GRANDS PRIX DE BELGIQUE ANNEES ’30

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Voici quelques photos des Grands Prix d’avant-guerre. Ils avaient lieu sur l’ancien circuit de Spa-Francorchamps d’une longueur d’environ 14 Kms, tracé qui fut utilisé jusque dans les années’70. Les voitures empruntaient encore le virage de l’ancienne douane, qui fut en 1939 remplacé par le mythique virage du raidillon.

Mais il est surprenant de voir le nombre de spectateurs, qui pourrait rendre jaloux les organisateurs actuels, alors que peu d’entre eux disposaient d’un véhicule personnel, mais jusque dans les années’60, il était encore possible de rejoindre le circuit par le train, et l’accès au circuit nettement moins onéreux qu’aujourd’hui !

1931. Remporté par William Grover Williams et Carlo Alberto Conelli sur Bugatti.- moyenne 131 Kms/h

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 1933 Remporté par Tazio Nuvolari sur Maserati

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1934 Remporté par René Dreyfus sur Bugatti – moyenne générale 139,861 kms/h

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1935 Remporté par Rudolf Caracciola sur Mercedes Benz- moyenne 143,518 Kms/h.

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1937 Remporté par Rudolf Hasse sur Auto Union.- moyenne 167,189 Kms/h. – Lang dépassait le 310 Kms/h dans la descente de Masta.

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Documents : « Le Patriote Illustré »

Jo Moreau.

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BHV, UN ACCORD JUSQU AU PROCHAIN CLASH

C’est le grand soulagement, et tout le monde, ou à peu près, se congratule après l’accord obtenu sur la scission de l’arrondissement électoral de BHV, qu‘on estime merveilleusement équilibré…

C’est oublier un peu vite le raisonnement flamand intangible depuis des dizaines d’années : toutes les conquêtes politiques favorables à la Flandre deviennent « onbespreekbaar », tandis que tous les éléments favorables aux francophones seront toujours susceptibles de révision, et le seront dès que possible, n‘en doutons pas.

Le territoire flamand est maintenant entièrement homogène, et cet accord n’est rien moins qu’une ultime étape facilitant l’autonomie de la Flandre, sinon son indépendance. Le refus des mandataires politiques francophones de voir la réalité en face et ce depuis de nombreuses années, me sidère, et une nouvelle fois je les accuse sinon de cécité, au moins d’incompétence.

Attention, si je regrette cette évolution, je ne critique pas cette volonté flamande, fondée aussi bien sur de faits avérés que sur une mythologie politico-romantique. Car comme je l’ai souvent déclaré précédemment: cette volonté d’autonomie maximale est en fait leur droit le plus strict, et doit être pris en considération. Evidemment, aujourd’hui, c’est un peu tard…

 http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/06/28/les-francophones-face-au-confederalisme.html

 Cette évolution de l’opinion flamande, qui avait son fondement dans une frange nationaliste, est maintenant partagée par une majorité de la population du Nord du pays. Elle pouvait, elle devait être discernée depuis de nombreuses années maintenant, et devint évidente depuis les dernières élections pour chacun qui voulait bien ouvrir les yeux.

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2010/05/23/les-partis-francophones-en-pleine-crise-d-autisme.html

Il eut été judicieux que les partis francophones prennent acte de cette volonté d’autonomie, et prennent l’initiative de proposer l’ouverture d’une grande table ronde sur l’organisation future de notre pays, fondée sur des régions-états aux pouvoirs très étendus, et un état central compétent uniquement sur la politique étrangère, l’armée, la Banque centrale, un tronc commun de sécurité sociale et quelques administrations indispensables sur le plan international telles que l’agriculture ou les sports. Cette évolution ne devait pas être immédiate, mais liée à un calendrier précis.

Car c’est bien vers cette structure politique que nous allons inexorablement dans le meilleur des cas, qu‘on le veuille ou non. Mais nous y allons les yeux bandés et les pieds entravés.

Alors que cette grande négociation entre partenaires égaux, lucides mais respectueux de l‘autre -qui aurait sans ressentiment pris en compte le point de vue flamand- pouvait se faire en toute clarté et sans arrières-pensées, mais surtout en partant d’une page blanche. Elle aurait esquivé cette politique des « petits pas » qui caractérise la politique flamande depuis les années 60 et le refus du volet linguistique du recensement, par 200 bourgmestres qui se mirent alors en infraction avec la loi.

