, et prolonge systématiquement des négociations élastiques, remettant sans cesse en cause des avancées péniblement acquises, tablant avec raison sur l’impuissance grandissante des anciennes puissances.

Alors, Israël laissera-t-il l’Iran mener à terme son développement nucléaire, manifestement militaire, sans réagir ?

L’hypothèse actuellement privilégiée est celle d’une attaque israélienne contre les cibles nucléaires iraniennes, scénario qui arrangerait bien l’ensemble des pays non fondamentalistes, musulmans ou non, leur évitant une intervention directe très embarrassante , et dont l’issue ne serait manifestement pas plus glorieuse qu’en Irak ou en Afghanistan.

Il existe des précédents connus, lorsque l’aviation israélienne détruisit le site nucléaire irakien Al Tuwaitha en 1981, et le site nucléaire syrien d’Al Kibar en septembre 2007. (Ce dernier semble d’ailleurs être l’objet d’une remise en état avec l’aide de la Corée du Nord).

La situation est cependant essentiellement différente aujourd‘hui, que ce soit sur le plan militaire ou sur le plan politique.

Sur le plan militaire d’abord, l’existence avérée de missiles iraniens pleinement opérationnels et pouvant occasionner de sérieux dégâts au cœur d’ Israël a profondément modifié la mise. Lors de la guerre du Golfe, on se souvient de l’emploi par l’Irak de missiles « Scud » modifiés contre les villes israéliennes. Toutefois, cette action qui avait pour but d’obliger Israël à intervenir dans le conflit afin de décrédibiliser celui-ci, échoua dans ses objectifs par la faute principalement de caractéristiques déficientes du matériel employé.

Les actuels missiles iraniens sont bien plus efficaces, aussi bien dans leur capacité de destruction, que dans leur autonomie et la précision des tirs. Plusieurs pays européens deviennent par la même occasion des cibles potentielles, ce qui n’est pas à négliger pour une évaluation correcte de la situation stratégique et politique.

Comme on l’a vu d‘autre part, ces représailles pourraient provenir de plusieurs origines géographiques, impliquant une nouvelle fois le risque d’embrasement généralisé.

En dépit de la supériorité stratégique de Tsahal, Israël ne sera donc pas à l’abri de destructions cette fois-ci dévastatrices en cas d’action militaire.

Sur le plan politique, les hésitations actuelles vis-à-vis de l’Iran démontrent l’embarras de la communauté internationale, face à ce qui pourrait aussi apparaître comme un soutien au gouvernement israélien dominé aujourd’hui par l’extrême-droite.

La prolifération nucléaire ne pourra être contenue dans un futur proche, et de plus en plus de pays -notamment au Moyen-Orient- revendiquent le droit à la possession de l’arme nucléaire dans le cas où l’Iran serait « nucléarisé », ses voisins n‘étant pas nécessairement ses alliés !

Alors, que nous réserve l’avenir ? C’est une excellente question et je vous remercie de l’avoir posée !

Jo Moreau

Les commentaires éventuels sont autorisés, pour autant qu’ils ne contiennent aucun caractère raciste, de quelque nature que ce soit. 

LE PARTENARIAT CHINE-AFRIQUE

Je ne résiste pas à l’envie de reprendre quelques éléments d’un article paru dans le Quotidien du Peuple, de Beijing, le 17 novembre, sous le titre « Il sera possible que la Chine remplace l’Europe pour devenir le plus important partenaire de coopération de l’Afrique ».

Il s’agissait de rendre compte du rapport du Congrès des Syndicats du Ghana, qui s’est tenu à Accra le 12 novembre. Sur base d’enquêtes menées dans dix pays africains, soit l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Angola, le Kenya, le Ghana, le Botswana, la Zambie, la Namibie, le Zimbabwe, le Malawi.

On y constate que le volume global du commerce sino-africain est passé de 11 milliards de dollars en 2000 à 107 milliards de dollars fin 2008..