Il aurait été indispensable de prendre en compte une réalité, que les flamands préfèrent occulter et que les francophones ont eu le tort immense de ne pas clamer haut et fort : la frontière linguistique fut délimitée et acceptée en son temps dans un « environnement » politique et communautaire essentiellement différent de ce que nous connaissons aujourd’hui. Elle constituait une frontière administrative fixant l’emploi des langues dans un pays unitaire, et ne se voulait en aucun cas une frontière d’état. D’autant plus qu’elle fut fixée en 1962/1963 sur base de chiffres de population datant de 1947… .La province de Brabant était toujours unitaire, et constituait de fait une vaste région bilingue. Il fut créé des « communes à facilités », dont les plus conflictuelles sont les 6 communes situées dans la périphérie bruxelloise.

Cela constituait un « package », et la remise en cause d’un seul élément devait rendre caduque l’ensemble de l’accord.

Cela ne fut pas le cas, et il nous reste à attendre en victimes peureuses la prochaine étape du processus de conflit communautaire, qui ne tardera pas dès la concrétisation du récent accord.

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Jo Moreau.

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DES ELECTIONS ? POURQUOI PAS …

Après le refus de négocier de la NV-A, et de son annexe le CD&V, l’impasse est plus que jamais totale dans notre pays, et on ne voit plus de solution à la crise politique.

Alors, pourquoi pas de nouvelles élections ?

Mais avec un but bien précis : des élections qui auraient pratiquement valeur de consultation populaire. Les citoyens flamands devraient être mis clairement devant leurs responsabilités, et les francophones ne devraient laisser planer aucune équivoque : une nouvelle victoire électorale de la NV-A, et de ses satellites le Vlaams Belang, et la LDD (je n’ose encore y mettre le CD&V) signifierait le choix définitif vers le confédéralisme ou le séparatisme.

Certains sondages montraient récemment qu’une grande majorité de citoyens flamands, y compris parmi les adhérents de la NV-A, étaient opposés au séparatisme. Et bien qu’ils le montrent par les urnes, en excluant ces partis de leur choix, au profit du SP-A ,du VLD ou de Groen.

 La NV-A perdant une partie de ses électeurs, la négociation pourrait reprendre.

Une confirmation du succès antérieur de la NV-A devrait automatiquement déboucher sur des Etats Généraux, devant préparer une scission du pays soit vers un confédéralisme très approfondi, soit vers le séparatisme.

Mais il faut également que tout le monde soit bien conscient que cela suppose de faire table rase de tout le passé, par une renégociation de tous les aspects du problème. Y compris du tracé de la frontière linguistique, y compris la redistribution des bijoux du ménage.

Et d’un arbitrage international (européen ?) sur les points qui ne peuvent trouver un accord, par le biais éventuel de consultations populaires.

Je n’ai jamais caché mon agacement devant l’attitude des francophones de ce pays, qui n’ont voulu prendre conscience du vent qui venait de Flandre qu’au cœur de la tempête.

Mais le positionnement actuel de l’extrême-droite flamande me heurte profondément dans son refus absolu de tout compromis. A nous d’en tirer les conséquences, en fonction d‘un positionnement clair de nos compatriotes flamands.

Voir aussi :

http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2009/11/05/rebatir-la-belgique.html

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Jo Moreau.

FRANCE-BELGIQUE : UNE IDYLLE SANS NUAGES ?

Comme une majorité de Belges, j’ai une énorme sympathie pour mes voisins Français et leur beau pays. Par contre, leur incorrigible égocentrisme ne manque pas de me hérisser régulièrement. Leurs journaux télévisés nous ramènent régulièrement au temps de la réflexion du savoureux Major Thompson : « Chaque jour, le monde entier se réveille avec le regard fixé sur la France… » (dixit Pierre Daninos).

La diffusion ce 28 juin par la chaîne câblée Histoire, d’une séquence de la série « Histoire de comprendre » consacrée à Kolwezi, fut proprement renversante par le silence total -même pas une allusion- au sujet du rôle de la Belgique, et éclairant d’un jour nouveau tout un pan des relations parfois tortueuses entre nos deux pays.

Mais de quoi s’agit-il ? Au printemps 1978, 3 à 4000 rebelles katangais venant d’Angola et transportés par la 2e division cubaine, prennent possession de la ville de Kolwezi dans la province congolaise du Shaba (ex-Katanga). Bientôt, des exactions sont commises et provoquent la mort d’environ 700 Congolais et de plusieurs dizaines d’Européens (plus de 250 suivant certaines sources), tandis que 3000 autres -dont une majorité de Belges- sont dans une situation très précaire.

Nous sommes alors en pleine guerre froide, et l’influence de l’Union Soviétique grandit en Afrique, en symbiose avec l’intervention armée des Cubains dans plusieurs pays. La contagion risque de gagner l’Afrique francophone, suscitant l’inquiétude du président français Valery Giscard d’Estaing. Les mutins de Kolwezi menacent le régime du Président Mobutu, qui appelle à l’aide les Français et les Belges.

Une opération conjointe est alors envisagée, mais dès la première réunion entre les autorités militaires des deux pays, des divergences profondes quant aux buts d’une intervention apparaissent. Les Français désirent une véritable opération militaire en appui des troupes du Général Mobutu qui repousserait l‘insurrection, les Belges voulant se limiter strictement à une opération humanitaire, car le torchon brûle déjà entre Bruxelles et le régime de Kinshasa. Le Président Giscard d’Estaing voit là une excellente occasion de supplanter définitivement les Belges au Congo, et de renforcer son influence sur toute l’Afrique francophone.

Les Français vont alors tout faire pour retarder l’intervention belge, afin de recueillir tout le bénéfice politique de l‘action militaire. Ils ne donneront l’autorisation de survol de leur territoire par les C130 belges qu’avec plusieurs heures de retard, tandis que l’Algérie, qui a autorisé le survol par les Français, le refusent aux Belges. Ceux-ci doivent allonger considérablement les plans de vol de leurs appareils jusqu’à ce que l’ autorisation de traverser l’espace aérien français leur parvienne enfin . Les C130, qui devaient ravitailler sur une base française en Afrique, seront bloqués sur cette base d’autres innombrables heures avant de pouvoir poursuivre leur vol. Le timing exact est encore assez trouble, et diverge suivant les sources. Ce qui est établi voit les éléments du 2e REP (Légion Etrangère) sauter sur Kolwezi dès le 19 mai, tandis que les C130 belges amenant les premiers éléments des 1100 para-commandos qui étaient bloqués à Melsbroeck n’arriveront que le 20, mais feront quand même un boulot remarqué dans le ratissage de la ville et le sauvetage des otages. Les « frictions » entre les responsables militaires se poursuivront sur place.

Dans l’émission sus-mentionnée, pas un seul mot sur l’intervention belge. D’autre part, l’intervention de la Légion est présentée comme une grande première, ignorant magnifiquement l’opération Dragon Rouge de novembre 1964, lorsque les parachutistes belges ont sauté sur Stanleyville et Paulis (opération Dragon Noir), sauvant ainsi des milliers d’otages européens. Pour mémoire, cette opération fut ainsi qualifiée par les Américains : « The Dragon operations in the Congo-Dragon Rouge and Dragon Noir-were the first, and in many ways the most complex, hostage rescue missions of the cold war, Aimed at securing the release of nearly 2,000 European residents taken hostage during the Simba Rebellion in 1964 ».

Cette émission confirme une fois de plus le fait que l’historien ne fait rien d’autre que défendre une vision de l’Histoire qui corresponde à ses propres convictions, et d’autre part qu’un seul épisode aussi manifestement biaisé déprécie la crédibilité de l’ensemble de la série.

Je n’ai pas dû faire de longues recherches pour trouver des éléments qui confortent l’opinion que les relations franco-belge n’ont décidément pas toujours été idylliques. Et ce, sans remonter à la période d’une vingtaine d’années qui vit le rattachement des provinces belges à la France (1795-1815), et qui fut émaillée de nombreux incidents (dont la « guerre des paysans », et le soulèvement contre la conscription obligatoire).