 Plus surprenants, toutefois, sont les commentaires émis par Anthony Yaw Baah, secrétaire général adjoint du Congrès des syndicats du Ghana, et dont voici un florilège.

« La demande croissante de produits africains par la Chine a poussé à la hausse des prix de ces produits, ce qui est favorable à la croissance des exportations africaines, mais la concurrence entre les produits chinois importés et les produits locaux conduit à des conditions défavorables pour ces derniers sur les marchés locaux.

Les entreprises chinoises installées en Afrique introduisent et utilisent un trop grand nombre d’ouvriers chinois et n’utilisent pas assez de main-d’œuvre locale. Des problèmes de communication font que ces entreprises chinoises adoptent une attitude hostile aux syndicats locaux.

 Cependant, les enquêtes menées par l’AROA (Association de Recherches des Ouvriers Africains) dans les dix pays mentionnés ci-dessus sont unanimes à déclarer que c’est seulement en utilisant des ouvriers chinois qu’on peut garantir la qualité des travaux et le respect des délais d’exécution. C’est pourquoi il sera peut-être utile aux syndicats des pays concernés de traduire en chinois leurs lois respectives sur le travail et les travailleurs afin de permettre aux entreprises chinoises de respecter les lois locales. Les Chinois pourront apprendre la langue locale, tandis qu’il est nécessaire pour les habitants locaux d’apprendre le mandarin afin de pouvoir développer les échanges avec les Chinois.

Il a terminé en déclarant que les relations avec l’Europe n‘ont apporté aucun bénéfice à l‘Afrique, au contraire des relations « win-win » avec la Chine, qui est un partenaire sincère. C’est pourquoi l’Afrique pourra considérer la Chine comme un possible remplaçant de l’Europe. »

Je suppose que le deuxième « win » n’est pas perdu pour tout le monde. Cet article est révélateur du type de « coopération » envisagée entre la Chine et l‘Afrique, avec l’aval d’autorités locales -en l’occurrence des syndicats- et je crains qu’à leur niveau, les populations africaines ne soient un jour déçues par les retombées espérées du fait de ce partenariat si prometteur… La réaction de nombreux petits commerçants de Kinshasa à l’égard de commerces chinois -de plus en plus nombreux à s’implanter en RDC- est révélatrice à ce sujet.

D’autre part, je n’ose imaginer la levée de boucliers qu’aurait soulevé ce type de relation si un pays européen l’avait appliqué en Afrique en 2009 !

Enfin, je présume que dans le futur, l’Europe aura toujours le droit d’y envoyer ses ONG !

Jo Moreau

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POUR UNE NOUVELLE STRATEGIE ANTITERRORISTE

La dernière action des troupes engagées en Afghanistan, débouchant sur la destruction par un raid aérien de 2 camions-citernes volés par les talibans et débouchant sur la mort de 54 personnes, dont 6 civils (chiffres au 06/09 à 10 heures par un ministre afghan) est exemplative non seulement de l‘efficacité d‘un combat dit « conventionnel » contre des insurgés, de la justification de celui-ci, de l’état des opinions publiques occidentales et de leur personnel politique.

Pour être compréhensible, j’utiliserai dans ce texte le mot « islamiste » pour qualifier les fondamentalistes musulmans, partisans de l’application universelle de la charriah en lieu et place des lois civiles. Dans ce combat, tous ceux qui ne partagent pas cette vision de la société sont des ennemis à abattre, musulmans trop « tièdes » à leurs yeux compris (ils en sont d‘ailleurs les premières victimes et les plus nombreuses).

Quoiqu’on en dise, et malgré toutes les dénégations intéressées ou non, il est évident que nous sommes aujourd’hui pleinement engagés dans une confrontation mondiale entre une vision « légaliste » de la société, et un retour vers une conception religieuse obscurantiste digne du Moyen-Age.