En 1848 déjà, une colonne de 2000 révolutionnaires belges armée par des autorités lilloises essaye de pénétrer en Belgique, avec l’appui du ministère des Affaires Etrangères de la 2e République, afin d’y instaurer la République. Ils furent repoussés dans l’épisode appelé « Risquons-Tout ».

Pour rester dans un contexte de guerre, nous nous rappelons aussi l’attitude particulièrement hostile du gouvernement français lors de la capitulation belge en 1940, alors qu’il s’apprêtait à agir de même…Des groupes de réfugiés belges furent alors qualifiés de « boches du Nord ».

Je suis par contre assez circonspect quant à l’éventuelle promesse d’intervention, rapportée par certains, de deux divisions françaises pour appuyer une éventuelle sécession de la Wallonie, lors de « l’affaire royale » en 1950, qui me parait relever plus de propos de bistrot que de la réalité historique.

Dans le livre de Pierre Stephany « Les années 60 en Belgique » par contre, j’ai trouvé les passages suivants, qui ne font que confirmer d’autres sources.

– Quant au rôle ambigu de la France, on le trouve dans de nombreuses sources faisant état de l’inquiétude et de l’irritation du gouvernement belge devant l’attitude de Paris. « Les Wallons constituent la prochaine sérieuse cible de la subversion française », écrivait à Londres le 13 février 1968 l’ambassadeur britannique à Bruxelles.

Selon l’ambassadeur de Belgique à Paris, des agents de l’Elysée poussaient à l’affrontement, et les organisations extrémistes flamandes recevaient des subventions françaises.

La Sûreté belge s’inquiétait tout autant de l’aide française à l’activisme wallon. (…) L’ambassadeur britannique à Paris pensait que le général (De Gaulle) encourageait le séparatisme dans l’idée de favoriser un jour la naissance, avec le voisin wallon, d’une grande francophonie. –

Il semble qu’ensuite, les convoitises de Paris sur la Wallonie se soient estompées, parallèlement au déclin industriel et à la paupérisation de celle-ci…

J’ai cité ces quelques éléments pour étayer ce qui est bien connu, soit que l’Histoire, jalonnée de grands discours et de visites officielles clinquantes et fraternelles, dissimule de nombreux et tortueux objectifs. Mais çà, ce n’est pas un scoop ! La Grande-Bretagne ne fut d’ailleurs pas en reste, dans son projet de mettre la main sur le Congo belge, (et sur le Katanga en particulier) et ce, jusque dans les années 30 sinon au-delà.

On peut aussi rappeler les pressions exercées sur le gouvernement belge pour que celui-ci interdise la projection du film de Stanley Kubrick ‘Les Sentiers de la Gloire’, comme cela était le cas en France. Et tout le monde n’a pas apprécié les « blagues belges » de Coluche …!

Quant à moi, c’est absolument sans arrière-pensée que j’attends avec impatience mes futures vacances en France !

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Jo Moreau.

MICHELE MARTIN ET LA VOLONTE DU CITOYEN

Ainsi donc, Michèle Martin qui avait été condamnée à 30 ans de prison par un jury populaire, va vraisemblablement être libérée après 15 ans de détention.

Rappelons que Michèle Martin fut reconnue coupable de complicité dans les enlèvements et séquestration de Sabine et Laetitia, d’An et Eefje, de Julie et Melissa avec la circonstance aggravante d’avoir entraîné la mort de ces deux dernières, et du viol de Yancka Mackova.

Mais ce qui a été arrêté par un jury populaire va être défait par le Tribunal d’Application des Peines, car cette libération est « affaire de professionnels », comme le définit si joliment un de nos médias favoris, et dans cette décision, ni les proches des victimes, ni les citoyens qui avaient décidé de la peine, ne seront impliqués.

Une nouvelle fois, comme dans tant d’autres domaines dans notre beau pays, (et dans beaucoup d’autres d’ailleurs), on fait semblant de donner la parole au citoyen, pour aussitôt la lui confisquer au profit d’une caste d’élites autoproclamée.

Il en va ainsi en politique, quand après avoir voté pour un homme ou un programme, on estime que vous en avez fait assez. Maintenant on se tait et on laisse faire ceux qui savent : les Présidents de Partis, qui se garderont bien de redemander votre avis sur un programme de gouvernement qu’ils auront concocté en catimini, et en faveur duquel personne n’est autorisé à se prononcer.

Dans le cas de cette libération anticipée, le principe est en définitive le même : le jury populaire s’est prononcé, chacun rentre chez soi et laisse la place aux Détenteurs de la Connaissance, qui ont toute latitude pour défaire ce qui a été décidé.

Comprenons-nous bien, je ne suis pas opposé au principe des libérations anticipées, mais celles-ci devraient être le pendant de peines incompressibles. Et si la peine a été décidée par un jury populaire, que celui-ci soit également impliqué dans la décision de libération anticipée.

Il faut bien entendu maintenir l’indépendance de la Justice, mais quand des décisions de juges ne tiennent aucun compte de l’impact qu’elles peuvent avoir sur l’opinion et les sentiments des citoyens, on peut aussi s’interroger sur le privilège qui leur est donné de ne devoir rendre de comptes à personne.

Mais de quoi nous plaignons-nous, puisque nous vivons en démocratie…

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Jo Moreau.

INTEGRISME LAÏQUE, DANGER ?…

Le débat sur la laïcité ouvert en France, et plus généralement sur l’islamisme notamment en Belgique, me met de plus en plus mal à l’aise. (Rappelons que si la France s‘affirme comme Etat laïque, la Belgique se base sur la neutralité de l’Etat, sans référence à la laïcité)

Sous couvert de lutte pour une laïcité pure et dure, se cache pour certains un combat anti-musulman, de la même manière que le sentiment antisémite se cache derrière le paravent de l’antisionisme.

Pour des motifs économiques, dans les années 60, nos gouvernants ont cru bon d’ouvrir les portes à l’immigration de la main d’œuvre maghrébine, pour le plus grand bénéfice de nos chefs d’entreprise. En France, l’origine de la problématique doit se chercher dans l’histoire coloniale, mais quelles qu‘en soient les causes, ces gens vivent maintenant chez nous, ont le droit de s’y trouver, et ont également le droit non seulement de pratiquer leur religion, mais également d’en avoir les moyens.

Beaucoup d’entre nous connaissent des collègues de travail ou des voisins musulmans, avec qui la cohabitation ne pose aucun problème et est tout à fait amicale.

Toutefois, il existe bien un rapport conflictuel avec l’islamisme radical, intolérant et impérialiste. Ce problème est mondial, et s’exerce chez nous également. Il a comme objectif de transformer notre société pour la rendre conforme aux préceptes de la Charriah, dans une interprétation moyenâgeuse du Coran. Il agit donc de façon à imposer ce mode de vie à tous, musulmans ou non, par avancées de plus en plus envahissantes.Manipulées par les tenants de cette tendance extrémiste, des franges de plus en plus larges de la population musulmane se rallient à cette vision invasive et dictatoriale de la vie en commun. Les raisons profondes de ce ralliement, libre ou contraint, devraient faire l’objet d’une étude impartiale.

C’est contre cette tendance islamo-totalitaire que doit s’exercer le combat pour le respect de nos valeurs, et de notre « paysage de vie ».

Il est impératif que tous les habitants de ce pays, titulaires de sa nationalité ou non, respectent les lois en vigueur et se rallient aux valeurs que nous tentons de promouvoir.

Dans cette perspective, on ne peut discuter ou « accommoder » les principes de base tels que l’égalité hommes/femmes, le refus de suivre certains cours scolaires ou accommoder ceux-ci, imposer à tous un seul type de cuisine, tolérer la polygamie, l’excision ou la répudiation, exiger la disparition des symboles chrétiens ou supposés tels (sapins de Noël …) etc.

Par contre, il ne me parait pas excessif que les musulmans puissent disposer de menus hallal dans les cantines (sans que cela soit imposé à tous), de bénéficier de restaurants ou de commerces hallal, de disposer de lieux de culte suffisants et décents avec ou sans participation financière (à dissocier du problème du minaret…), que les femmes puissent choisir un médecin féminin en dehors d’une urgence immédiate, ou qu’elles puissent disposer d’heures réservées dans les piscines par exemple, tout cela ne me parait pas outrancier et ne doit pas être ressenti comme une provocation.