Pour différentes raisons, les courants d’extrême-droite et d’extrême-gauche se rejoignent dans un soutien pratiquement inconditionnel à cette mouvance islamiste.

L’Afghanistan était donc un de ces états islamiste, dirigé par les talibans et servant aussi de base arrière au terrorisme non seulement islamique, mais tous les mouvements terroristes y bénéficiaient de camps d’entraînement pour autant qu’ils soient engagés dans un combat contre un gouvernement « légaliste » ou antisémite.

Une intervention militaire fut décidée et couverte par la résolution 1386 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Mais comme pour toutes les interventions militaires récentes, il semble qu’ aussi bien les gouvernements que les opinions publiques des pays participants ne sont pas prêts à mettre en oeuvre tous les moyens militaires nécessaires pour gagner cette guerre. On veut une guerre soft, faite par des soldats dont on attend qu’ils soient plus des fins psychologues secouristes que des combattants.

On veut aussi croire ou faire croire que la guerre peut être faite sans qu’un seul civil non-combattant n’en soit victime, et au premier civil tué, le pouvoir politique, qui a décidé cette guerre comme toutes les autres d’ailleurs, se détourne alors de ses militaires et est prêt à les condamner avec mépris.

Dès l’annonce du bombardement des camions, et du fait qu’il y aurait 90 morts, sans même attendre les conclusions ou les explications, les médias européens s’emparent des victimes et en font leurs gros titres en parlant d‘office de bavure. Affolés, les politiques prennent alors immédiatement leurs distances, dont Bernard Kouchner (« C’est une grosse erreur »), ou Jean Asselborn ministre luxembourgeois des affaires étrangères (« Même s’il n’y avait eu qu’un civil sur place, cette opération n’aurait pas dû avoir lieu »). Nos hommes politiques devraient donner des cours aux militaires, leur apprenant la différence entre un civil innocent et un terroriste. 

Je n’ose penser au moment où, par malheur, un soldat belge serait malheureusement tué. Ce serait sans doute le rappel général de notre contingent, comme au Rwanda où le massacre de 10 soldats sonna le repli précipité de nos troupes, ordonné par un pouvoir politique irresponsable -car il était parfaitement informé des conséquences certaines de ce repli- et ouvrant la voie au massacre d’un million de personnes.

Il est clair qu’avec une telle vision des choses, la guerre en Afghanistan, et en général contre le fondamentalisme islamique, est dès à présent perdue, d’autant plus qu’on ne discerne pas très bien pour qui roule le pouvoir en place en général et Hamid Karzai en particulier.

Il est évident qu’aussi bien sur le plan stratégique que sur le plan politique, il est désormais inutile d’entreprendre une guerre « conventionnelle » dans des conflits contre des groupes insurrectionnels, surtout quand ces mouvements bénéficient d’un large appui logistique dans les pays voisins, mais également idéologique dans les pays qui fournissent les contingents censés les combattre ! Il est par exemple symptomatique et interpellant de constater l’empressement de nos médias à donner crédit à priori au point de vue de ces groupes terroristes, et à trouver des tas d’excuses à leur action.

Nous devons donc envisager l’évacuation de l’Afghanistan, notre position militaire chèvre-choutiste devenant peu à peu intenable. Il faut être conscient bien entendu que ceci suppose que nous ne pourrons désormais plus donner d’aide à caractère militaire à des populations gravement menacées.

La seule stratégie qui semble encore envisageable dans l’avenir pourrait être des frappes ponctuelles sur des objectifs clairement identifiés, soit par des actions aériennes, soit par des actions de style « commando », mais sans occupation des territoires, et seulement lorsque notre propre sécurité est en jeu. Ceci devrait être appuyé par une contre-propagande dans nos propres pays, sans concession aucune envers une idéologie qui prône des idées et des comportements à l’opposé de la dignité de l’être humain.

Jo Moreau

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