Prenons garde que le combat pour la laïcité tombe dans un véritable intégrisme, aussi invasif et intransigeant que les principes qu’elle prétend combattre. Tirer sur tout ce qui prie aboutirait en définitive à créer des situations qu‘elle prétend combattre.

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Jo Moreau.

SYNDICALISME ET INFILTRATION POLITIQUE

L’action syndicale fut et reste primordiale pour la défense des travailleurs, c’est grâce à elle notamment que des conditions souvent à peine décentes sont concédées au personnel licencié, victime bien souvent de circonstances qui leur échappe totalement.

Là où le bât blesse, c’est lorsque cette action dérape, principalement vers des grèves sauvages de plus en plus fréquentes, des piquets de grève où une minorité impose sa loi, des prises en otage de cadres ou de dirigeants, de consignes de votes en faveur d’un parti qui en devient ainsi l’otage.

Dans l’immédiate après-guerre, il fallut une vigoureuse et courageuse action des dirigeants de la FGTB pour assainir celle-ci, par l’expulsion des délégués infiltrés provenant de l’extrême-gauche . Cela ne se fit pas sans heurts violents et grincements de dents.

Je suis convaincu qu’une action similaire est devenue indispensable, si on veut éviter des lendemains douloureux. L’infiltration actuelle des syndicats par des éléments incontrôlés, notamment issus du PTB+ et d‘autres mouvances d‘extrême-gauche, est évidente.

Ce type de parti ou de mouvement à la représentation populaire négligeable, mais dont les idéaux à caractère totalitaire ont en sous-main un succès certain dans plusieurs milieux, a évidemment avantage à pourrir la situation sociale , et fait tout pour envenimer les choses. Son objectif est le chaos, sur lequel il rêve de pouvoir bâtir la révolution finale tellement souhaitée.

L’action de ce début mars est symptomatique, dans le sens où les dirigeants syndicaux, à l’origine signataires de l’accord interprofessionnel, furent eux-mêmes débordés par une base habilement « chauffée » par certains délégués souvent issus de la mouvance extrémiste.

Cette forme d’action syndicale de plus en plus dévoyée est encouragée par l’inertie, la complicité électoraliste ou la lâcheté d’un pouvoir politique qui n’ose pas réagir (surtout en Wallonie) devant cette emprise grandissante de mouvements qui n’ont par ailleurs aucune légitimité démocratique. Et l’étonnement va croissant quand la Justice fait preuve d’un laxisme inexplicable pour des faits qui, causés par d’autres en d‘autres lieux, verraient s’abattre des peines sévères.

Les piquets de grève constituent une autre déviance du combat syndical, quand une minorité d’individus, parfois même extérieurs à l’entreprise, en bloque les activités ou prennent le public en otage. La présence d’un piquet de grève est parfois nécessaire dans la prise de conscience d’un problème, mais sa présence ne peut en aucun cas bloquer des travailleurs qui ne partagent pas le même point de vue, ou des usagers qui n‘en peuvent rien.

Vient enfin la prise d’otages de cadres de direction, action relativement récente et totalement injustifiable.

Le droit de grève doit être intégralement protégé, dans le cadre légal qui lui est imputé. Ses excès doivent être combattus, car dévoyés par certains au profit de buts inavoués, quoique parfaitement discernables.

Dans les années 1980, aux USA, 30.000 contrôleurs aériens furent licenciés suite à une grève sauvage. En juin 2009, la chaîne LCI annonçait qu’en Grande-Bretagne, Total licenciait 900 salariés pour le même motif.

On peut s’offusquer de telles mesures, mais sont-elles vraiment excessives dans le cadre d’une rupture aussi flagrante des accords sociaux conclus ?

Jo Moreau

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UNE NOTE TRES FLAMANDE ? EVIDEMMENT !

L’ensemble des commentateurs francophones qualifient la note Vande Lanotte de « très flamande ». Je ne l’ai pas encore lue, et je ne porterai donc pas d’avis quant au fond.

Mais pouvait-il en être autrement ?

Ce sont les Flamands qui depuis des années sont demandeurs de changements profonds dans la structure de l’Etat, se heurtant d’abord à un ’non’ ferme et absolu à des changements en douceur. Ce blocage méprisant devait amener la moitié de la population flamande à voter pour des partis que nous qualifions d’extrémistes, tels que la NV-A, la LDD ou le VB.

Mis devant le résultat des dernières élections, les politiciens francophones ont réagi dans la panique et la précipitation, acceptant enfin l’ouverture de négociations communautaires qui ne pouvaient être que conflictuelles au vu de la personnalité des interlocuteurs dont ils avaient eux-mêmes, par leur attitude antérieure, favorisé l’émergence.

Ils vont par la même occasion conforter l’opinion flamande dans ses choix électoraux, puisqu’ils vont accorder à la NV-A des négociations qu’ils ont toujours refusé aux partis flamands modérés.

Nouvelle erreur de stratégie dès l’ouverture de ces négociations. Face au nouveau schéma institutionnel voulu par les plus nationalistes des Flamands, soit la NV-A, les politiciens francophones vont freiner des quatre fers, restant dans une conception très passéiste de l’Etat Belgique, alors qu’il eut fallu mettre sur la table leur propre vision d’un futur confédéral dont tout le monde pressent qu’il est inéluctable.

Nous sommes donc face à des demandes unilatérales flamandes, et seulement des tentatives d’atténuation de ces demandes du côté francophone.

Pas étonnant donc, que cette note nous paraisse très « flamande », puisque par essence même, elle est le reflet des demandes flamandes…

Jo Moreau

MAI 68, LE RETOUR ??

Un peu partout en Europe, on assiste à des mouvements sociaux de plus en plus nombreux, et rassemblant de plus en plus de participants. La motivation profonde de certains de ces mouvements échappe toutefois à des analyses rationnelles.

Le meilleur exemple me semble être la récente grève totale des aiguilleurs du ciel en Belgique, dont personne, pas même les syndicats qui d’ailleurs ne cautionnèrent pas cette grève, ne put discerner la raison objective qui la déclencha, car on ne peut retenir le déplacement de deux personnes de Bruxelles à Charleroi (50 Kms) comme une raison valable au blocage du ciel belge…

On a vu aussi, parmi d’autres, l’arrêt des usines Arcelor-Mittal à Liège et à Châtelet, avec toutefois un arrière-plan social plus affirmé, et la grève des chemins de fer « marchandise », aussitôt embrayée « par solidarité (!?) » par certains cheminots. Quoiqu’on soit conscient que cette catégorie de fonctionnaires est toujours prête à démontrer sa solidarité…

Il y a bien sûr la revendication sous-jacente d’augmentation du pouvoir d’achat, mais consciemment ou non, chacun reconnaît que le pouvoir d’achat a vu ses capacités restreintes par de nouveaux besoins inconnus il y a quelques années, tels que l‘informatique, les GSM dont on a fait un produit de mode, les écrans plats, les abonnements pour faire fonctionner tout cela et pas mal d‘autres choses encore.

Mais plus que les revendications matérielles, ce qui transparaît dans tout cela est un sentiment de gigantesque ras-le-bol, devant un avenir de plus en plus bouché.

Ras-le-bol devant l’indifférence d’un monde industriel qui, depuis la mutation du capitalisme en financiérisme, a laissé tomber la population locale en se tournant vers l’exploitation d’un étranger asiatique ou africain bien plus prometteur en profits gigantesques.

Ras-le-bol devant le spectacle de ceux qui loin de subir durement l’évolution du monde et les conséquences de la crise, continuent à s’enrichir d‘une façon qu’il faut bien qualifier d‘indécente, et ceci est un doux euphémisme !

Ras-le-bol devant l’absence de réponse du monde politique, qu’il soit de droite ou de gauche, qui a porté la mondialisation sur les fonts baptismaux et se réfugie aujourd’hui derrière elle pour tenter d’expliquer son impuissance.

Et angoisse d’une large part de nos concitoyens qui craignent de rejoindre ceux, déjà nombreux, qui ne sont plus capables de trouver un logement décent, de se chauffer, ou de payer les factures des produits dont on l’a persuadé qu’ils étaient indispensables à son bonheur, et qui n’ont même plus accès à notre système de soins de santé que-le-monde-nous-envie.

Mais le pire dans la situation actuelle est qu’on a confisqué le rêve et l’espoir à une immense majorité de la population, rêve dans un avenir meilleur, dans la certitude que la vie de nos enfants sera plus douce que la nôtre, rêve dans les progrès de la science et de la civilisation.

Et la confiscation de ces rêves -combinée aux problèmes sociaux qui ne font qu‘amplifier-, pourrait mener à une situation bien plusexplosive et incontrôlable que ce que nous connûmes en mai 68.

Voir aussi :

http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2009/05/11/europe-arretons-le-massacre.html

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Jo Moreau

LE MECHANT BART LACHE LES GENTILS FRANCOPHONES

Divine surprise : le méchant Bart De Wever n’est pas le sauveur de la Belgique de papa, à la grande déception de ceux qui croyaient encore pouvoir trouver un nouvel emballage (tricolore) à un contenu pratiquement inchangé.

Une nouvelle fois, les francophones ont démontré leur formidable propension à ne rien voir, ne rien entendre et ne rien comprendre à ce qui vient de Flandre. Ils sont brusquement d’accord de tout négocier, à condition de ne garantir aucun changement. Il aurait pourtant suffit de jeter un coup d’œil sur le programme de la NVA, de la liste De Decker ou celui du Vlaams Belang, rassemblant à eux trois environ 50% de l’électorat flamand, sans compter les autonomistes à des degrés divers se retrouvant dans les partis plus traditionnels, pour réaliser le sentiment profond soufflant de l’autre côté de la frontière linguistique : les Flamands nous trouvent bien gentils, mais sont aujourd’hui impatients de nous larguer politiquement, et surtout financièrement. Et un récent sondage montre que les Bruxellois ne sont pas très éloignés d’un sentiment identique.

Que cela soit injuste, triste, révoltant, tout ce que vous voulez, n’a aucune importance dans ce débat : seule compte la réalité des choses.

Et là, nos politiciens ont démontré depuis de nombreuses années leur incapacité fondamentale à gouverner, ce qui, chacun le sait, signifie prévoir.

La démarche du MR me semble la meilleure : que voulons-nous encore gérer ensemble, dans la mesure où le séparatisme pur et simple semble soulever des difficultés légales pratiquement insurmontables dans le cadre international actuel. (Sans toutefois que je sois convaincu de leur capacité à négocier un accord de cette envergure).

L’unique solution consiste en un modèle confédéral, soit un pays composé de régions-états disposant d’une large autonomie, où seules quelques compétences sont laissées à l’Etat central Belgique, telles que la politique étrangère, la défense, la banque centrale aussi chargée de la gestion de la dette, un tronc commun minimum de sécurité sociale et quelques coquilles indispensables au niveau international.

Cela est la seule voie possible, et il faut vraiment être aveugle pour le nier. Je défends (parmi d’autres) cette issue depuis longtemps maintenant, et le monde politique francophone a eu à plusieurs reprises la possibilité de reprendre l’initiative en défendant cette thèse, mais il a malheureusement loupé cette occasion comme il en a loupé beaucoup d’autres. Evidemment, remettre en question la gestion (ou plutôt l’a-gestion) d’une Wallonie accrochée à un système réactionnaire dépendant des largesses de tiers risquait de déstabiliser un système de baronnies installé depuis des décennies.

Même si un accord miraculeux devait voir le jour, il est évident qu’il ne sera que transitoire s’il persiste à ne pas prendre en compte cette volonté flamande d’autonomie. Et aussitôt conclu, cet accord communautaire bancal sera remis en question. Ne pas le discerner est criminel pour le pays en général et pour la communauté francophone en particulier.

Pourtant, l’autonomie serait un électrochoc nécessaire pour la Wallonie, à condition d’avoir un cadre politique à même de concevoir un avenir dans cette perspective, et dont la première tâche serait de mettre un terme aux dépenses faramineuses englouties par une administration pléthorique, et des subventions tous azimuts en faveur de structures aux objectifs plus que fumeux.

Et là, de quelque côté que l’on regarde, ce n’est pas gagné…

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Jo Moreau